mercredi 30 novembre 2016

Sacqueboute II : le tonton souffleur

Au tout début, le trombone dans le jazz, c'était ça :


avec tout plein de glissendi rigolos.


Kid Ory ressemble à Robert Dalban, je trouve.


"Si ces messieurs veulent bien me les confier !"

Joueurs de sacque-boute précédents :
- Frank Rosolino
- Rico Rodriguez


La Plèbe écoute tout le temps :

Jeudi 1er décembre : Jazzlib' (jazz). Thème de la bi-mensualité : escapade par l'actualité du disque, avec une sélection de nouveautés françaises et étrangères, rééditions etc.
When, where, how ?
Jazzlib' sur radio libertaire 89,4 FM en RP. Tous les 1er et 3e jeudis de 20:30 à 22:00.
Podcast ou téléchargement MP3, pendant un mois, sur la grille des programmes.
Cliquer sur le lien correspondant à la bonne date (Jazzlib'/Entre chiens et loups). Attention de bien vérifier que vous êtes sur le 1er ou/et 3e jeudi, vous avez, en haut à gauche, les semaines disponibles.

lundi 28 novembre 2016

Über cool !

La vie d'un entrepreneur est plus dure que celle d'un salarié.
Emmanuel Macron.

Travis Kalanick. Chargez votre imprimante de papier toilette blanc, lancez l'impression et obtenez un ineffable torche-cul, bien plus post-moderne que Modes et travaux.

      A la porte du camp de la Crude était affichée une offre d’emploi :
      « On embauche excellents chauffeurs de camion. Travail dangereux. Haut salaires. S’adresser au bureau. »
      Le matin, il y avait eu une conférence, dans le bungalow du boss, entre lui, le spécialiste envoyé par Dallas (Texas) – qui venait d’arriver dans un avion de la compagnie – le chef des transports et celui du matériel.
      – […] pour la question du personnel, débrouillez-vous, je m’en fous. […] Il est absurde de faire venir des States une équipe de chauffeurs spécialistes. […] S’ils refusent, […] si nous renvoyons alors les garçons pour en venir à ma solution de main-d’œuvre locale, vous entendrez gueuler le Syndicat. 


      Entendre gueuler le Syndicat a toujours été le permanent cauchemar de tous les dirigeants d’exploitation yankees.
      – Voyons, essayez de comprendre. Qui va se présenter à l’embauche ? Une foule de ces enfants de putain de Noirs, d’abord. Ceux-là, il ne nous en faut pas.
      – Pourquoi ? Demanda naïvement le chef du matériel qui, jusque-là, s’était curé les dents en silence. Pourquoi ? Il me semble…
      – Il vous semble qu’ils ne nous ont pas chauffé suffisamment les oreilles avec les quatorze morts d’avant-hier ? Et quand deux ou trois citoyens guatémaltèques auront avalé leur bulletin de naissance sous nos auspices, vous pensez que nous n’aurons aucun ennui supplémentaire avec leur gouvernement de nègres, leur presse de singes et leur clique d’hommes des bois ? Allons !
[…]
      - Je n’y avais pas pensé. 


      - A part les indigènes, qui est-ce qui va se présenter à l’embauche ? enchaîna le boss. Mais les tramps¹, naturellement. Dans cette ville de mort où seuls nous retiennent notre travail et les indemnités de zone, il y a des hommes qui feraient n’importe quoi pour en sortir. C’est ceux-là qu’il nous faut. Eux accepteront de conduire vos espèces de camions […]. Ma parole, pour toucher le paquet, ils feraient le parcours à cloche-pied avec la charge sur le dos. Et ceux qui sauteront laisseront-ils des ayants droit ? Et quel syndicat viendra nous chercher des poux dans la tête en leur nom ?
      – Et on ne serait pas obligé de les payer tellement cher […].

1 Tramps : vagabonds.


Allez, un aller-retour Villiers-le-Bel (95) - Saint-Denis (93) offert à celle(lui) qui trouve l'auteur et le titre de l'ouvrage dont est tiré ce texte. Pour participer, allez sur l'appli #jouonsunpeuavec.



Ils ont décroché le job. Bravo à Jules et à CHROUM-B. ! C'est marrant, dans mon souvenir c'était Ventura à la place de Montand... Peut-être un rejet de notre stalino-libéral national, que j'apprécie pourtant tant en tant qu'acteur que de chanteur...

vendredi 25 novembre 2016

Maigrir pour des idées




      Difficile de commenter après la baffe que j'ai prise en voyant ce film. On avait déjà évoqué la guerre féroce de Thatcher et son monde contre le prolétariat anglais. Ici, ce sont les résistants indigènes républicains anti-colonialistes (assez intransigeants aussi, c'est le moins qu'on puisse dire), qui vont payer le tribut impitoyable du vaincu.

      Pour eux, la résistance, dont l'objet était l'obtention du statut de prisonnier politique, passe par le refus de la tenue de prisonnier, donc par la nudité, et la grève de l'hygiène : les corps ne seront pas lavés ; toutes les excrétions seront utilisées pour tapisser les murs des cellules, parfois en surprenantes oeuvres d'art ; les restes alimentaires seront stockés jusqu'à putréfaction ; l'urine réservée dans les pots, afin d'être déversée en commun au même moment dans les couloirs, transformant ceux-ci en marécages de pisse. Les nombreux stratagèmes par lesquels les détenus parviennent à communiquer entre eux et avec l'extérieur réussissent à nous faire sourire, un peu jaune quand même. Les cassages de gueules par les matons, eux, sont en revanche franchement pénibles, mais certainement moins pour nous que pour eux.

      Le comédien jouant Bobby Sands a, pour le film et sous contrôle médical maigri jusqu'à l'apparence squelettique d'un non alimenté de 60 jours, une performance glaçante. Car après la grève de l'hygiène et suite au mépris de Thatcher, les prisonniers entament une grève de la faim illimitée, et meurent : neuf y sont restés.

      On est sur les nerfs d'un bout à l'autre, c'est dire si on ne s'ennuie pas une seconde. Le seul moment de détente est celui où le surveillant de prison va voir sa maman à la maison de retraite.

mercredi 23 novembre 2016

Sacqueboute : Groucho tragique


      Encore un destin tragique, mais ne croyez pas que je me fais une spécialité du croustillant, du gore ou du morbide, et que je m'en délecte. C'est juste la loi des séries du hasard de mes idées foutraques pour alimenter ce blog. Frank Rosolino est avant tout un magnifique tromboniste (ah ! je ne vous ai pas dit que je me suis mis au buccin, ça vous vaudra sûrement plusieurs posts sur des joueurs de trompette basse, à coulisse le plus souvent).

      Alors qu'il a été toute sa vie un musicien du genre plutôt déconneur et jovial (comme d'habitude je cite de mémoire, pas de copier-coller de Wiki), d'où le titre du post, ce musicien west-coast a fini, à la sidération de tous, par se suicider au revolver (ou pistolet) après avoir tué ses deux enfants. Le pire étant que l'un des deux a survécu. Corrigez-moi si je déforme les choses pour cause de mémoire qui flanche ou de fantasmes intempestifs.

Mais il nous reste sa musique, enjoy donc.

lundi 21 novembre 2016

Fuocoammare


      Entre la vie à la Tom Sawyer d’un jeune garçon sur sa petite île (Lampedusa, 20.2 km², 205 km de la Sicile, 167.2 km de la Tunisie) et l’enfer dantesque des damnés de la terre : leurs deux lignes de vie, de survie ou de mort ne se croiseront jamais. Ici, on se dit que l’armée, si ses missions n’étaient toujours que celles-ci (sauver les naufragés), pourrait paraître sympathique, et ne serait par conséquent plus l'armée. Mais c’est sans compter sur la lâcheté, l’avidité et l’indifférence à la souffrance humaine des Etats et de leurs politiciens, qui, ne participant pas financièrement à cette opération initiée par l’Italie (Mare Nostrum) en précipitèrent la fin. L’opération Triton qui lui a succédé, consistant à faire du cabotage près des côtes (alors que Mare Nostrum allait repêcher en haute mer à des dizaines de miles), n’ayant pas son ampleur, et étant d’ailleurs sous la coupe de Frontex, dont le but est la protection des frontières de l’Europe forteresse, pas le sauvetage de vies humaines.

      Nous on est bien sûr pour qu'on efface toutes les lignes par terre. Mais quand on pense que la plupart de ces migrants entrent dans le cadre de la définition du réfugié de la convention de Genève de 1951, convention signée par de nombreux Etats européens dont la France, et que par conséquents ils devraient être transportés dans de bonnes conditions par avion ou bateau vers les pays d'accueil au lieu de subir cet enfer, on se dit que le mot "légalité" doit énormément faire rire dans les couloirs des ministères. Les 100 000 migrants sauvés en moins d'un an par Mare Nostrum équivaudront donc à autant de morts supplémentaires les années suivantes. Et c'est maintenant la Turquie qui fera le tri entre bons réfugiés et mauvais, avec retour direct chez Erdogan en cas de passage clandestin.

     Quant à moi, n'étant pas consommateur des nouvelles à la TSF, j'ai été choqué par les cadavres du film : ce ne sont pas des comédiens ; ce n'est pas un coup des Quat'z'arts non plus.

"Dal tuo stellato soglio", du Mosé in Egitto (Moïse en Egypte) de Rossini

Ma dernière actu ciné.

Ah ! et pour finir, un blog excellent sur le sujet.