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mercredi 8 novembre 2017

Un bibliopathe


   Enfin, [...] j'entrai dans la bibliothèque. Cet évènement considérable arriva un jour de pluie. En m'introduisant dans le sanctuaire redoutable, mon oncle me tint ce discours :
   - Tu vois !... Ce sont des livres !... Et ces livres contiennent tout le génie humain... Les philosophies, les systèmes, les religions, les sciences, les arts sont là... Eh bien ! mon garçon, tout ça ce sont des mensonges, des sottises, ou des crimes... Et rappelle-toi bien ceci... l'émotion naïve qu'une toute petite fleur inspire au coeur des simples vaut mieux que la lourde ivresse et le sot orgueil qu'on puise à ces sources empoisonnées... Et sais-tu pourquoi ?… Parce que le cœur simple comprend ce que dit la toute petite fleur, et que tous les savants, avec tous les philosophes, avec tous les poètes, en ignoreront toujours le premier mot… Les savants… les philosophes… les poètes !… Peuh !… Ils ne servent qu’à salir la nature de leurs découvertes et de leurs mots, absolument comme si, toi, tu allais barbouiller un lys ou une églantine avec ton caca !… Attends, attends, mon garçon, je vais te dégoûter de la lecture… Et ça ne sera pas long !


   Il monta sur un escabeau appliqué contre les bas rayons de la bibliothèque, et prit un livre, au hasard.
   - L’Éthique, de Spinoza. Voilà ton affaire.
   Étant redescendu, il me remit le volume, non sans avoir tapé sur les plats, à plusieurs reprises, de la paume de sa main.
   - Assieds-toi, près de la petite table, là-bas… et lis, à haute voix, à la page que tu voudras.
   Mon oncle s’enfonça dans son fauteuil, croisa ses longues jambes l’une sur l’autre, ses longues jambes maigres et pointues, dont les genoux atteignaient l’axe du menton. Et la tête renversée en arrière, le bras droit posé sur l’accoudoir, le gauche pendant, il ordonna :
   - Commence !
   D’une voix incertaine, ânonnante, je commençai la lecture de L’Éthique. Ne comprenant rien à ce que je lisais, je bredouillais, commettais à chaque ligne des fautes grossières… Mon oncle ricana d’abord ; peu à peu, il s’impatienta :
   - Fais donc attention, animal… Tu n’as donc jamais appris à lire… Reprends cette phrase…
   Et le voilà qui se passionnait. Il m’interrompait, tout à coup, pour émettre une réflexion, jeter un cri de colère. Le corps en avant, les deux poings crispés sur les bras du fauteuil, les yeux brillants et farouches, tels que je les avais vus, à son arrivée à Coulanges, il semblait menacer le livre, la table, et moi-même. Et il se levait, tapant du pied, vociférant :
   - Il trouve que nous n’avons pas assez d’un Dieu !… Il faut qu’il en fourre partout… T’z’imbéé… cile !

Octave Mirbeau.- L'Abbé Jules.

vendredi 27 mars 2015

La Kabbale pour les nuls

Ben voilà ! Quand on me parle gentiment, moi, je deviens tout de suite plus intelligent. Avec cette série de vidéos, j'ai enfin compris le tiqqun a plus de 25 %, je pense même approcher les 100 %, sans me vanter, mais il me reste la dernière saison à visionner.

J'avais pensé titrer cet article "Comprendre l'Empire", mais j'ai craint d'attirer sur ce modeste espace trop de national-socialistes égarés. Si certains ont malgré tout atterri ici, il leur est suggéré de retourner sur Google et de préciser leur recherche en tapant d'un index précis le "S", le "O", le "R", le "A", et le "L". J'en suis désolé mais pour pouvoir poursuivre ici, un second neurone leur aurait été nécessaire.

Les autres peuvent échanger les yeux fermés cette agréable et harponnante "leçon" de philosophie, d'Histoire, d'Histoire des religions... contre les 50 livres et 23 coffrets de 13 CD chacun de Michel Onfray.

Michel Onfray dont, cela dit et toutes choses égales par ailleurs, la cote de popularité est remontée en flèche dans les statistiques de ce blog, après qu'il a taxé de "crétin" notre mâchoire mussolinienne nationale, accomplissant par là comme qui dirait en terme tiqqunien son épiphanie, mais ce terme connoté ne plairait pas à notre athée.

Bref, pour en revenir aux nouvelles perspectives que l'audition de ces cours ont tracées en moi, il ne me reste plus qu'à repasser au crible du nouveau paradigme que constitue la compréhension du chapitre "Chabbat" du Talmud les concepts de Bloom, de jeune fille, de métaphysique critique, de communauté terrible, d'Empire (ou de marchandise autoritaire), de guerre civile et de jeu des formes de vie. De l'ouvrage en perspective.

Deux remarques encore :

- le rabbi donnant par exigence d'orthodoxie la meilleure traduction puisque la plus proche de la lettre du passage du Talmud étudié, traduction que nous constatons être la moins religieuse, la moins nationale, et la plus politique, mais cela le dit rabbi n'a pas dû en être conscient, se nomme néanmoins Désiré Elbeze, ce qui n'est pas sans laisser quelque peut rêveur en ce qui concerne les facéties de la vie ;

- Ivan Segré est aussi l'auteur du Manteau de Spinoza. Pour une éthique hors la Loi, La Fabrique, 2014, ouvrage qui devrait plaire à notre ami George Weaver...

Place à la conférence (et merci au site Lundi matin sur lequel j'ai pu trouver cette passionnante exégèse).

Soudain, le Talmud !


1. Pourquoi l'Empire n'admettra jamais le tiqqun.


2. Une mystification religieuse


3. L'Empire, la police.


4. Être authentiquement hors-la-loi.