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vendredi 25 novembre 2016

Maigrir pour des idées




      Difficile de commenter après la baffe que j'ai prise en voyant ce film. On avait déjà évoqué la guerre féroce de Thatcher et son monde contre le prolétariat anglais. Ici, ce sont les résistants indigènes républicains anti-colonialistes (assez intransigeants aussi, c'est le moins qu'on puisse dire), qui vont payer le tribut impitoyable du vaincu.

      Pour eux, la résistance, dont l'objet était l'obtention du statut de prisonnier politique, passe par le refus de la tenue de prisonnier, donc par la nudité, et la grève de l'hygiène : les corps ne seront pas lavés ; toutes les excrétions seront utilisées pour tapisser les murs des cellules, parfois en surprenantes oeuvres d'art ; les restes alimentaires seront stockés jusqu'à putréfaction ; l'urine réservée dans les pots, afin d'être déversée en commun au même moment dans les couloirs, transformant ceux-ci en marécages de pisse. Les nombreux stratagèmes par lesquels les détenus parviennent à communiquer entre eux et avec l'extérieur réussissent à nous faire sourire, un peu jaune quand même. Les cassages de gueules par les matons, eux, sont en revanche franchement pénibles, mais certainement moins pour nous que pour eux.

      Le comédien jouant Bobby Sands a, pour le film et sous contrôle médical maigri jusqu'à l'apparence squelettique d'un non alimenté de 60 jours, une performance glaçante. Car après la grève de l'hygiène et suite au mépris de Thatcher, les prisonniers entament une grève de la faim illimitée, et meurent : neuf y sont restés.

      On est sur les nerfs d'un bout à l'autre, c'est dire si on ne s'ennuie pas une seconde. Le seul moment de détente est celui où le surveillant de prison va voir sa maman à la maison de retraite.