Ô Peuple, nous t'aimons immensément :
N'es-tu donc pas la pauvre âme ignorante
En proie à tout ce qui sait et qui ment ?
N'es-tu donc pas l'immensité souffrante ?
La charité nous fait chercher tes maux,
La foi nous guide à travers tes ténèbres.
On t'a rendu semblable aux animaux,
Moins leur candeur, et plein d'instincts funèbres.
Paul Verlaine
Entre l'autruche et le footballeur, le rapprochement est [...] flagrant : la danse d'amour, par exemple, est presque la même. Exemple : mettons vingt-deux autruches dans le désert de Zobi. Donnons-leur une noix de coco. Aussitôt, les autruches se divisent en deux camps de onze et se mettent à courir comme des cons dans tous les sens pour pouvoir taper dans la noix de coco. Quand une autruche arrive à envoyer la noix de coco entre deux cactus, c'est le signe de l'amour. Les autruches commencent par sauter sur place puis elles se filent des grands coups d'ailes dans le dos et s'embrassent goulûment. L'instant d'après, c'est la copulation qui assurera la survie de l'espèce autruchienne. Les footballeurs font exactement la même chose, mais leur quotient intellectuel étant légèrement inférieur à celui de l'autruche, ils sont incapables de sortir leur sexe au moment de l'embrassade générale. Alors ils recommencent à taper dans le ballon, jusqu'à épuisement complet. C'est pourquoi les footballeurs ne se reproduisent pas, ils shootent : c'est la femme de l'équipe de France qui me l'a dit.
"Il y avait à Paris, dans le quartier de la Chapelle, un pauvre Arabe du nom d’Abd el Martin et on l’appelait Abdel tout court, ou le Crouïa, ou l’Arbi, ou le Biquemuche, ou encore Bique à poux, parce qu’il avait, en effet, des poux. […]
Appuyé sur le manche de son balai, le patron regardait l’Arabe avaler un café tiède et se laissait aller à méditer tout haut :
« Pour celui qui veut bien réfléchir, disait-il, on est peu de chose. Je vois par exemple toi. Qu’est-ce que tu es ? de la pourriture. D’où tu deviens ? on n’en sait rien. A quoi tu sers ? J’en causais une fois au coiffeur et c’est bien ce qu’on disait ensemble, que jamais le gouvernement ne devrait tolérer une pareille vermine sur le territoire, à plus forte raison dans une ville comme Paris qui est le cœur de la France. Je ne suis pas contre l’étranger, au contraire, mais j’estime néanmoins qu’il y a des limites. Et d’abord, tu viendrais à disparaître, fusillé, ou n’importe quoi, qui est-ce qui le saurait ? personne. Je dirais peut-être à Mme Alceste : « Tiens, on ne voit plus le Crouïa qui buvait du vinaigre. » Et puis c’est tout. Et dans quinze jours, je t’aurais sûrement oublié. C’est bien la preuve que tu es moins que rien. […]
Sale temps pour les diabétiques.
Les deux inspecteurs entrèrent dans l’impasse à la première heure du matin. L’un était un jeune homme portant chapeau mou sur l’oreille et un imperméable dont il nouait la ceinture avec une coquette négligence. L’autre, M. Ernest, était d’une tournure plus classique. Trapu, moustachu, avec des épaules de tueur et d’énormes mollets qui imprimaient aux jambes du pantalon une forte courbure, il portait le chapeau melon et le pardessus noir d’une coupe ministérielle.
[…]
A l’entrée de la rue Pajol, Abdel, jetant un dernier regard en arrière, eut un mouvement des épaules et parut avoir encore une velléité de fuite. Avec une agilité qu’on n’eût pas attendue de son âge et de sa corpulence, M. Ernest le botta au revers de la capote, d’une double détente, sûre et puissante, qui lui tira un gémissement. Sur le trottoir, une vieille femme qui promenait son chien, eut un geste de pitié et de protestation.
« Avec ces animaux-là, lui dit l’inspecteur, il faut ça. Ils ne comprennent rien d’autres. »
« Entre le 2 juin et le 29 juillet, les réfugiés de la Chapelle ont subi pas moins de dix évacuations par les forces de l’ordre. La première est l’expulsion du camp sous le métro aérien à La Chapelle. C’est le début de leur errance dans le 18ème. Durant deux mois, les camps sont évacués les uns après les autres, sans solution pérenne, jusqu’au 29 juillet et l’évacuation définitive de la Halle Pajol. Le 30 juillet, les locaux de Ni Putes Ni Soumises sont occupés, et le lendemain, c’est au collège désaffecté Guillaume Budé (19ème) que les migrants se réfugient. Ils y sont toujours. »
Siné mensuel n° 45 – septembre 2015.
Enfin, je ne suis pas les nouvelles au jour le jour, je ne lis que des mensuels et des blogs, n'écoute que des radios libres et ne contemple pas la TV, mais je crois bien qu'ils n’y sont plus non plus, arrêtez-moi si je me trompe.
Qu’est-ce que j’apprends ? L’anti-France a encore frappé et je l’ignorais ! Personne n'avait cru bon de m'en avertir plus tôt à ma décharge. On me dit qu’une nouvelle guerre vient d’être déclarée, notamment au coeur de nos sanctuaires républicains, après la guerre du fichu, de la mante, de la jupe (on a frôlé la guerre du bikini à Reims, mais finalement c'est retombé comme un soufflet : comme pour les fantasmés pilleurs de cadavres de l'accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge l'année dernière, les braves gens ont un peu hâtivement tiré des conclusions laïques et républicaines) : la guerre du tchip (l'info date chouïa).
Pendant le conseil de classe, un professeur s'emporte dans son réquisitoire courageux contre les tchipeurs. Le reste de l'équipe éducative (des bobos et des gauchistes), gênés par le parler vrai de leur collègue, se voilent la face, détournent le regard. Pour ceux qui préféraient tchiper plutôt que d'écouter pendant les cours de langues à l'école, je précise que cette vidéo en anglais est sous-titrée. Je précise également que ceci est ma dernière actu ciné, n'hésitez pas !
Il ne sera pas dit que je ne serai pas un tchipeur sous le règne du maréchal Valls Blanc-Blancos-White. Ca doit être sacrément cool de savoir tchiper, et si ça peut faire enrager les pharisiens... C’est pourquoi, si vous aussi vous êtes attachés à la liberté d'expression, et d'un naturel curieux de découverte et de nouvelles expériences, porté par le Désir de vous réaliser en allant vers l'Autre, je vous propose pour "devoir de vacances" d’apprendre à tchiper. Cette vidéo vous y aidera :
Ah ! On vient de m’informer à l'oreillette que je suis encore plus déconnecté que je ne le pensais. Le tchip aurait déjà été pratiqué dans les 70’s, notamment par les personnes ayant entretenu des liens d’amitié suivis avec les présidents de la République centrafricaine :
Mouais, cela dit Giscard a un exaspérant accent de Chamalières. Je crois qu'on peut faire mieux les copains. Qui c'est qui tchipera le mieux à la rentrée ?...
"A ce propos, je ne résiste pas au plaisir de vous narrer ce bout de promenade en taxi que Louis Rego et moi vécûmes ensemble il y a quelques jours. Le chauffeur était une forte femme bien proprette d'une quarantaine d'années. Près de la place de la Concorde, une petite Fiat pilotée par une jolie bourgeoise (on a le droit de dire que les bourgeoises sont jolies avec Mitterrand ?). Enfin, une jolie bourgeoise un peu distraite nous fit une toute petite queue de tout petit poisson. Aussitôt, notre conductrice entra dans une colère apocalyptique, et tout en poursuivant la fautive dans l'espoir vain de la faire chuter dans la Seine, elle nous fit juges, Luis et moi, de sa désapprobation catégorique, tout en baissant violemment sa vitre afin que la coupable n'en manquât pas une miette. «Va donc, eh connasse, dit cette dame. Non, mais vous avez vu cette connasse ! Ça va pas la tête, eh connasse ! Ah, dis don', a s'croyent tout permis ces connasses avec leur MLF! Non, mais c'est pas des conneries, depuis qu'elles sont libérées, elles ont perdu leur féminité ces connasses ! » Et la dame conclut, comme pour nous achever : « Et je sais de quoi que j'cause, ça fait quinze ans que je vis avec une bonne femme.»"