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mardi 6 juin 2017

Sacqueboute XVII

"France pleine de rancoeur, ce qu'on peut évidemment comprendre, mais dont on ne saurait excuser la violence quand elle met le feu aux agents de police ou de gendarmerie*."
Yann Moix, écrivain, in Marianne du 19 au 25 mai 2017.


      Il a raison, l'écrivain, quelle faute de goût ! C'est en musique qu'il faudrait accomplir cette œuvre, en joignant l'utile à l'agréable que diable ! A l'éthique, combinons l'esthétique ! 


  Membres de la France pleine de rancoeur mélomanes à l'entraînement.


* Les compagnons d'intervention des unités de police urbaine, les gendarmes mobiles et les compagnons républicains de sécurité possèdent des vêtements de qualité, contrairement aux manifestants. En plus de leurs casques dont la visière peut arrêter les petits calibres, de leurs protège-tibias, de leurs éléments haut de protection pare coups, ils possèdent des pantalons ignifugés, des vestes ignifugées, des polos manches longues ignifugés, et des caleçons longs ignifugés ! Or, en ce qui concerne les brûlures, tout est question de temps d’exposition, et la flamme géante provoquée par l’explosion d'un cocktail molotov ne dure qu’un instant. Le jet de ce type de projectile étant de surcroît rarissime en manifestation, quand les médias du pouvoir prétendent que l'un d'entre eux a été blessé par ce biais, ils mentent (je vous laisse finir la phrase). Les armes dites non létales des troupes du maintien de l'ordre, en revanche, mutilent, blessent grièvement, et tuent des hommes pour ainsi dire nus face aux rangées de fonctionnaires en tenues anti-émeute.


 Priviouslillonne Sacqueboute :

vendredi 3 juillet 2015

Complicités.

"Le business vaut bien une escapade diplomatique, aussi embarrassante soit-elle. En visite d’Etat en Angola — présidé par José Eduardo Dos Santos, 82 ans dont 32 de règne —, François Hollande a sacrifié à la nécessité des affaires, vendredi 3 juillet. Sans paraître trop insister sur les questions de démocratie et de droits de l’homme, pourtant problématiques dans ce pays d’Afrique australe où quinze jeunes gens travaillant à des stratégies non violentes de protestation contre le pouvoir ont été récemment arrêtés pour « rébellion » et « attentat contre le président de la République »".
Le Monde.fr, 03/07/2015.

"Je regarde le revolver qui pend sur sa hanche, la plaque officielle épinglée sur sa chemise.
- Dire que nous sommes en démocratie… je lui dis.
Il jette un coup d’œil par-dessus son épaule, puis il crache par terre et repose sa main sur le bord de la portière.
- Vous n’êtes pas tout seul… Moi je connais un type qui faisait partie du Club John Reed*. C’était quand j’étais là-bas à Boyle Heights.
- Tovarich, je lui dis.
- Ce qu’il y a d’embêtant avec les révolutions, c’est qu’elles finissent toujours par tomber dans les mauvaises mains.
- Bien d’accord.
- Mais d’un autre côté, il poursuit, ces gens-là pourraient difficilement être plus moches que la bande de michetons qui crèche dans les parages.
- Peut-être qu’un de ces jours, vous y habiterez aussi.
Il crache un coup.
- On m’offrirait cinquante sacs de rente par an, des pyjamas de crêpe georgette et un collier de perles roses assorti, que je ne voudrais pas vivre ici.
- Je m’en voudrais de vous le proposer.
- Essayez seulement. Quand vous voudrez, le jour ou la nuit. Essayez et vous verrez ce que ça vous rapportera.
- Bon, eh ben je file maintenant, et je vais me présenter à l’agent du Club.
- Dites-lui d’aller se faire voir par les Russes… de ma part.
- Je n’y manquerai pas."

Raymond Chandler.- La Grande fenêtre.

* John Reed : journaliste américain célèbre pour ses idées avancées.