lundi 20 novembre 2017

La dose de Wrobly : brumaire 2017 EC


   - Gaston Leroux.- Le Château noir.

   Après l'Essonne et sa chambre close, Menton et son château fort surprise, Saint-Pétersbourg et ses nihilistes, nous voici en 1912 entre Bulgarie et Turquie avec le petit reporter, à l'âge d'or des fantasmes liés à son métier. Là on n'est plus dans le polar, mais dans l'aventure, on se croirait dans un des premiers Tintin. Je poursuis l'intégrale.


   - Arthur Rimbaud.- Poésies.

Une tache de populace
Les brunit comme un sein d'hier ;
Le dos de ces Mains est la place
Qu'en baisa tout Révolté fier !

Elles ont pâli, merveilleuses,
Au grand soleil d'amour chargé,
Sur le bronze des mitrailleuses
A travers Paris insurgé !


   - Marcel Aymé.- Antoine Blondin.

   Entre Alphonse Allais et François Rabelais, je trouve, Marcel nous parle de la vie d'Antoine Blondin de manière loufoque, voir fumiste, si ce n'est farfelue, sans rien nous apprendre de sérieux de la biographie de l'auteur de l'Europe buissonnière. Savoureux comme d'hab', mais là ça se lit très vite, il s'agit d'un petit recueil de quelques articles.



vendredi 17 novembre 2017

Un charme discret qui fouette sacrément

   Bunuel a beau être un de mes cinéastes préférés, je n'avais encore jamais vu celui-ci. C'est chouette de pouvoir encore découvrir, par hasard, des œuvres d'un artiste qu'on aime. C'est l'intérêt d'être passé à côté d'une "intégrale", pour moi qui, assez maniaque et toqué, ai tendance à une inclination certaine pour ces totalisantes séries.


   Ici, voyeurs coquins que nous sommes, nous assistons avec ravissement à la séance de torture qu'inflige Bunuel a une brochette de bourgeois, fantastiquement coincés dans une pièce d'un château en tenues de soirée. Et ça dure. 


   Comme on aimerait voir Macron, son ministère et un panel choisi de membres de l'oligarchie qu'il sert si bien, ce frais mais déjà rance boy-scout du Capital, avec bien sûr conjointes et conjoints, se retrouver dans la même situation et subir le même châtiment, comme disait Hugo à propos d'un autre mégalo. 


   Ça les ferait peut-être réfléchir à la promiscuité mortelle et dégradante que leur malfaisance impose aux personnes confinées sur un radeau de migrants, dans le cul de basse-fosse d'une prison, un centre d'hébergement pour miséreux, un centre de rétention, un hôpital vétuste, une maison de pauvres vieux, etc., etc....

   Ma dernière actu ciné.

mercredi 15 novembre 2017

Lutter contre la réforme du travail oui mais comment lutter ?

Allez, je me lance. C'est vrai que c'est un peu le stade suprême d'être militant, c'est mieux d'être radical, mais comme je ne sais pas faire (ni assez libre ni assez dynamique ni assez jeune ni assez courageux), je me suis dit que plutôt que de critiquer sans rien faire, je pouvais, à mon petit niveau, participer quand même. J'ai donc participé à l'écriture de ce tract collectif avec des potes encore prisonniers du boulot, comme moi. Merci à Ludwig, qui m'a tendu la perche. On se voit demain les aminches ?



Pas d’appels locaux unitaires dans les entreprises

Depuis de longs mois, de nombreuses mobilisations sont organisées, avec des manifestations nationales ou locales, mais malgré ces initiatives il est nécessaire de constater que le rapport de force demeure favorable au patronat et au pouvoir et il est donc nécessaire de s’interroger sur la stratégie suivie. Pas d’appels locaux unitaires dans les entreprises

Contrairement au mouvement de 2016 contre la loi travail où une large intersyndicale avait permis une forte mobilisation, aujourd’hui, les centrales jouent de nouveau la division. FO a rejoint la CFDT dans le camp de la conciliation, ce qui déstabilise la base qui n’avait pas besoin de ça. Dans les boîtes par ailleurs, les rares AG convoquées ne rassemblent qu’une poignée de militants, laissant la majorité des collègues indifférents. Même les syndicats se définissant comme offensifs (CGT) donnent les informations au compte-goutte et la propagande reste largement insuffisante. Chacun fait cavalier seul.

Pas de volonté de construire à la base un véritable mouvement

Quelques opposants CFDT à Berger qui manifestent, des corporations (routiers) qui bloquent et négocient dans leur coin, Mailly qui rencontre Macron et Pénicaud en cachette, à Renault les jours d’action la CGT appelle... à 2 heures de grève en fin de journée, des manifestations saute-mouton incapables de rassembler tous les acteurs du mouvement social, les souvenirs des répressions policières des journées d’action contre la loi El Khomri. Difficile dans ce contexte de construire les fondations d’un véritable mouvement social. Et pourtant les raisons de se mobiliser ne manquent pas :

- les ordonnances vont faciliter les licenciements et dégrader les conditions de travail ;
- baisse des APL jusqu’à 60 euros par mois ;
- état d’urgence inscrit dans le droit commun qui met gravement en danger nos droits, nos libertés ;
- 150 000 contrats aidés supprimés ;
- retour au service militaire.

Il s’agit d’un recul de 70 ans de conquêtes sociales. Imposons le dialogue sur notre lieu de travail, dans la rue, dans les AG, comité, créons des sections syndicales dans nos entreprises, participons aux manifestations afin de construire une contestation permanente pour que naisse un véritable rapport de force.

Appels répétitifs à des journées de 24 heures qui démobilisent. Il s’agit d’appels en fait à perdre une journée de salaire car chacun a conscience que 24 heures ne fera pas plier le pouvoir.

Des manifs éparses sous les sonos pour étouffer la colère, des SO qui renforcent les escadrons des cognes, une bureaucratie syndicale qui n’écoute pas la base... mais cela ne nous surprend pas. On manifeste pour retrouver les copains ou copines, rompre pour 24 heures notre aliénation quotidienne. Beaucoup d’entre nous sont conscients que ça ne fera pas plier le pouvoir et les mobilisations se réduisent lorsque les moyens ne nous le permettent plus. Construisons la désobéissance dès le 16 novembre dans la lutte prolongée pour faire reculer le gouvernement.

Constat d’une inertie de nombreux salariés indifférence, manque d’informations ?

Le réactionnaire Macron poursuit sa casse sociale soutenu par toute la clique merdiatique qui appartient aux milliardaires en martelant leur propagande (croissance, chômage, sécu, casseurs, terrorisme, Ceta, pollution...). Maintenus dans la peur, la soumission, l’idéologie consumériste et l’illusion du chacun pour soi, nombreux sont ceux et celles qui se désintéressent, qui abandonnent, voire ne sentent pas concernés par la contestation sociale. Proposons aux gens de reprendre la parole et la main sur nos luttes et nos activités autogestionnaires. Sortons du « ghetto » militant, ouvrons au maximum le dialogue (tel Nuit debout), créons des espaces de dialogue et d’actions.

Seule une grève reconductible pourra bloquer l’économie

Les rares blocages ont vite été évacués par les CRS. On comprend qu’il ne faut pas que ça fasse tâche d’huile. En effet le blocage et la grève reconduite permettraient la paralysie économique obligerait le gouvernement à reculer. Faisons leur revivre 1995, multiplions les blocages, piquets de grève sur nos lieux d’entreprises pour déborder leurs chiens de garde.

Il ne s’agit pas de compter les manifestants mais bien d’agir pour enraciner la lutte dans les entreprises ce qui implique la construction d’intersyndicales ouvertes aux non syndiqués et réalisées localement. L’alternative ne surgira pas de tentatives pour constituer des états-majors avant-gardistes mais bien du travail qui doit être fait dans les quartiers comme dans les établissements. Même si la situation y est difficile, même si nous sommes à contre-courant, il n’y aura pas de raccourci. Le jour où l’on recensera le nombre d’entreprises en grève et non plus le nombre de manifestants un grand pas aura été fait.

Faire la jonction avec le mouvement dans les facs/lycées

Les lycéens et étudiants sont les futurs salariés. Ils sont donc également concernés par cette réforme. Leurs mobilisations ont souvent prouvé leur efficacité (68, CPE, volonté d’exprimer une radicalité en tête de cortège). Ils sont forces de liberté et de créativité. Les banlieues, dont les habitants représentent la frange la plus pauvre du salariat (du chômage ou des minima sociaux), seront elles aussi durement touchées par ces reculs sociaux, et pourraient, en rejoignant le mouvement, donner un poids supplémentaire à celui-ci.

Nous luttons donc nous sommes ! 

lundi 13 novembre 2017

Enfance, printemps de la vie

   L'Enfance a ses répits que l'homme ne connaît plus. Les fauves sont en nous. Il faut dormir debout une hache à la main.
René Fregni

                                                             L'été
Surtout, vaincu, stupide, il était entêté
A se renfermer dans la fraîcheur des latrines :
Il pensait là, tranquille et livrant ses narines.
Arthur Rimbaud




   Les enfants sont hautains, dédaigneux, colères, envieux, curieux, intéressés, paresseux, volages, timides, intempérants, menteurs, dissimulés ; ils rient et pleurent facilement ; ils ont des joies immodérées et des afflictions amères sur de très petits sujets ; ils ne veulent point souffrir de mal, et aiment à en faire : ils sont déjà des hommes.

Jean de La Bruyère.- Les Caractères.


Elle a pas mal de succès, en général c'est pour moi plutôt un passif, mais à chaque écoute de Youn Sun Nah mes canaux émotionnels se mettent en crue malgré que j'en aie. Ici sur une chanson de Lou Reed que je ne connaissais pas, ayant encore beaucoup à apprendre de Lou Reed.

vendredi 10 novembre 2017

Les chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles II

   J'ai réentendu cette chanson sur mon petit transistor de salle de bain la semaine dernière. Une version publique. Je ne l'avais jamais autant appréciée : ce rythme de caisse claire un peu militaire du début me faisant battre la mesure en exultant malgré moi (qui suis censé abhorrer la musique militaire), et puis les arrangements musicaux et la voix rocassée, s'envolant parfois, portée par l'enthousiasme du swing (mot d'ancien français inusité aujourd'hui, signifiant "groove" en français moderne), d'Arno. J'étais tout chose en enjambant la baignoire. Un peu d'effet madeleine aussi, certainement.

   Non seulement je ne comprends rien aux paroles (le début pourrait faire penser à un Salut à toi belge, cette hypothèse est cependant vite invalidée), mais en plus j'avais mal compris certaines d'entre elles : j'entendais "pour les bons citoyens" pour "pour mon sissoyen". D'ailleurs j'en suis encore à me demander comment cela est possible, puisque la version erronée a six pieds quand le syntagme correct n'en a que cinq. Ô ! Merveilles enchanteresses de la poésie !

   Je vais encore avoir du mal à me faire à cet ébranlement de mes habitudes auditives et verbales. Cela dit quand je ne comprends rien, je trouve souvent cela encore plus beau, s'ajoute à toutes les qualités tant musicales que poétiques del'oeuvre, le mystère qui, tout bien pesé, reste encore la vacance la plus apte à s'emplir de chatoyances imaginaires, comme la boîte du mouton.



Mon sissoyen

En silence
Je danse ma dernière danse
Je l'embrasse partout
Peuvent choisir où où
On parle avec les mêmes
On baise avec les autres
On danse avec les mêmes
On baise avec les autres

Je chante et je danse pour les iraniens
Je chante et je danse pour les vietnamiens
Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel

Merci pour tout
Merci pour rien
Merci pour m'avoir vu
Merci pour être ton chien
Merci pour tes fausses illusions
Merci pour l'amour
Qui ne rime malheureusement pas
Avec toujours

Je chante et je danse pour les iraniens
Je chante et je danse pour les vietnamiens
Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel

Allez allez
Circulez
Here we go

Adieu les lois martiales
Adieu mes rêves
Adieu mes soeurs
Adieu mes frères
Goodbye au revoir I've been a nice boy
Goodbye au revoir I've been a good boy

Je chante et je danse pour les iraniens
Je chante et je danse pour les vietnamiens
Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel

Je chante et je danse pour les iraniens
Je chante et je danse pour les vietnamiens
Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel