Même si Tintin à bercé et coloré l'enfance des contributeurs de la Plèbe, et même si le plaisir pur s'invite toujours à la nième relecture de ses aventures, la rédaction tient à condamner fermement l'idéologie de son auteur, Hergé, visible surtout dans ses premiers albums, et rappelle que racisme, colonialisme et police demeurent en dernière analyse et pour solde de tout compte ses seuils non négociables d'intolérance. Un fondamental incontournable du lieu.
Peu après la tentative de carnage dans une synagogue de Halle (Allemagne) en plein Yom Kippour, un sondage sur l'antisémitisme était réalisé auprès de 1 300 Allemands.
Plus de 20% des personnes interrogées déclaraient que le peuple juif avait "trop de pouvoir" sur l'économie et les médias.
L'enquête révélait que les personnes riches et diplômées n'étaient pas en reste : 18% étaient raccords avec les préjugés antisémites.
Au pays de la Solution finale, où les juifs ne représentents qu'environ 200 000 personnes sur une population de 80 millions, les actes hostiles envers eux ont augmenté de 20% en 2018.
Et au sein de l'AfD, on n'hésite pas à en rajouter.
Björn Höcke, membre de l'aile völkisch du parti, a qualifié le Mémorial du génocide de Berlin de "monument de la honte au cœur de la capitale" et a invité à rompre avec la culture de la repentance.
Propulsé tête de liste aux régionales en Thuringe, il est arrivé en deuxième position avec 23,3% des voix le 28 octobre dernier, doublant son score de 2014.
L'Histoire ne se répète jamais, dit-on, mais elle peut bégayer salement.
Que faites-vous ? Vous marchez. Vous allez en avant. Vous dotez le ciel [...] d'on ne sait quel rayon macabre. Vous créez un frisson nouveau.
Victor Hugo
Comme l'année dernière, promenade estivale au bord de l'Oise. Festive, joyeuse, malgré les assassinés, torturés à mort, mutilés qui nous accompagnaient. Et puis cette année il y avait du nouveau : en plus des soutiens, familles et amis issus des quartiers populaires, de Beaumont-sur-Oise notamment, et des militants habituels, il y avait du gilet jaune ! Détermination, désir de fraterniser pour continuer la lutte et en finir avec ces bandes armées répandant la terreur dans le but d'étouffer, d'étrangler toute rébellion, et de stigmatiser auprès de nous, les téléspectateurs, ces catégories de sous-hommes / repoussoirs / boucs émissaires / dangereuse menace (population des cités, gens du voyage, roms...), dont des enfants sont régulièrement, j'allais dire rituellement, et impunément rayés de la carte (sans compter ceux qui croupissent en prison). Pour justifier ses actes controversés, au sujet desquels la Justice n'userait pas de l'impartialité à laquelle nous pourrions nous attendre, mais ferait preuve au contraire d'une certaine prévention, plutôt favorable en l'occurrence selon certains témoignages, la police et ses médias ruinent régulièrement la réputation des habitants des banlieues. Et, cercle vicieux, plus la répression, le harcèlement, la hogra... sont féroces, leurs aspects les plus insupportables étant soigneusement cachés ou minimisés, plus nous, les bonnes gens des centres villes, des banlieues pavillonnaires ou d'immeubles moins délabrés que ceux des grands ensembles, prenons nos distances avec les damnés, souvent en les jugeant tels que nos maîtres nous somment de les juger. Cela invalide la possibilité de toute rencontre, de toute fraternisation. Aujourd'hui, les pauvres non discriminés de par leur couleur, leur religion, leur origine étrangère, leur mode de vie nomade..., se sont aperçus qu'ils sont aussi méprisés que les autres par la bourgeoisie, sa police et sa justice, pour peu qu'ils ne restent pas tranquilles devant leurs télés à communier dans le pharisaïsme national anti-ghettos. Ils se sont levés, ils sont venus, ils ont vu, les yeux, les dents, les mains ont volé. Puissions-nous ne plus nous séparer et continuer de lutter ensemble !
On s'est pris une sacrée saucée. Mère Nature a ainsi souhaité baptiser cette nouvelle alliance tee-shirts noirs / chasubles fluorescentes.
Collègue !
Il suffit de passer le pont.
Des évidences ont été exprimées.
Pas d'infanterie, sauf à la gare quelques bleus. En revanche un barbouze pointait les prochaines victimes.
Grüezi ! Wie gots ? Je tiens à vous avouer, une fois n'est pas coutume, je n'ai pas l'habitude de m'étaler sur ma vie privée sur ce porte-voix de la révolution communiste-anarchiste mondiale, que je suis Suisse-allemand, je possède la double nationalité. Mon grand-père maternel était ainsi du canton d'Appenzell, vous savez, le vrai pays du fromage. J'ai encore une tante, un oncle, des cousins, et d'autres membres de la famille à Zürich, dans le canton du même nom, et à Buchs, dans le canton de Saint-Gall, notamment. C'est assez rare, je suis plutôt peu mobile, un peu plouc décroissant mais pas complètement, pas le courage, l'énergie, les amis ou les compétences, mais bon, le coeur y est... C'est assez rare, donc, mais je n'aime rient tant que d'aller leur rendre visite et d'arpenter ce beau pays qui m'évoque quelques souvenirs d'enfance (la plus grand partie de ceux-ci néanmoins ont la Suisse romande pour origine, mon grand-père ayant vécu la période de mes visites avec ma mère à Genève). Cet été par exemple, je suis allé voir tata à Zürich, et on a fait une petite promenade jusqu'au Vierwaldstättersee, le lac des Quatre-Cantons, à Lucerne. Bon, j'avoue que ça pue le fric, et ça n'a pas le cachet de Garges-lès-Gonesse, Villiers-le-Bel ou Saint-Denis, mais de temps en temps, ça change un peu, on ne peut pas dire que j'abuse des voyages.
Je vous propose aujourd'hui d'en apprendre plus sur cette merveilleuse confédération, et notamment sur sa partie germanophone.
Bis baud!
Zürich, juste à côté du lac
Paysage Suisse alémanique
Suiss(ess)es allemand(e)s
Luzern (Lucerne)
Un Allemand en Suisse allemande
Vierwaldstättersee (lac des Quatre cantons)
Et puis puisque l'excellent Pétillon vient de nous quitter, j'en profite pour vous recommander cette très documentée monographie, introduction idéale à la découverte de notre merveilleux pays (d'ailleurs faudra que je le relise, j'ai un doute, est-ce que ça ne se passerait pas plutôt chez ces aristos de luxembourgeois ?...).
Déjà, ce matin, alors que le réveil a recommencé ses tortures, j'apprends par texto que mon lieu de travail est contre l'attente de certains de nouveau bloqué sévèrement par de jeunes grévistes déter' que je salue ici bien bas. J'en profite pour relayer l'appel du Mouvement Inter Maternelles Indépendant, un peu tard malheureusement pour le rendez-vous de 6 heures...
Quant aux pleureur(se)s nous couvrant de jérémiades depuis quinze jours, personnels aliénés pourtant les premiers à tirer au flanc en règle générale et à en foutre le moins possible, cadres administratifs zélés dans leur rôle d'application des basses œuvres de leurs supérieurs, étudiants affolés (mais ceux-ci, il faudrait leur expliquer) ou francs réacs, syndicats jaunes, je les invite dores et déjà à foncer chez l'épicemard et enfermer dans leurs placards fayots, lentilles, sardines et sauciflards !
En attendant, nous, on essaye de se rendre utile, même si on n'est pas des foudres de guerre, c'est peut-être pour cela même qu'on prend des pseudos fantasmatiques et qu'on admire tant les boutefeux de sédition (à venir un post sur Durrutti d'ailleurs, enfin, si les évènements ne nous laissent que ces faibles passe-temps numériques sous la dent). Alors on est allé soutenir les exilés occupant les locaux de l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis depuis peut-être, oh ! oui, ça doit bien faire deux mois, a priori maintenant. Ils se sont rassemblés devant la préfecture de Bobigny pour demander leur réintégration dans dans l'espèce humaine puisque malheureusement, la moindre existence digne aujourd'hui est suspendue à la possession de papiers.
Ils ont écrit au préfet le 8 avril pour demander un rendez-vous. Celui-ci a demandé à un stagiaire de leur répondre par une note de synthèse du cadre juridique des régularisations, toutes obligatoirement individuelles, sauf exception à laquelle il est suggéré aux exilés de ne pas rêver une seule seconde. La lettre est arrivée le 11 via la présidence de la fac. A la fin, une petit ligne invite les sautes frontières ayant traversé tant d'horreurs pour arriver jusqu'ici, à venir de leur plein gré se présenter pour être raccompagnés dans leur pays d'origine.
Aux cris de Nous on veut des papiers, nous on veut pas dubliner !, de Descends, Pierre-André, nous refiler des papiers ! ou Des papiers pour tous les exilés ! (à peu de chose près et de mémoire), les réfugiés et leurs soutiens internationalistes ou simplement humains ont tenu quelques discours, traduits en arabe et en tigrinya, je crois (une langue d'Ethiopie). J'étais encore transporté d'admiration, moi qui depuis le collège n'ai cessé de rêver au bi, tri ou poli-linguisme, sans faire ce qu'il faut pour bien sûr, j'étais à l'époque muet et aller à l'étranger parler était pour moi qui ne communiquais déjà pas dans ma langue maternelle une gageure que les bistros et l'éthanol qu'on y consomme on contribué à me faire oublier. Moi qui, depuis, lit dans le texte et potasse toujours anglais et allemand en espérant un jour... qui me suis mis à l'Italien grâce à une Assimil trouvé chez George (mon ancien libraire)... De voir ces jeunes militants traduire du tigrinya en français et vice versa, pour des œuvres on ne plus utiles et fraternelles qui plus est, ça me rend malade de jalousie bienveillante. Ca me redonne envie de me mettre à l'arabe, cette magnifique deuxième langue de France, ou au japonais, langue d'un pays que j'ai souvent rencontré dans mes activités et relations. Dommage que George ait fermé, j'aurais bien pu trouver une Assimil de ces deux langues dans sa caverne...
Bref, ensuite tout le petit rassemblement a voulu aller s'assurer au guichet de la préfecture que le sens de la lettre était bien une fin de non recevoir. Nous avons été arrêtés à l'entrée par les plantons un peu hallucinés, mais pas trop agressifs.
Cette place s'appelle Jean Moulin. Il me semble que ce préfet est mort torturé par la police d'un régime dont le racisme d'Etat était la vertu cardinale. Un désobéissant, quoi. Bon, il y a eu Sétif dès mai 45, montrant une certaine continuité finalement, mais Moulin, lui, était déjà mort, on ne peut pas lui reprocher d'avoir cautionné cela. Donc, au vu du zèle de l'administration à appliquer strictement des lois et règlements déniant à certains êtres humains des droits supérieurs ou égaux à ceux d'un chien, et ordonnant à ses serviteurs de mener ces hommes-là à une mort quasi certaine en les "rapatriant", pourquoi ne pas rebaptiser cette place du nom de l'irréprochable fonctionnaire Adolf Eichmann, finalement ? A creuser.
Au centre, l’écœurant étendard du racisme d'Etat.
Cynique ironie.
Après avoir raccompagné jusqu'à la fac deux collègues rencontrées là-bas (il y en avait une poignée), m'être faufilé jusqu'aux pénates des exilés pour leur refiler le sac de sucre, d'huiles et de sauce tomate que j'avais pris au U avant de partir (j'ai payé, je vous l'ai dit, je ne suis pas vraiment un héros...), je suis rentré bien ragaillardi par cette journée de solidarité, en me disant, peut-être contre toute évidence, que peut-être un changement va advenir, qui nous fera sortir de la brume...