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mercredi 17 janvier 2018

Morts tôt : "killant" 9 !

Je reproduis ici le contenu d'un mail que m'a envoyé l'Orchestre national de Paris.



Il existe en théâtre ou en musique toutes sortes de superstitions. Connaissez-vous celle de la Symphonie n° 9 ?


Alors que Mozart ou Haydn écrivent respectivement environ 40 et 100 symphonies, Beethoven va révolutionner le genre : il chamboule les quatre mouvements traditionnels, ajoute un chœur, intensifie les possibilités de l'orchestre… La neuvième symphonie qu'il écrit est un triomphe, mais elle sera sa dernière. C'est le début de la "malédiction de la neuvième" !

Qui sont les victimes ?

La première est le jeune Franz Schubert. Admiratif de Beethoven considéré comme le plus grand musicien du temps, il porte le flambeau lors de ses obsèques publiques mais meurt brutalement l'année d'après, au moment où il achève sa Grande Symphonie en ut majeur, la n° 9 justement ! Ce numéro porterait-il malheur ? Quelques années plus tard, la malédiction continue avec Antonín Dvořák qui n'a pas le temps d'aller plus loin que sa Symphonie n° 9 "Du nouveau monde" !


Comment contrer la malédiction ?

Très superstitieux et sentant que le chiffre 9 peut lui être fatal, Gustav Mahler recourt à un subterfuge lorsqu'il achève sa Symphonie n° 8. Il compose Le Chant de la Terre, véritable symphonie, mais il ne la comptabilise pas comme telle ! Croyant avoir déjoué le mauvais sort, il se met donc à écrire une nouvelle symphonie, la n° 9. Mais il meurt au moment où il commence la suivante. Il semble impossible d'échapper à ce destin, la figure de Beethoven plane…

Ne lisez pas ce livre : il est issu de la boutique du M.I.T., où les esprits créatifs s'adonnent aux joies de la littérature de demain.

Le cas Anton Bruckner

Le compositeur autrichien vit dans l'admiration de Beethoven et Wagner. Alors qu'il essuie de nombreuses critiques durant l'élaboration de sa Symphonie n° 8, il est quelque peu découragé avant de se remettre à la tâche. Il va finalement mourir pendant l'écriture du 3ème mouvement de sa symphonie suivante, la neuvième… Des musicologues ont tenté de reconstruire la suite, mais il est de coutume de s'arrêter sur ce troisième mouvement, un Adagio poignant qui est en train d'annoncer les audaces harmoniques et stylistiques du nouveau siècle.


Incapables de dépasser Beethoven, personne n'ose aller au-delà du chiffre 9. Chostakovitch le fera en 1953 avec sa Symphonie n° 10, il en composera 15 au total !

Vous pouvez écouter... à vos risques et périls. La maison décline toute responsabilité etc.


ACTU :

Attention, c'est le 10...

lundi 30 janvier 2017

Sacqueboute IX


   Malheureusement c'est raté ! Le tableau de Franz Stöber représentant les funérailles de Beethoven, mort le 26 mars 1827, à Vienne, est trop petit, on ne voit pas bien les détails et les personnages. Ce qui enlève toute pertinence à sa présence dans cette rubrique. Je peux réparer ça en vous assurant, libre à vous de me croire ou pas, que précédant le cercueil dans le convoi, à peu près au milieu de la partie gauche de l'image, marchent quatre (ou six) trombonistes, eh oui ! Bon, comme ce post est un flop pour le trombone, on peut toujours faire un jeu.

   Il y a des hommes portant des chandeliers autour du cercueil. L'un d'entre eux a eu sa petite notoriété, sauras-tu trouver de qui il s'agit (pour les forts en histoire de la musique classique, j'avoue que je n'aurais par moi-même jamais résolu cette énigme) ? Un indice ? Blanche était la chair du poisson que Jacques et ses frères apprêtèrent après le lui avoir pris.

   On peut en faire un second, plus raccord avec les lecteurs de ce blog.

   Romain Rolland a dit : « Jamais Empereur d’Autriche n’eut de funérailles telles que Beethoven. » Sauras-tu me donner une approximation du nombre de personnes ayant suivies les dépouilles suivantes (pas de Ouiki ou autre triche du même style sinon c'est pas drôle) ?

   - Ludwig van Beethoven : .............

   - Jules Vallès : .............

   - Victor Hugo : .............

   - Renaud Séchan : .............


   Et puis, comme on aime le grand Ludwig, et que sa magnifique sonate dite Clair de lune (1801) adoucit vraiment les moeurs par sa mélancolie romantique langoureuse (en tout cas le premier mouvement), nous allons l'écouter ici. Attention, le son est crescendo, au début la grand musique lunaire qui préfigura tant de nocturnes du XIXème siècle est imperceptible.


   Pour finir, bouclons la boucle avec un autre grand alité.



Joueurs de sacque-boute précédents :

- Treme

vendredi 15 janvier 2016

Un ministre à la boutonnière

N'étant pas compétent pour parler de Pierre Boulez, sauf pour quelques conduites d’orchestres symphoniques (grand rêve de Léo, qui s’y mit en fin de carrière) dans des œuvres magistrales de Debussy, Mahler, Stravinski…, pour lesquelles je n’aurais d’ailleurs pas plus à dire, si ce n’est que j’ai pris un grand pied à leur écoute (mais vu mon amateurisme, j'aurais certainement pris le même pied si ç'avait été Léo à la baguette...) ; vu, donc, mon incompétence boulezienne, je vous passe du Ferré, en live et en studio (je suis toujours un peu stressé et dérangé dans mon confort d’écoute quand Ferré ne sait plus son texte et laisse passer trois ou quatre mesures, bouche bée ou en doublant certains vers, avant de le retrouver, se rattrapant à ce moment là en accélérant son débit à la va comme je te mitraille). 

Avec image animée du récitant et de ses trous de mémoire

Sans image animée de l'artiste scandant, mais sans trous de mémoire

MUSS ES SEIN ? ES MUSS SEIN !*

La Musique... La Musique...
Où elle était la Musique ?

Dans les salons lustrés aux lustres vénérés ?
Dans les concerts secrets aux secrets crinolines ?
Dans les temps reculés aux reculs empaffés ?
Dans les palais conquis aux conquêtes câlines ?

C'est là qu'elle se pâme c'est là qu'elle se terre la Musique...
Nous c'est dans la rue qu'on la veut la Musique !
Et elle y viendra !
Et nous l'aurons la Musique !

MUSS ES SEIN ? ES MUSS SEIN !

Depuis voilà bientôt trente ans
Depuis voilà bientôt dix jours
Depuis voilà bientôt ta gorge
Depuis voilà bientôt ta source
Depuis que je traîne ma course
Au creux des nuits comme un forçat
A patibuler mon écorce

MUSS ES SEIN ? ES MUSS SEIN !

Je suis un arbre non daté
Depuis que je bois à ma porte
Et que de l'enfer tu m'apportes
De quoi trancher sur l'avenir
Depuis que rien ne se dévore
A part les ombres sur le mur
Depuis que tu me sers encore
La défaite sur canapé

MUSS ES SEIN ? ES MUSS SEIN !

Une araignée m'a dit " bonsoir "
Elle se traînait au crépuscule
Depuis que mon âme bascule
Vers des pays plus mécaniques
Depuis que gavé de musique
Je vais porter ma gueule ailleurs
Une araignée m'a dit, d'ailleurs
"Le tout Léo, c'est d'avoir la pratique !"

MUSS ES SEIN ? ES MUSS SEIN !

Ludwig ! Ludwig ! T'es sourdingue ?
Ludwig la Joie Ludwig la Paix
Ludwig ! L'orthographe c'est con !
Et puis c'est d'un très haut panache
Et ton vin rouge a fait des taches
Sur ta portée des contrebasses
Ludwig ! Réponds ! T'es sourdingue ma parole !

MUSS ES SEIN ? ES MUSS SEIN !
Cela doit-il être ? Cela est !

La Musique... La Musique...
Où est-elle aujourd'hui ?
La Musique se meurt Madame !
Penses-tu ! La Musique ?

Tu la trouves à Polytechnique
Entre deux équations, ma chère !
Avec Boulez dans sa boutique
Un ministre, ou deux, à la boutonnière

Dans la rue la Musique !
Music ? in the street !
La Musica ? nelle strade !
Beethoven strasse !

MUSS ES SEIN ? ES MUSS SEIN !
Cela doit-il être ? Cela est !


*Le dernier mouvement du quatuor à cordes no 16 en fa majeur, op. 135, de Ludwig van Beethoven porte une inscription de la main du compositeur : « Muß es sein? Es muß sein! » (« Le faut-il ? Il le faut ! »). Il s'agit probablement d'une référence à une conversation entre deux amis surpris par le musicien, qui s'est amusé de l'opposition et qui en fait une traduction musicale, même si on peut y voir des connotations métaphysiques, puisque le verbe « müssen » porte la notion de nécessité inévitable et peut donc facilement amener la notion de destin (littéralement : « Cela doit-il être ? Cela doit être ! »).
Wikipédia. 

Müssen (v.) : devoir. Ex. : Wir müssen widersetzen = Nous devons résister.