Rien à faire, à part cueillir, ça tombe bien, maman déteste jardiner (pas bien pour l'autonomie !)
"Voici des fruits [...], des feuilles et des branches". Paul Verlaine.
"Les sanglots long etc." Le même.
"Moisson kaki". Librement inspiré de Dashiell Hammett.
Plus qu'à étendre l'expérience au collectif, en diversifiant les cultures, et récupérant les terres confisquées et vitrifiées : plus un centime pour les supermarchés ! Plus un euro pour les magasins bio capitalistes !
PS : Manger un kaki pas mûr, c'est se retrouver avec la sensation d'avoir la muqueuse buccale asséchée et craquelée, c'est astringent (j'aime bien ce mot, mais je ne sais pas s'il est tout à fait adapté au sens que j'aimerais lui donner ici). Pour faire mûrir votre kaki et en faire la nourriture non violente délicieuse, sucrée et juteuse qu'elle peut devenir, confinez-le dans un sac en plastique avec une pomme (environ une pomme pour trois kakis), attendez environ une semaine, quand le kaki est mou, dégustez. Révolution !
- Raul Ornelas Bernal.- L'Autonomie, axe de la résistance zapatiste.
La formation et le fonctionnement des communes autonomes rebelles zapatistes (Municipios Autonomos Rebeldes Zapatistas, Marez) illustrent l'envergure de la lutte zapatiste sur le terrain de la transformation sociale. Ces municipalités rebelles reposent sur un regroupement territorial qui tient compte de liens historiques divers : l'appartenance à une ethnie, les travaux communautaires, la situation géographique, les relations d'échange. A la différence des divisions territoriales arbitraires des communes "officielles", les communes rebelles sont le résultat des affinités existant chez leurs habitants. Une telle rupture constitue un défi radical lancé au pouvoir, en ceci qu'il fait passer le conflit de la sphère politique à la question primordiale du contrôle du territoire. Les hauts magistrats les plus rétrogrades, au niveau local comme dans l'ensemble du Mexique, ont voulu répondre à ce défi en invoquant le "séparatisme" et les dangers d'une balkanisation que représente selon eux cette exigence d'autonomie. Il n'est donc pas inutile de rappeler que les zapatistes luttent "pour être reconnus comme indigènes et comme Mexicains".
Se lit en consommant la bonne came mexicaine
Pour des textes plus récents (j'ai toujours un paquet de trains de retard, un vrai escargot), lire aussi ici et/ou là. Egalement des idées de sorties et un vaste choix de loisirs.
Soutien inconditionnel.
- Antoine de Baecque.- Le Club des péteurs.
Pour décompresser, même si un peu court et futile face au magnifique exemple d'humanité telle qu'elle devrait être évoquée supra, et quand il nous incombe plus que jamais de souffler nous-mêmes notre forge.
1- Voltaire.- Les Questions de Zapata : absurdités des prétendues écritures saintes et fausseté du christianisme.
Rien à voir avec la révolution mexicaine.
Citation :61° Instruisez-moi pourquoi le Credo, qu'on appelle le Symbole des apôtres, ne fut fait que du temps de Jérôme et et de Rufin [cf. (4) - note du blogueur -], quatre cents ans après les apôtres. Dites-moi pourquoi les premiers Pères de l'Eglise ne citent jamais que les évangiles appelés aujourd'hui apocryphes. N'est-ce pas une preuve évidente que les quatre canoniques n'étaient pas encore faits ?
Mots clés :
XVIIIème siècle
Liens : (2) et (3).
2- Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut.- L'Art de péter.
Citation :Pisser sans péter, c'est aller à Dieppe sans voir la mer.
Mots clés :
XVIIIème siècle
Liens : (1) et (3).
3- Choderlos de Laclos.- De l'éducation des femmes.
De petits essais mineurs, Laclos est homme d'une seule œuvre génialissime. Mais bien que militaire, le gus est fort sympathique dans ces positions : clairement féministe si c'est possible pour un homme, et du côté de Rousseau contre Voltaire, en ce qui concerne l'état de nature, et le choix affectif pour lequel il opte entre l'indien beau, fort, bronzé, libre, heureux et possédant une connaissance totale de son milieu, et le tas de merde dans un bas de soie prétentieux et méchant adulant la civilisation ou l'histoire sinistre de l'oppression et de l'exil. Cela dit j'aime bien Voltaire quand il taquine le curé, il est drôle, convaincant, documenté : cf. (1).
Mots clés :
XVIIIème siècle
Liens : (1) (2) (6).
4- Jean-Christophe Rufin, de l'Académie française.- Le Collier rouge.
Il y a une tradition d’insulter longtemps l’académie puis, l’âge venu, d’y quémander une place. Les académiciens sont donc les seuls français qui crachent dans un fauteuil avant de s’y asseoir. Ils ne s’y assoient que pour faire sous eux, il est vrai : le crachat sert d’amorce.
Tony Duvert.
Encore un académicien, je m'en était déjà farci un il y a deux mois. Mais je ne l'ai pas trouvé trop mal, toutes réserves liées au fait qu'il fasse partie des 40 gâteux mises de côté évidemment, et il est très rapide à lire, ce qui est aussi un avantage. Je l'avais reçu en pub du Cercle Gallimard de l'enseignement : les vieux fichiers ont la vie dure... Mon frangin, qui apparemment connait bien cet écrivain, m'a envoyé la critique suivante, que je me permets de publier ici sachant qu'il ne lit pas mon blog. Il évoque ici ma brochette de lecture de thermidor : "Je n'ai lu que le collier rouge, dernier Rufin pour moi parce qu'autant avant j'aimais bien mais là il a commencé à m'agacer. Dans l'histoire dans l'histoire dans l'histoire, Stefan Zweig fait mieux, dans l'évocation de la grande guerre je préfère Céline et dans le genre histoire de toutous, il n'arrive pas au jarret de London." Assez sympa comme jugement, surtout par les auteurs évoqués, aussi variés que passionnants.
Citations :
- Alors, elle ne vous a pas dit qui était son père.
- Non.
- Elle ne s'en vante pas. Son père, voyez-vous était un juif allemand, proche de cette Rosa Luxembourg qui a été assassinée l'hiver dernier à Berlin. Il était membre de l'Internationale ouvrière. C'était un agitateur et un pacifiste forcené. Il a été arrêté et il est mort à la prison d'Angers. Il paraît qu'il était tuberculeux.
[...] [...]
- Combien de temps êtes-vous donc resté en permission ?
- Deux semaines. C'est bien trop peu. Mais les livres que je n'ai pas pu lire, je les ai emportés.
- Il n'en tient pas beaucoup dans un barda.
- J'en ai pris trois.
- Lesquels ?
Morlac se redressa pour donner les titres, comme s'il annonçait les Evangiles.
- Proudhon, Philosophie de la misère, Marx, Le 18 Brumaire, et Kropotkine, La Morale anarchiste.
Mots clés : celle que j'préfère / action révolutionnaire internationaliste /
Liens : (5) et (9).
5- Agatha Christie.- Mr Brown.
Comme vous le savez, je me refais la série, en bouchant les trous éventuels, et dans l'ordre, maniaque dépendant que je suis. Peut-être nostalgie aussi de l'innocence et de la passion émerveillée du grand jardin du Morvan privatisé par un autre aujourd'hui. C'est donc son deuxième.
Peut-être l'ai-je déjà lu, mais plus le souvenir. En tout cas, petite surprise, ce n'est pas un whodunit, mais plutôt un genre de comédie d'espionnage, et complotiste (travaillisto-bolcheviko-irlandorépublicano-criminel) qui plus est. Ce genre n'est pas le sien, c'est assez mauvais. Évidemment c'est plutôt réac, et même si un personnage concède qu'il y a des révolutionnaires honnêtes, il précise aussitôt que ceux-ci sont les marchepieds des ambitieux despotiques incarnations du mal. Cela dit, même si le terme d'honnêteté reste un peu limité au domaine moral, les anarchistes et autres ultra-gauches pourraient dire avec raison sensiblement la même chose.
Citation :
- [...] Un tel déballage ne manquerai pas de rameuter tous les Travaillistes. Or, un gouvernement travailliste dans la situation actuelle poserait de graves problèmes à l'économie britannique. Mais tout ceci n'est rien à côté du vrai danger.
"Peut-être avez-vous lu ou entendu dire que l'agitation ouvrière actuelle serait commanditée par les bolcheviques ?
Tuppence acquiesça.
- Eh bien c'est exact. L'or bolchevique afflue dans ce pays dans le seul but de déclencher la révolution. Et il existe un homme dont personne ne connaît le vrai nom et qui travaille dans l'ombre, pour son propre compte.
Si les bolcheviques sont derrière l'agitation ouvrière, lui, il est derrière les bolcheviques. Nous ignorons qui il est, mais il se fait appeler d'un nom passe-partout, "Brown", et une chose est certaine : c'est le plus génial des criminels de notre époque. Il contrôle une organisation qui fonctionne à merveille, il a des espions partout. Pendant la guerre, toute la propagande pacifiste et défaitiste a été orchestrée et financée par lui.
- C'est un Allemand naturalisé ? demanda Tommy ?
- Pas du tout, j'ai de bonnes raison de croire au contraire qu'il est anglais. Il était pro-Allemand comme il aurait été pro-Boer. [...] Il y a autour de ce projet de traité un point que nous n'avons pas encore éclairci. La menace que nous avons reçue est sans ambiguïté : l'extrême gauche a carrément déclaré que le document était entre ses mains et qu'elle avait l'intention de le rendre public du jour au lendemain. [...] Mais le gouvernement envisage un grand coup pour contrecarre toute menace de grève. [...] Cependant si le projet de traité remonte à la surface, nous somme perdus. L'Angleterre sombrera dans l'anarchie.
Vivement !
Mots clés : celle que j'préfère
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Pas de jaloux : version métal.
6- J.-B. Jeener.- Les Chemins de l'Amour.
Extrait de la quatrième de couverture (le plat verso, dirait le Tenancier), à propos de l'auteur, J.-B. Jeener (?) : "Ses fines analyses de l'amour - d'où les tempêtes charnelles ne sont pas exclues - ressortent d'une longue filiation : Laclos [cf. (3), note du blogueur]... Maurois... Chardonne !" Je ne sais pas pour Maurois et Chardonne, mais concernant Laclos, je trouve que le rédacteur de cette apéritive notice exagère un tout petit peu.
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y en a pas
7- Lawrence Block.- Les Péchés des pères.
J'ai décidé de me faire la série des Matt Scudder, il y a longtemps que j'en avais envie, parce que ce détective est alcoolique abstinent et fréquente une association d'anciens buveurs (enfin dans les trois premiers romans il picole encore), et que mon meilleur ami est dans le même cas. Un pote dans ce cas également m'avait raconté un passage d'un volume qui m'avait fait marrer. Scudder je crois, héros et narrateur, devise : "Dans chaque alcoolique il y a un monstre qui sommeille. Et c'est pour ça que les réunions d'Alcooliques Anonymes sont si nécessaires pour eux : elles sont tellement chiantes, que si le monstre se réveille à un moment, il se rendort aussitôt" (de mémoire et par la bande). Bon, c'est du petit polar qui se lit bien, un peu freudien, avec une séquence de baston pour les amateurs de virilité testostéronée, mais rien de transcendant a priori pour le moment.
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La grosse pomme
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8- Donald Westlake.- Histoire d'os.
Je poursuis la série du ténébreux Dortmunder par l'excellentissime Westlake, vous êtes au courant maintenant. Que c'est drôle ! J'en ai profité pour me rencarder sur la géographie de New York, comment c'est foutu, à quoi correspondent ces noms rencontrés des milliers de fois : Broadway, Manhattan, Brooklyn, le Bronx, le Village, le Queens, Central Park, Harlem l'East River, l'Hudson, Long Island, le New Jersey, l'Etat de New york... Depuis le temps... Je commence à situer un peu tout ça maintenant, merci Donald (et aussi Lawrence) et Wiki. Allez, un petit jeu facile, mais auquel je n'aurais pas su répondre il y a trois semaines : quelle est la particularité géographique du Bronx par rapport aux quatre autres arrondissements de New York (Manhattan, Brooklyn, Queens et Staten Island ?
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La grosse pomme
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9- Tiburcio Ariza / François Coudray.- Les GARI (Groupes d'Action Révolutionnaires Internationalistes) : 1974, la solidarité en actes.
Quand on exécute au mois de mars
De l'autre côté des Pyrénées
Un anarchiste du Pays basque
Pour lui apprendre à se révolter
Des zigs d'attaque et pleins d'tactique
Nonobstant la bile des bégueules
Par l'rapt, la bombe, l'vol et l'éthique
Du garrot desserrent la sale gueule.
D'après Renaud "I kissed a cop" Séchan.
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action révolutionnaire internationaliste
Un ami picard m'envoie cette esquisse. Je publie volontiers.
1968 – Macronomie et Nécromancie - 2018
« Macron avait annoncé la nécessité d’une célébration officielle de « Mai 68 » ? Il ne faut pas s’en étonner, car certain gauchisme est soluble dans le libéralisme, qui se nourrit comme matière première, du flou et de la laxité de l’informalité des réseaux. Ce qui n’a rien à voir avec l’aspiration libertaire, sociale et sociétale, à sa structure fédérale et à ses principes de base. Le « libéral-libertaire », Cohn Bendit, a soutenu Macron pendant la campagne électorale. Une « révolution Macron », qui par ses législations fiscales sur le capital mobilier et immobilier, s’en prend à cette vieille bourgeoisie, héritière et patrimoniale, qui lorsqu’elle était encore aux commandes, était la cible des « soixante-huitards ». Une vieille bourgeoisie qui n’est plus guère défendue que par « Valeurs actuelles » et Laurent Wauquiez !! Macron le banquier de haut niveau, s’apprête à les « plumer », et à donner leurs places et valeurs à ses amis, en ce sens il veut faire croire politiquement que c’est lui qui mène la « révolution » ! A ce titre, il se pourrait bien que Macron soit aussi l’un des héritiers de l’après « mai 68 », mais surtout du « négatif de l’après mai 68 ».
« Nicolas Sarkozy, président de la république, voulait détruire jusqu’au souvenir de Mai 68 (et de ses suites), une prétention risible, mais sans doute empreinte de la lucidité sur le caractère subversif inaliénable de cette période ! Prétention stupide, mais qui aurait laissé « 68 » dans le camp des spectres subversifs qui auraient continué de hanter le monde. Emmanuel Macron, président, veut faire mieux, il veut neutraliser « 68 » en le mettant sous cloche de verre ! Il veut momifier « 68 » et le mettre au musée ! Et prétendre éviter ainsi que ses aspects inaliénablement subversifs ne continuent de hanter le monde ! Daniel Cohn Bendit, ex Dany-le-Rouge, qui a soutenu Macron pendant sa campagne électorale, avait déclaré qu’aujourd’hui « il fallait être à la fois pour et contre Macron ». Cela nous renvoie à cette nébuleuse idéologique dangereuse que l’on évoque sous le nom ambivalent de « libéral-libertaire ».
« Le « négatif de 68 », a toujours par la perversion qu’il portait en son sein, représenté une perversion camouflée derrière une « subversion fallacieuse ». Comme un enfer toujours pavé des meilleures intention. Cette faille perverse, dans un édifice idéologique tout entier, qui a occupé le devant de la scène pendant quelques décennies, a rapidement été repéré par des intellectuels de la droite réactionnaire, qui ont su appuyer là où cela faisait mal, permettant aussi à l’extrême droite idéologique de reconstruire son édifice.
Sans bien sur, que l’édifice intellectuel gauchisant soit en mesure d’y répondre, faute d’avoir compris à temps les failles de ses rouages et de son analyse. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire, en ces temps de chaos et donc de refondation d’étoiles dansantes, rien ne doit échapper à la subtilité d’une critique profonde et radicale, d’une libre pensée active et révolutionnaire. Cela inclut la critique radicale, qu’il ne faut laisser à aucun prix à la droite extrême et réactionnaire, de l’édifice gauchisant construit sur le « négatif de 68 » et ses failles totalitaires et perverses. Passage obligé à la refondation d’un authentique mouvement mondial et solidaire, fondé sincèrement sur la volonté de résoudre conjointement, face au capitalisme et aux Etats, les questions sociales, sociétales et éco-systémiques. »
« Liberal-libertaire » Kesaco ? Marier les termes « libéral » et « libertaire » est aussi monstrueux et dangereux politiquement, que de lier « national » et « socialisme ». Si le nationalisme a perverti l’aspiration socialiste historique, dans le « national-socialisme », le socialisme n’a nullement subverti le nationalisme, il ne lui a servi que de vitrine sociale pour attirer à lui, en toute démagogie, les masses exploitées dans la misère. De la même manière, la dimension libérale (au sens économique du terme), pervertit l’aspiration libertaire qui lui est accolée. Cette aspiration libertaire, ne subvertit nullement la dimension libérale qui la digère comme il se doit ! Cette caution du terme « libertaire », s’exerce exclusivement sur son aspect d’émancipation sociétale, mais une émancipation sociétale qui ne trouve comme seul débouché, que celui du marché consumériste, lui même d’essence « libérale » et fortement impliqué dans l’inégalité et l’injustice sociale. Dans le mariage « libéral-libertaire », le terme « libertaire » se retrouve totalement amputé de sa dimension d’aspiration à la justice sociale, qui fut la raison première de sa révolte et de ses fondations. La notion de dimension « libérale-libertaire » est une monstruosité, et l’on ne peut que chercher à séparer ces deux concepts. Les séparer pour les opposer autour de l’axe de la liberté sociétale, et sur la base, d’un côté, de l’injustice sociale liée au libéralisme, et de l’autre, de la justice sociale comme aspiration libertaire fondamentale ! C’est d’ailleurs, ce qui doit arriver, ce qui va arriver. Par delà les relents bruyants des gauches finissantes dont on ne perçoit que les râles d’agonie, le futur antérieur tend mondialement à opposer non plus cette vieille idée de « droite contre gauche », mais le libéralisme économique comme mécanique politique d’un capitalisme débridé se cherchant grâce à la force des Etats des débouchés d’avenir, contre l’aspiration libertaire qui sait combiner et articuler liberté, égalité et solidarité, justice sociale et justice sociétale. »
« Or, nous savons désormais que l’expansion technologique est parvenue historiquement à un tel développement, que « Si l’énergie dépensée aujourd’hui par le parc de machines dans le monde l’était par des êtres humains, on estime que la terre serait peuplée de l’équivalent de 30 000 milliards de travailleurs » (p. 112) Pierre-Yves Gomez, Intelligence du travail, Desclée de Brouwer, 2016, 184 p. Cet auteur, économiste chrétien n’est pas suspect d’être un « dangereux » révolutionnaire gauchiste ! »
« Par ailleurs l’usage sans discernement, le gaspillage même, de l’énergie nécessaire à cette formidable productivité, menace l’équilibre climatique de la planète, c’est à dire celui qui a vu se produire l’avènement de l’humanité tel que nous la connaissons depuis 10 000 ans, avec le néolithique puis l’histoire écrite. »
« Le 22 Janvier 2018, les analyses de l’ONG Oxfam démontrent dans son rapport "Récompenser le travail, pas la richesse" portant sur l’année 2017, que les inégalités ont continuées à se creuser à tel point que « 82% de la richesse créée en 2017 dans le monde a terminé entre les mains du 1% le plus riche de la population de la planète ». Et qu’à l'inverse, « 50% de la population mondiale n'a pas touché le moindre bénéfice de la croissance mondiale ».
« En ce début de XXIème siècle, le caractère absurde, injustifiable et illégitime du fait qu’une minorité tienne les commandes, les rouages, les profits (à son bénéfice premier) du processus économique apparaît évident. Car dans ces conditions historiques de capacités productives, il devrait être question du partage généralisé à toute l’humanité de ce patrimoine historique qui devra relever du domaine commun et à l’usage de tous. Un processus qui se doit d’être contrôlé par toute l’humanité, sur la base de ses besoins, des capacités productives et distributives, et à la lumière des évaluations scientifiques, afin de veiller sur tout ce qui pourrait impacter la modification climatique de cause humaine, c’est à dire sur notre cadre de vie planétaire. »
« Combien d’offres d’emplois restent non pourvues ? Entre 300 000 et 500 000, il s’agit pour la plupart d’entre eux d’emplois précaires de services, de livraison, de restauration. A côté de cela, il y a près de 6 Millions de chômeurs, sans compter les radiés du chômage et les très nombreux allocataires du RSA sortis des dispositifs de comptage du chômage ! »
« Quand on sait que d’ici 2025, - dans les 7 ans qui viennent -, 250 Millions d’emploi vont disparaître dans le monde, par la robotisation et ses profits ! »
« Nous avons à portée de main, sur cette terre en 2018, tous les outils et connaissances, pour partager les richesses et assurer la satisfaction des besoins fondamentaux de tous, tout en utilisant cette force de production, d’idées et de connaissances scientifique, pour appliquer un programme réel de protection des espèces, et de l’équilibre climatique qui nous a vu nous développer. »
« Abolir la misère matérielle d’une part et stopper la destruction des derniers espaces naturels et de leurs habitats et habitants, qui représentent notre seule ressource au besoin généralisé de la préservation de notre équilibre climatique, celui qui a vu l’humanité commencer à se démultiplier il y a seulement 10 000 ans, d'autre part ! Ces deux tâches, ces deux objectifs fondamentaux, qui relient le local au mondial-global, sont à mener conjointement et en interaction, car il ne peut y avoir de réussite viable par la séparation de ces deux objectifs d’intérêt public mondial. »
« C’est donc à nous toutes et tous, de nous organiser, de définir nos besoins sociaux, et d’en fixer le prix, afin que, d’une façon ou d’une autre, au coeur de ce monde capitaliste en mutation technologique, nous puissions arracher collectivement à la plus-value du capital ce dont nous avons besoin ! »
« Quel humanisme pour le XXIème siècle ? Un humanisme non béat qui doit inclure le fait potentiel que « l’horreur est humaine », et qui se positionne dans une position antireligieuse dans ses actes et options, c’est à dire anti-patriarcale, antiraciste et anti-anthropocentriste, et de fait anticapitaliste et anti-étatiste. »
« Le travail collectif, à l’échelle de la planète, n’a pour seul but que la satisfaction des besoins fondamentaux et communs de tout un chacun-e, partout dans le monde ! Mais aussi la prise en compte des besoins singuliers, durables ou momentanés, liés aux handicaps et/ou aux pathologies transcendantales et traumatiques. »
Je souris en moi-même. Une telle obsession de lire et de me former, pourquoi ? J'aurai beau lire, jamais je ne serai capable de posséder des connaissances économiques et sociologiques qui me permettent d'analyser sans l'aide de techniciens une situation, un pays ou un moment historique. C'est bien joli de dire, comme le font les intellectuels ouvriéristes, que "les ouvriers savent ce qu'ils veulent", que "leur université est l'usine, et leur savoir l'expérience de l'exploitation", etc. La vérité est que notre ignorance est grande et qu'on peut facilement nous tromper ; que notre dénuement extrême nous pousse à faire confiance à celui qui se déclare notre ami ; que nous attendons beaucoup d'une aide extérieure à la classe.
Toute notre vie à exécuter des ordres, à faire un travail où le moindre geste est déjà prévu... notre sens de l'initiative est émoussé ; notre capacité d'organisation ne dépasse pas le cadre familial, à condition que la femme tienne les comptes et s'occupe des enfants. Cela nous coûte de déchiffrer un texte, rédiger un tract est un travail ardu, exprimer notre pensée un martyre. Penser, même, nous est difficile, les idées nous échappent comme des poissons glissants qui ne se laissent pas prendre. Il est certain que nous avons toujours été culturellement aliénés et nous avons cependant été capables de faire des révolutions triomphantes. Mais la capacité de mystification qu'a aujourd'hui la société capitaliste est beaucoup plus grande que par le passé.
Nous sommes à l'ère technique, et, comme le dit Debray, la révolution révolutionne plus rapidement les bourgeois que les révolutionnaires. L'armée comporte actuellement des groupes spécialisés dans la lutte antiguérilla, alors qu'il n'existe pas un seul guérillero. La police utilise l'électronique pour contrôler les téléphones, les conversations et les personnes. L’État utilise les techniques modernes de propagande pour dissuader, convaincre, endormir. Le capitalisme s'organise au niveau international.
Et nous, pendant ce temps, nous continuons à nous donner rendez-vous à 6 heures au bistrot du coin, en arrivant en retard, avec le paquet de propagande sous le bras, parfois imprimée avec un rouleau de photographe, comme Lucha Obrera.
Dès que nous sommes six dans un même groupe, nous sommes prêts à organiser une fraction. Sur le plan de l'organisation et de l'idéologie, on n'a pas avancé depuis 1936 ; au contraire, il ne reste que les critères d'organisation et d'idéologie les moins révolutionnaires. C'est peut-être pour cela qu'ils subsistent.
Malgré notre indigence individuelle et de classe, nous sommes convaincus que la victoire sera à nous, les militants, parce que nous luttons dans le sens de l'histoire, et l'histoire conduit nécessairement vers le socialisme. Si nous la poussons, elle ira plus vite ; sinon, elle ira plus lentement ; mais de toute façon, personne ne peut arrêter la marche de l'histoire.
Ceux qui n'avaient pas cette foi abandonnaient rapidement, car les difficultés semblent insurmontables. Pour être authentique, pour ne pas être une foi aveugle, elle doit se nourrir aux sources de l'analyse marxiste du développement historique, à la lumière des rapports de production qui se succèdent au long des siècles. Ce qui est mauvais, c'est que le schéma du "sens de l'histoire", avec celui de la "classe ouvrière, seule classe révolutionnaire", se transforme en phrases stéréotypées, acceptées comme elles viennent, comme auparavant on acceptait "Dieu unique en trois personnes" ou la "présence réelle sous les espèces du pain et du vin".
Combien de militants aujourd'hui sont capables d'expliquer leur foi à la lumière de l'évolution de la société capitaliste et des classes qui la composent ?
Le militant, qui est plus activiste que révolutionnaire, s'écroule quand l'action vient à lui manquer. C'est pourquoi on insistera jamais assez sur la formation pour nourrir ce "nous luttons dans le sens de l'histoire". Seule cette foi, réfléchie et assimilée, gardera vivante la petite flamme révolutionnaire dans les moments de découragement, lorsque tous les horizons semblent bouchés.
Je me réconciliai avec la théorie et la nécessité de la formation.
Extrait de Barcelone : l'espoir clandestin, de Julio Sanz Oller, en promo chez CQFD, courez-y vite si vous voulez vous former !
Un film mythique pour moi, mais que je n'avais jamais vu. Tout ce en quoi je crois, tout ce en quoi j'aspire, tout ce que j'ai toujours été frustré de ne pas connaître, cette tornade soixante huitarde et les vents coulis ultérieurs des pays voisins. Je suis né trop tard. Un an après l'année de référence. Moi, je n'ai connu qu'une réaction continue, jumelée à une modernisation d'un capitalisme innovant (que ce mot me fait gerber !).
Et bien vous savez quoi, aux premières images, j'ai cru que j'avais perdu la foi. Las, que j'étais (peut-être la digestion de la cantine), ces utopies poétiques, du vent, les faits sont têtus, les faits ce sont les zombis smartphonisés, les particules fines, les métaux lourds, les tapis de bombes propres, les milliardaires toujours plus insolents, les miséreux sous la botte. Il faut dire que la première scène, savoureuse à l'origine, a aujourd'hui une toute autre saveur, amère et ironique, quand on sait ce qu'est devenu le gros plein de fric Depardieu. En ouvrier ou employé qui fait sécession, difficile d'être crédible. On l'a pourtant tant aimé ! Résistance du corps à la déprime, j'ai même failli m'endormir à certains moments.
Et puis j'ai fini par me réveiller, et jubiler, enfin ! Mais, c'est curieux, ce serait à analyser, à relier à mon manque de confiance en moi de toujours et à mon handicap relationnel, ce genre d'autisme (c'est une métaphore), ce doute insidieux pelotonné en moi et rongeant mes désirs et la moindre croyance en ma capacité de convaincre qui que ce soit de quoi que soit, dans le domaine politique tout du moins ; c'est, donc, curieux, j'ai commencé à jouir du film après l'instant "t" ou l'an 01 commence, après la séquence où il faut convaincre tout le monde, après la révolution. Avant, j'étais épuisé.
La scène qui m'a fait sortir de ma torpeur par un rire franc (non, je n'étais pas mort de rire, n'en déplaise à ceux, et ils sont nombreux, qui ont la chance de l'être à tout bout de champ, heureuses natures ! lol !) est celle où une jeune femme (Miou Miou) est réveillée à six heure du matin par son réveil. Les yeux en trous de pine elle secoue pesamment son compagnon (Henri Guibet), pour lui dire qu'il est six heure, l'heure de se lever pour aller au chagrin. Et le mec commence à pouffer de rire, et les deux amants de partir dans un fou rire inextinguible parce que, évidemment, cette folie furieuse de s'extraire du doux sommeil pour aller servir le Capital est une chose du passé, et les deux tourtereaux ne se lassent pas de cette bonne blague consistant à faire comme si... Là, mon désir de prolétaire aliéné s'est réveillé de la lassitude que les constructions utopiques du début avaient malheureusement, cela vient de mon état de vie, non du film, provoquée.
La scène qui m'a sorti de ma torpeur.
La scène de la prison, aussi, m'a éclaté, un régal :
Il y a plein des ceusses qui ont été mes grands frères spirituels, des étoiles riantes à mon firmament, de mémoire : Coluche, Cavanna, Choron, Gébé, je crois bien qu'on voit Siné, Reiser aussi... à confirmer, il y en a tellement ! Et des chanteurs, cré nom de nom ! François Béranger et Jacques Higelin !
Et puis des que j'aime bien : Miou Miou, Henri Guibet, Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Romain Bouteille et des tas de têtes connues dont je n'arrive pas à trouver les noms (je ne suis pas allé sur Wiki, j'essaye de faire fonctionner ma mémoire, pour essayer de la faire durer...). Et ceux que j'oublie.
Et enfin il y a ceux qui étaient sympa à l'époque, mais que le pognon et la notabilité ont pourri, qui ont trahi la sympathie que j'avais pu avoir pour eux à une époque, quand il y en a eu, mais je ne les citerai pas.
Je précise que même si on aime les chers disparus de cette vidéo, et si on comprend leur besoin d'espérer, de même qu'on a aussi gardé de la sympathie pour Cavanna et Siné, à La Plèbe on n'a pas trop aimé au début, et de moins en moins par la suite et jusqu'à ce jour, l'hebdo dont il est question ici, à partir de sa "renaissance" dans les 90's.
Ma dernière actu ciné.
La Plèbe écoute tout le temps :
Lundi soir 3 avril 2017 : Dans l'herbe tendre (chanson française). Thème du mois : l'amour.
Cliquer sur le lien correspondant à la bonne date (Jazzlib'/Entre chiens et loups). Attention de bien vérifier que vous êtes sur le 1er ou/et 3e jeudi, vous avez, en haut à gauche, les semaines disponibles.
« Oui, dimanche, c’est aussi une forme de référendum sur la conception de la laïcité qui doit être la nôtre : ou une laïcité qui s’efface ou une laïcité revendiquée. Cette belle laïcité qui est celle d’Elisabeth Badinter, de Caroline Fourest, de Mohamed Sifaoui (…) la laïcité de Malek Boutih. » Manuel White
J'ai entendu toujours avec peine, non seulement des jacobins révolutionnaires, mais des socialistes élevés plus ou moins à l'école de Blanqui, et malheureusement même quelques-uns de nos amis intimes, qui ont subi indirectement l'influence de cette école, avancer cette idée complètement anti-révolutionnaire qu'il faudra que la future république abolisse par décret tous les cultes publics et ordonne également par décret l'expulsion violente de tous les prêtres. D'abord je suis l'ennemi absolu de la révolution par décrets qui est une conséquence et une application de l'idée de l'Etat révolutionnaire - c'est-à-dire de la réaction se cachant derrière les apparences de la révolution. Au système des décrets révolutionnaires, j'oppose celui des faits révolutionnaires, le seul efficace, conséquent et vrai. Le système autoritaire des décrets, en voulant imposer la liberté et l'égalité, les détruit. Le système anarchique des faits, les provoque et les suscite d'une manière infaillible en dehors de l'intervention d'une violence officielle ou autoritaire quelconque. Le premier aboutit nécessairement au triomphe final de la franche réaction. Le second établit, sur des bases naturelles et inébranlables, la révolution.
Idiot utile (barbu)
Ainsi dans cet exemple, si l'on ordonne par décrets l'abolition des cultes et l'expulsion des prêtres, vous pouvez être sûr que les paysans les moins religieux prendront parti pour le culte et pour les prêtres, ne fût-ce que par esprit de contradiction, et parce qu'un sentiment légitime, naturel, base de la liberté, se révolte en tout homme contre toute mesure imposée, eût-elle même la liberté pour but.
Michel Bakounine.- Lettres à un français sur la crise actuelle, 1870.
Un compagnon nous envoie ses voeux, nous nous empressons de les transmettre à notre lectorat.
Lorsque l’on a coupé la tête du roi louis XVI, le 21 Janvier 1793, il n’y a que 223 ans, on a coupé la tête de Dieu. Durant l’ancien régime, le pouvoir temporel (Potestas), et sa hiérarchie de gouvernement des hommes et des choses, devait son maintien et sa reproduction transgénérationnelle non seulement au rapport de force combiné des armes et de l’administration, mais aussi à la sacralisation de sa prétendue légitimité garantie par la bénédiction du pouvoir spirituel (Auctoritas), représenté par l’église. Couper la tête du roi, fut aussi un acte symbolique d’affirmation d’une séparation entre pouvoir temporel et spirituel… qui devait se poursuivre 112 ans après par la séparation de l’église et de l’état, affirmant un peu plus la laïcité publique. Cependant, preuve, de l’inaccomplissement social de cette laïcité, le maintien du pouvoir temporel sous la forme de la hiérarchie de l’Etat, fut la garantie par et pour la classe bourgeoise dominante de sa protection, en dépit de toute légitimation par le sacre du divin… Une voie ouverte au développement du capitalisme moderne... Une Potestas d’Etat libérée, par la mort du divin, de toute tutelle spirituelle, mais garantie par une Auctoritas, non divine, fondée par une morale de droits de l’homme ayant gravé dans son marbre les éléments textuels devant légitimer la permanence de la domination bourgeoise.
Quel bonheur de revoir ainsi la place de la Concorde : on n’y trouve plus [...] les colonnes précipitées d’une fourmilière
d’esclaves motorisés (Guy Debord en son Panégyrique) !
Cependant, la mort du divin sacré, non restaurable autrement que par l’alliance de la force des armes et de la manipulation obscurantiste et sectaire, rend totalement injustifié et illégitime l’exploitation du travail et la domination politique, le capitalisme et l’Etat !
Pas plus que n’était justifiable et légitime le maintien de cette guillotine, dont souffrit finalement bien plus le peuple que la noblesse et la bourgeoisie, et qui heureusement a été mise au musée, avec l’abolition de la peine de mort !
La déclaration universelle des droits de l’homme, dans sa version bourgeoise, reproduisant d’une façon laïcisée la justification monothéique créée par les hommes du maintien et de la reproduction entre générations du patrimoine privatif au dépend du collectif, du patriarcat sexiste et homophobe, et du droit absolu de disposer de la nature et des espèces animales (ce dont on perçoit scientifiquement les limites aujourd’hui !)…, doit être sévèrement critiquée. Mais non dans son aspiration fondamentale, plutôt dans son insuffisance, son inaccomplissement, en affirmant et postulant que ni l’exploitation du travail humain, ni la propriété privée des moyens collectifs de production et de distribution, d’intérêt public, ne sont des droits de l’homme !
Deux cents grenadiers ont en quelques heures dressé l'obélisque de Louqsor sur sa base ; suppose-t-on qu'un seul homme, en deux cents jours, en serait venu à bout ? écrira Proudhon 47 ans après, utilisant cette place, qu'un autre tyran dota du monument que nous connaissons, comme lieu de son exemple du principe de force collective.
Si nous ne souhaitons plus le retour des guillotines populistes et démagogiques, nous pensons que 223 ans, long à l’échelle d’une vie, cela reste très bref à l’échelle de l’histoire. L’AIT, Association Internationale des Travailleurs, n’a-t-elle pas elle-même que 152 ans ? Et seulement 93 ans, pour sa forme la plus aboutie, celle de l’anarcho-syndicalisme ! Ainsi l’émergence historique moderne, dans sa précision politique et économique, d’une volonté humaine individuelle et collective, d’accomplir l’œuvre majeure d’une société solidaire, égalitaire et libertaire, réactive cette nostalgie pré-antique, dont les radicaux transgénérationnels puisent dans les profondeurs de cet âge d’or péri-néolithique comme dans une matrice mémorielle aux racines de notre humanité. Une nostalgie radicale réactivée, pendant des siècles d’ancien régime, lors de ces fêtes populaires des fous et autres saturnales, en défiant les églises, qui s’efforçaient de les réprimer sans jamais parvenir à les réduire ! Une nostalgie radicale qui n’en est pas moins, dans sa forme moderne, qu’à ses balbutiements…
Qui oserait penser et formuler que l’aspiration révolutionnaire la plus radicale, dans sa modernité, sa profondeur et sa volonté d’accomplissement, puise son inspiration, par ses racines, tant dans la réalité que dans le réel, à la source de la nostalgie inconsciente des traditions les plus anciennes, en opposition à ces fausses traditions fondées par les colonisations de religions et de dominations d’Etat, aliénant les corps et leurs pensées ?
Lui ne nous a jamais soûlé de fumée.
Dieu est mort, et les religions sont, au regard des savoirs et connaissances, tant dans l’infiniment petit, dans l’espace immense, que dans l’histoire de la terre et de l’évolution des espèces, condamnées par l’histoire à venir ! Dans cette époque troublée de chaos capitaliste mondial, il est logique que les religieux se cabrent à l’extrême, dans leurs pires expression violentes et oppressives ! Pour croire et infliger leur sens, mais aussi se maintenir coûte que coûte, ils peuvent nuire pendant quelques décennies encore, ce qui est long à l’échelle d’une vie humaine, mais dérisoire en regard de l’histoire humaine et de la vie ! Mais ces religions vouant un culte à ce Dieu créé par les hommes eux-même, à l’image de leurs dominants, et qui même sous couvert d’un vernis humaniste usurpé et antérieur de par la nature sociable de l’humain, ne sont là que pour justifier la reproduction de l’exploitation économique de l’humain et de la nature, sont de toute façon condamnées à mourir par l’histoire à venir ! Dieu est mort, mais son cadavre pourrissant et exposé à tous vents nous empoisonne. Alors qu’on l’enterre !!!
Pas plus que l’aspiration au droit humain individuel, détournée par la partie bourgeoise de la république, ne peut remettre en cause l’aspiration à la chose publique combinée à celle de la reconnaissance du droit de l’individu, pas plus l’abominable détournement reproductif des structures hiérarchisées du monothéisme expérimenté en URSS et en Chine ne peut remettre en cause les aspirations, complémentaires et indissociables, à la liberté et l’égalité rendues possibles par la solidarité instituée !
Lui n'a jamais fait arrêter personne avec une lettre de cachet (ce que notre bon exécutif non-exécuté actuel, 223 ans après, peut de nouveau quasiment accomplir ad libitum, grâce à l'état d'urgence).
Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, et prenons vigoureusement nos distances d’avec tous ces crétins et autres idiots utiles, gauchistes et fachos identitaires, tous manipulateurs du communautarisme régressif, pour affirmer, de façon universelle, que la seule transformation restant à accomplir, sur les fondements de ce qui est acquis, reste la résolution et l’accomplissement laïc de la question sociale ! Par le pouvoir temporel de la république démocratique directe, fédérative, internationale et sociale dans le monde entier, et, en l’absence du divin, par l’Auctoritas de l’éthique anarchiste constituée et des savoirs en constructions permanentes… Pour substituer le gouvernement des hommes par l’administration humaines des choses, dans le respect des espaces naturels et des ressources, pour la satisfaction solidaire des besoins de chacun-e en fonction des capacités de chacun-e.
Meilleurs vœux de réussites à tous nos ami-e-s qui, dans le monde, oeuvrent, en conscience ou non, dans ce sens !
Pour le 21 janvier, la tête de veau n'est plus obligatoire.
BOUCHEES A LA REINE VEGETALIENNES
Pour 8 bouchées :
* 8 feuilletés végétaliens pour bouchées à la reine (trouvés à Leader Price)
* 170 gr de champignons de Paris frais épluchés & émincés
* 1 petit oignon émincé
* 2 CS d'huile
* 3 pincées d'ail en poudre
* 1 belle pincée de noix de muscade moulue
* 1 cub'or 1/2 écrasé ou son équivalent en sel
* poivre
* 300 ml de lait végétal (ici, lait de soja)
* 25 gr de maïzena
* 200 gr de tofu asiatique coupés en petits cubes
* 40 gr de quinoa cru ou 110 gr de quinoa cuit
* 2 cc de vin blanc (facultatif)
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Si vous n'avez pas de restant de quinoa, rincer abondamment et faites cuire dans de l'eau bouillante 40 gr de ce fabuleux taboulé des incas cru jusqu'à ce que le petit germe blanc sorte et que la graine soit translucide. Mettre de côté.
Dans un saladier, dissoudre la maïzena dans le lait végétal, ajouter les cub'or écrasés ou le sel, la noix de muscade, l'ail et le poivre. Réserver.
Dans une grande poêle anti-adhésive, faites revenir avec 2 CS d'huile, les champignons et les oignons afin de les attendrir puis ajoutez les cubes de tofu jusqu'à ce que ces derniers commencent à dorer.
Ajoutez alors lait végétal + maïzena et remuez avec une grosse cuiller jusqu'à ce que le mélange épaississe et là vous stoppez touuuuuut. En fin de cuisson, si vous le désirez, rajoutez le vin blanc. Vérifier l'assaisonnement.
Préchauffer le four th° 6.
Sortez vos croûtes feuilletées et creusez légèrement avec un couteau pointu pour sortir le petit chapeau.
Remplir les bouchées de farce végétalienne, poser le petit chapeau par dessus et faire réchauffer 10/15 mn (vérifier en plongeant la lame d'un couteau dans la farce, si elle ressort chaude, c'est tout bon).
Si les croûtes dorent un peu trop vite, couvrir de papier aluminium et poursuivre la cuisson.
Merci au blog blog Vegansfields, à qui j’ai emprunté cette recette.
Bon appétit, joyeuse fête et heureux 21 janvier les amis !
"Le business vaut bien une escapade diplomatique, aussi embarrassante soit-elle. En visite d’Etat en Angola — présidé par José Eduardo Dos Santos, 82 ans dont 32 de règne —, François Hollande a sacrifié à la nécessité des affaires, vendredi 3 juillet. Sans paraître trop insister sur les questions de démocratie et de droits de l’homme, pourtant problématiques dans ce pays d’Afrique australe où quinze jeunes gens travaillant à des stratégies non violentes de protestation contre le pouvoir ont été récemment arrêtés pour « rébellion » et « attentat contre le président de la République »". Le Monde.fr, 03/07/2015.
"Je regarde le revolver qui pend sur sa hanche, la plaque officielle épinglée sur sa chemise. - Dire que nous sommes en démocratie… je lui dis. Il jette un coup d’œil par-dessus son épaule, puis il crache par terre et repose sa main sur le bord de la portière. - Vous n’êtes pas tout seul… Moi je connais un type qui faisait partie du Club John Reed*. C’était quand j’étais là-bas à Boyle Heights. - Tovarich, je lui dis. - Ce qu’il y a d’embêtant avec les révolutions, c’est qu’elles finissent toujours par tomber dans les mauvaises mains. - Bien d’accord. - Mais d’un autre côté, il poursuit, ces gens-là pourraient difficilement être plus moches que la bande de michetons qui crèche dans les parages. - Peut-être qu’un de ces jours, vous y habiterez aussi. Il crache un coup. - On m’offrirait cinquante sacs de rente par an, des pyjamas de crêpe georgette et un collier de perles roses assorti, que je ne voudrais pas vivre ici. - Je m’en voudrais de vous le proposer. - Essayez seulement. Quand vous voudrez, le jour ou la nuit. Essayez et vous verrez ce que ça vous rapportera. - Bon, eh ben je file maintenant, et je vais me présenter à l’agent du Club. - Dites-lui d’aller se faire voir par les Russes… de ma part. - Je n’y manquerai pas." Raymond Chandler.- La Grande fenêtre.
* John Reed : journaliste américain célèbre pour ses idées avancées.