lundi 22 juin 2020

Si même les papistes le disent...

Les amis de Monsieur de Cambrai* s'étaient flattés que le Pape, charmé d'une soumission si prompte et si entière, et qui avait témoigné plus de déférence pour le Roi que tout autre sentiment dans le jugement qu'il avait rendu, le récompenserait de la pourpre ; et en effet il y eut des manèges qui tendaient là. Ils prétendent encore que le Pape en avait envie, mais qu'il n'osa jamais, voyant que depuis cette soumission sa disgrâce n'était en rien adoucie. Le duc de Béthune, qui venait toutes les semaines à Versailles, y dînait assez souvent chez moi, et ne pouvait, avec nous, s'empêcher de parler de Monsieur de Cambrai : il savait qu'il y était en sûreté, et, outre cela, mon intimité avec M. de Beauvillier. Cette espérance du cardinalat perdue, il se lâcha un jour chez moi jusqu'à nous dire qu'il avait toujours cru le Pape infaillible, qu'il en avait souvent disputé avec la comtesse de Gramont, mais qu'il avouait qu'il ne le croyait plus depuis la condamnation de Monsieur de Cambrai ;

Ce nazi, infaillible ?

il ajouta qu'on savait bien que ç'avait été une affaire de cabale ici, et de politique à Rome, mais que les temps changeaient, et qu'il espérait bien que ce jugement changerait aussi et serait rétracté, et qu'il y en avait de bons moyens pour cela.

Ce agent pandémique, qui mettait la capote à l'index plutôt que sur sa Sainte Verge toute flapie par la débauche, infaillible ?

Nous nous mîmes à rire, et à lui dire que c'était toujours beaucoup que ce jugement l'eût fait revenir de l'erreur de l'infaillibilité des papes, et que l'intérêt qu'il prenait en l'affaire de Monsieur de Cambrai eût été plus puissant à lui dessiller les yeux que la créance de tous les siècles, et tant et tant de puissantes raisons qui détruisaient ce nouvel et dangereux effet de l’orgueil et de l'ambition romaine, et de l'intérêt de ceux qui le soutenaient jusqu'à en vouloir faire un pernicieux dogme.


De quoi dégueuler, vraiment !



* Fénelon.

vendredi 12 juin 2020

dimanche 7 juin 2020

Les livres qu'on aimerait lire ou relire II

Foyer d'infection statique ou bouillon de culture dynamique ?

   Après le confinement on aimerait partir en vacances. Au pays basque par exemple :


   Ou au Portugal :

- Mailer Phil.- Portugal, la révolution manquée.- Les Nuits rouges, 2019.
- Raquel Valera.- Un peuple en révolution : Portugal 1974-1975.- Agone, 2018.

   Ou n'importe où en Europe :

- Zweig Stefan.- Le Monde d'hier : souvenirs d'un Européen.

Stefan Zweig avala le véronal avec Lotte, sa compagne, le 22 février 1942, à Petrópolis, qui n'est pas en Europe !

   Bref, fuir la start-up nation :

- Coeurderoy Ernest.- Jours d'exil (1849-1855).- Héros-Limite.

   Ou alors je reste à la cité :

- Collet Victor.- Nanterre, du bidonville à la cité.- Agone, 2019.


   Et je kiffe la life devant mes terminaux, connecté par tous les orifices :


- Biagini Cédric / Marcolini Patrick.- Divertir pour dominer 2.- L'Echappée, 2019.