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vendredi 13 janvier 2023

Sacqueboute LXXIII : Ryan Porter


    Tromboniste de jazz actuel, Ryan Porter opère la rencontre du jazz et du hip hop, ce qui le rend sacrément branché. Influencé par Herbie Hancock, on ne peut que kiffer, il fait figure de Jay Jay Johnson contemporain, autre référence plutôt sacrée. Il joue avec des musiciens passionnants comme Kamasi Washington, et invente une musique qui s'affranchit des barrières et contribue à rajeunir le public du jazz. Tant mieux ! 
 


SACQUEBOUTE
Priviouslillonne Sacqueboute :
James Morrison
Mnozil Brass
Kai Winding
Wolfgang Amadeus Mozart
Jimmy Knepper
Louis Nelson
Charlie Green
Vincent Gardner
Curtis Fuller
Jason Horn
les esprits / 2- le spectre
Samuel Blazer
l'Essaim de nuit
les esprits / 1- les furies
Kronstadt
Jörgen van Rijen
La Belle image
Kropol
les sacqueboutiers de Toulouse
Tintin
Wycliffe Gordon
Donald
Robinson Khoury
Willie Colon
Sébastien Llado
Mathias Mahler
Charles Greenlee
Dick Griffin
Guive
Voilà du boudin
Bruce Fowler
Glenn Miller
Nils Landgren
Grachan Moncur
Le Trombone illustré
Bettons Tenyue
Watt
Curtis Hasselbring
Steve Turre
Les trois trombonistes de Marc Ducret
Yves Robert
Daniel Casimir
Gary Valente
Chicago
Moon Hooch
Raymond Katarzynski
Albert Mangelsdorff
Christiane Bopp
Honoré Dutrey
Viscosity
Fred Wesley
Dave Lambert
Roswell Rudd
Curtis Fowlkes
Melba Liston
La Flûte aux trombones
La Femme tronc
Journal intime
Gunhild Carling
Nils Wogram et Root 70
Carl Fontana
Animaux
Trombone Shorty
Cinéma
Feu
Le Canadian Brass
Local Brass Quintet
Buddy Morrow
Bones Apart
J.J. Johnson
Lawrence Brown
Vinko Globokar
Les funérailles de Beethoven
Treme
Craig Harris
Mona Lisa Klaxon
Juan Tizol
Bob Brookmeyer
Daniel Zimmerman
Frank Rosolino
Rico Rodriguez
Kid Ory

lundi 26 septembre 2022

Sacqueboute LXXII : James Morrison.

[...] lorsque je m'aperçus, au comble de l'horreur et de l'étonnement, que je n'avais plus d'haleine.
Edgar Allan Poe.- Perte d'haleine.

   Temps de merde, monde asphyxiant, guerres sales, bêtes immondes. Heureusement qu'il y a des acrobates, notamment du trombone dans cette rubrique, pour nous redonner du souffle et nous changer les idées. Celui-là, James Lloyd Morrison, est un peu limité, il ne joue pas de batterie :

Cette petite fantaisie technologique, dont le genre est devenu très à la mode sous le COVID, date de 2011.

   En revanche, il joue du trombone, mais aussi de la trompette, de l’harmonica, du saxophone, de la contrebasse et du piano. Il est également compositeur.


   Il est né le 11 novembre 1962 à Sydney, État de Nouvelle-Galles du Sud, Australie.


   Virtuosité, performances de cirque, bon jazz qui groove, plein les yeux et les oreilles, et c'est bon. On respire.


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mercredi 25 mai 2022

Sacqueboute LXX : Kai Winding

   On l'a rencontré dans notre Sacqueboute XII, avec Jay Jay Johnson. Mais comme il aurait eu 100 ans le 18 mai dernier, on crée une fiche rien que pour lui. Pour fêter son anniversaire France Musique a diffusé un concert à l'Olympia de 1972, avec notamment, tenez vous bien, Dizzy Gillespie (trompette), Sonny Stitt (saxophones alto et ténor), Thelonious Monk (piano), et Art Blakey (batterie) ! J'avais trois ans, et même si j'avais déjà entendu du jazz, mon père en étant féru, j'ignorais à l'époque que ces musiciens allaient devenir des dieux pour moi, et que ma passion pour cette musique n'irait que croissant parallèlement à ma prise d'âge. C'est ici et .

Un an avant à Rotterdam. On reconnaît bien Dizzy à sa trompette coudée. A priori c'est aussi Monk au piano et Art Blakey à la batterie.

   Kai Winding (Kai Chresten Winding) - parfois orthographié Kay Winding - est né le 18 mai 1922 à Aarhus (Danemark) et est mort le 6 mai 1983 à New York. Sa famille et lui s'installent aux États-Unis en 1934. C'est une légende du jazz : il s’est fait connaître au sein des grandes formations de Benny Goodman et Stan Kenton, en 1949 il participe à l’enregistrement de « Birth Of The Cool » pour Miles Davis, tout comme J.J. Johnson, avec lequel il va entamer une longue association en duo… Mais en 1963, il se fait connaître d’un plus large public avec son interprétation très pop de « More ». C'est le thème principal du film italien « Mondo Cane » et sa version atteint la 8ème place du classement Billboard 100.


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dimanche 6 mars 2022

Sacqueboute LXIX : Jimmy Knepper

Magnifique musicien, que j'avais oublié, même si notre corpus n'est évidemment pas fermé et que l'exhaustivité y est impossible ne serait que parce que chaque jour naissent de petits trombonistes.

Né le 22 novembre 1927 à Los Angeles et mort le 14 juin 2003 à Triadelphia, c'est un jazzman américain. Il a joué et enregistré en tant que leader ou avec de grandes figures du jazz comme Woody Herman, Stan Kenton, Benny Goodman, Gil Evans, Thad Jones et Mel Lewis... mais il est surtout connu pour avoir composé et joué aux côtés de Charles Mingus de la fin des années 1950 au début des années 1960.

Il commence sa carrière en jouant dans des big bands ; celui de Woody Herman par exemple.

Entre 1957 et 1962, il est membre de plusieurs formations de Charles Mingus. La collaboration est particulièrement fructueuse... même si le tromboniste doit parfois souffrir du caractère pour le moins excessif du leader. On peut entendre Knepper sur les albums The clown, Tijuana moods, East coasting, A modern jazz symposium of music and poetry (1957), Blues & roots, Mingus ah um, Mingus dynasty (1959), Pre-bird, Reincarnation of a love bird (1960), Tonight at noon (1961).

En 1962, alors qu'il se préparait pour un concert à New York, Knepper, frappé par le contrebassiste, perd un fragment de dent. Cette blessure l'empêchera de jouer dans le registre supérieur de son instrument pendant plusieurs années. Mingus écope d'une peine avec sursis pour "third-degree assault". Cet incident scelle la fin de la collaboration entre les deux hommes. Knepper jouera cependant de nouveau avec Mingus dans les années 1970.

Durant la même période 57-62, Knepper travaille aussi chez Stan Kenton (1959), Gil Evans, Benny Goodman (en 1962, pour la fameuse tournée en URSS organisée par le ministère des affaires étrangères). Il enregistre par ailleurs quelques albums sous son nom.

À la fin des années 1960, il est essentiellement musicien indépendant. Il joue, entre autres, dans des orchestres accompagnant des comédies musicales de Broadway. De 1968 à 1974, il est membre du Thad Jones / Mel Lewis orchestra. Durant la même période, il joue avec le Lee Konitz nonet et le groupe Mingus dynasty.

Dans les années 1980/90s, Knepper, de nouveau musicien "free lance", se produit essentiellement en Europe. Il est par ailleurs membre "régulier" de Mingus Dynasty.

Début 2000, il est atteint de la maladie de Parkinson. Il décède en 2003.

Mon ami Yves, de l'émission Jazzlib', à écouter tous les premiers et troisièmes jeudis de chaque mois de 19h30 à 22h (deux heures et demie de jazz !) sur Radio libertaire, podcastable ici sur pas loin de deux ans, m'a recommandé le superbe album Cunninbirds, avec George Mraz, Roland Hanna, Al Cohn, et le batteur inséparable de Mingus Danny Richmond. Une pure merveille d'après lui, et je confirme !



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vendredi 14 janvier 2022

mardi 30 novembre 2021

J't'enfume tu laisses couler

     Vous connaissez ce tube intersidéral des chenapans britanniques de Deep Purple, 1972, un sacré jackpot pour les hard rockeurs.


     Et bien plagiat, encore un.

     Car écoutez maintenant cette chanson de la chanteuse Astrud Gilberto arrangée par l'arrangeur dont tous les arrangeurs d'hier et d'aujourd'hui se réclament (Vince Mendoza...), qu'Ennio Morricone a forcément écouté en boucle avant d'écrire pour Leone, l'éminence grise et ami de Miles Davis, qui a arrangé trois parmi ses meilleurs albums, ce génial musicien resté dans l'ombre, qui avait même commencé un disque de reprises de Jimmy Hendrix avec ce dernier, malheureusement mort alors que l'orchestre répétait encore : Gil Evans. 1966. Ecoutez son piano.


     Gil Evans, élégant, ayant d'autres beautés à créer, à laissé les gosses gâtés jouer tranquille.

vendredi 19 novembre 2021

La dose de Wrobly : brumaire 2021 EC


   Bon, Wroblewski a pu lire un peu plus ce mois-ci. La cause en est qu'il s'est fait voler son sac à dos à Ménilmuche pendant qu'il soufflait dans son trombone lors d'un petit concert à un mini salon de la presse alternative devant une librairie. Dedans il y avait la masse sur l'art japonais qu'il déchiffre péniblement depuis des mois. Il l'avait presque terminé, il en était aux annexes, plus précisément à la liste des musées des quatre grandes îles et peut-être des plus petites. Mais le renard, qui devait en avoir besoin, être à des sortes d'abois, ayant profité de l'attroupement joyeux autour des souffleurs et des frappeurs, a fait disparaître ce volume qui a pris pas mal de temps et d'efforts de concentration à Wrobly, certes, mais qui lui a aussi procuré curiosité et instruction. Le voleur a un peu accéléré les chose. Heureusement c'était l'automne et ses températures plus basses, toutes les laisses portatives du monde moderne, papiers, cartes et passes, fric, clés, étaient dans les poches du blouson du musico du dimanche, et pas dans son sac, comme en été qu'il se balade en tee shirt. Mais il y perdit un K-Way, le bouquin en question, un agenda, et, un peu plus chiant, ses lunettes. Depuis il fait avec des anciennes, et a pris rendes-vous chez l'ophtalmo pour début déccembre. Ca ne l'a pas empêché de bouffer du papier imprimé relié.

- Nanni Balestrini.- Black out.
"le pouvoir d'un côté et les jeunes de l'autre

ce trouble-fête de 1968 n'en finira jamais

tout le monde a essayé de récupérer les jeunes
[...]
tout ce qui en 1968 était encore latent ou indéterminé s'est maintenant radicalisé

sa cohérence révolutionnaire dont on voudrait se débarasser pour rêver en paix
[...]
Fiat craint leur haine pour l'usine
[...]
ce sont surtout les contremaîtres qui sentent sur leur peau leur mépris
[...]
ces jeunes arrivent d'une autre planète a-t-il commenté

pour travailler ils travaillent mais dès que la sirène sonne ils détalent comme des lièvres s'ils peuvent ils se mettent en maladie
ils garaient des camions de location devant le magasin et chargeaient calmement des divans-lits des armoires des frigos des téléviseurs
[...]
qui veut des téléviseurs a crié quelqu'un en découvrant un stock à la lumière faiblarde des bougies ici en haut il y a des guitares et des saxos annonce un autre
[...]
une femme m'a téléphoné pour me dire ils passent dans Bushwick avenue on dirait des buffles

une jeune femme qui s'était présentée sous le nom d'Afreeka Omfrees a dit vraiment c'est quelque chose de merveilleux tout le monde est rassemblé dans les rues il y a une atmosphère de party

une femme de cinquante ans son panier à provision au bras entre dans le magasin en disant aujourd'hui on fait son marché gratis
[...]
un jeune homme deux saxos sous le bras m'a arrêté et m'a dit il y a cinq ans à Brooklyn j'ai été obligé de mettre en gage mon sax et maintenant je vais me remettre à jouer encore"

- Choderlos de Laclos.- Critique littéraire.
   Ah ! les Lumières ! Dommage que ça se soit fini en eau de boudin, c'était quand même un très bon esprit !
   "Les amis de la liberté et de l'égalité apprendront ici avec plaisir que La Pérouse avait, dès 1786, les idées libérales qui n'ont été proclamées ouvertement en France qu'en 1789. Le passage suivant en fournit une preuve frappante : "Quoique les Français, dit-il, fussent les premiers qui, dans ces derniers temps, eussent abordé sur l'île de Mowée, je ne crus pas devoir en prendre possession au nom du roi. Les usages des Européens sont à cet égard complètement ridicules. Les philosophes doivent gémir sans doute, de voir que des hommes, par cela seul qu'ils ont des canons et des baïonnettes, comptent pour rien 60 000 de leurs semblables ; que, sans respect pour leurs droits les plus sacrés, ils regardent comme un objet de conquête une terre que ses habitants ont arrosée de leur sueur et qui, depuis des siècles, sert de tombeau à leurs ancêtres. Ces peuples ont heureusement été connus à une époque où la religion ne servait plus de prétexte à la violence et à la cupidité.""

   Si ils savaient !...

- Sébastien Navarro.- Péage sud.
   Une des plus insolites révolutions sémantiques du XXIème siècle débutant : le jaune, de mouchard patronal, de traître à sa classe, est passé émeutier déter', insurgé rentre-dedans, plèbe à bout bouillant spontanément !

   "- Je travaille de 6 heures du matin à minuit pour un salaire de 1000 balles. J'ai le dos cassé. J'en peux plus. Le matin, je dois être au poste à 5h55. Dès que ça sonne, je dois m'activer. Pas de temps mort. Des heures à transporter des palettes. S'il manque un ou deux mecs, le patron s'en bat les couilles. C'est à moi de boucher les trous. Pour le même salaire évidemment. Je cours partout. Pour le patron c'est tout bénéf. D'ailleurs il a rejoint les foulards rouges*. Mais moi c'est décidé, je le plaque. J'arrête. Je me fous au chômage.

   Au rond point, il n'y a que trois clampins. Dont JP, le gendarme retraité. Je lui parle du texto reçu. Paraît que ça se corse. JP nous affranchit : il y a une AG sur le parking du Lidl. On peut dire que les gilets ont le chic pour trouver les endroits les plus sexy où se réunir : après les ronds-points gazolés, les parkings de supermarché low-cost."

* Ephémère mouvement pro-Macaron.
- Marcel Aymé.- Confidences et propos littéraires.
   "Au fond de notre coeur, nous nous refusons instinctivement à admettre que l'un de nous puisse être jugé par ses semblables revêtus de toges et de peaux de lapin.
   Nous ne croyons ni à leur infaillibilité, ni au pouvoir dont ils sont investis par la société de faire jaillir une vérité même incertaine et tremblotante, et nous avons besoin de faire appel à notre raison pour reconnaître la nécessité des tribunaux dont les sentences, rendues avec majesté, ne sont à tout prendre que des opérations de police du deuxième degré. Du reste, l'expérience confirme souvent, trop souvent, le bien fondé des avertissements que nous prodigue notre instinct.
   [...] on n'a vu aucun procureur, aucun président de cour d'assises confesser publiquement qu'ils avaient sur des données entièrement fausses expédié des innocents au bagne et à la guillotine. A combien s'est-il élevé le nombre de leurs victimes ? Encore ces serviteurs de la justice étaient-ils de bonne foi.
   Mais que dire des juges de la Libération qui condamnèrent par timidité, par veulerie, pour ne pas entrer en conflit avec le nouveau pouvoir ? Il est rare que l'histoire ratifie les condamnations prononcées contre des prévenus politiques. Qui donc, de nos jours, peut songer sans écœurement à la férocité des conseils de guerre de 1871 ?
   Cela dit et considéré, il faut convenir que la peine de mort est une périlleuse aventure pour la justice dont elle compromet sérieusement la majesté sinon l'exercice. Faut-il ajouter qu'elle est encore plus périlleuse pour ceux qui en sont les victimes ?
   L'innocent expédié au bagne peut encore espérer une réparation, mais celui qui meurt sous le couperet ou sous les balles du peloton d'exécution n'a plus à compter que sur le tribunal du jugement dernier. On comprend d'ailleurs mal pourquoi, en France, le mépris public demeure attaché à la profession de bourreau alors que la carrière d'un magistrat ayant obtenu la mort de ses semblables se poursuit dans les honneurs.
   S'il est vrai que le second serve la société, le premier en peut dire autant. Pour ma part je trouve indécent et révoltant qu'un monsieur puisse, le cul sur un fauteuil et sans courir le moindre risque, réclamer avec des effets de manche la mort d'un homme, coupable ou non."
Arts, 25 mars 1959.

- Serge Truffaut.- Les Résistants du jazz.
   Un très beau livre, superbement illustré, et instructif, puisqu'il nous permet de mieux connaître, ou de découvrir, des "mi-moyens" du jazz américain, qui sont aussi de somptueux musicos, dont la biographie est retracée avec une verve parfois polémique, en lien avec le contexte social, géographique, culturel, historique... de leur apparition, du chemin qu'ils ont tracé, de l'héritage qu'ils on laissé : Red Garland, Charlie Rouse, Lee Morgan, Julius Hemphill, Horace Silver, Gerry Mulligan, Mal Waldron, Jackie McLean, Lester Bowie, Johnny Hodges, Hampton Hawes, Dinah Washington, Paul Desmond, Duke Jordan, Sun Ra, Johnny Griffin, Art Blakey, Eddie "Lockjaw" Davis, Gil Evans, Ray Bryant, Don Cherry, Booker Ervin, Donald Byrd, Mary Lou Williams, Rahsaan Roland Kirk, Stanley Turrentine, Shelly Manne, Ben Webster, Zoot Sims, Randy Weston, Buck Clayton, Horace Parlan, Hank Mobley, Roswell Rudd, Max Roach, Art Pepper, Dr John, Cannonball Adderley, Elvin Jones. Quatre pépinières de jazz sont également décrites dans leurs différents apports à la grande fructification de cette musique libertaire, free jazz ou pas : Detroit, Kansas City,...

Comme y a 37 mecs pour 2 nanas, on discrimine positivement.

   "De leur vivant, Billie Holiday, Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan furent célèbres et le demeurent. Dinah Washington, elle, fut populaire et le reste. Dans les ghettos, dans les lieux où les intonations du blues doivent être claires, nettes, que ce soit dans le jazz, le rhythm and blues et autres genres ou sous-genres.
[...]
   Tout au long des années 50, elle va aligner des hits : I Won't Cry Anymore, Come Rain Or Come Shine, Am I Blue ?, My Heart Cries For You, Cry Me A River, All Of Me, Make The Man Love Me et une floppée d'autres titres. Certains ont été arrangés et orchestrés par Quincy Jones. D'autres ont été réalisés en compagnie des poids lourds du bebop comme Max Roach, Clifford Brown Richie Powell et consorts quand elle n'était pas invitée par Count Basie et Duke Ellington.
   Mais voilà, sa gourmandise vocale devait lui jouer un sale tour de la fin des années 1950 à son décès le 14 décembre 1963. Elle fit de la pop, du sirop, du très sirupeux. Elle a enregistré une quantité de pièces noyées par des dizaines de cordes. Non seulement ça, elle fera même du Hank Williams. Tout ça sans jamais, il faut le souligner, gommer les accents du blues.
   Reste que cette déviation vers des genres jugés trop populaires, donc trop vulgaires, par les critiques "branchés" de l'époque devait lui valoir un chapelet de réactions toues formulées à l'enseigne du mépris. on précisera même : le mépris de classe."

- Lawrence Block.- Drôles de coups de canifs.
   Entre deux réunions des AA, Scudder se fait pote avec un boucher (c'est une métaphore, et un surnom), et démasque le tueur gentrifieur, dans un New York ou la spéculation immobilière interdit désormais et de plus en plus aux pauvres la possibilité de se loger. On se croirait à Paris.

mardi 7 septembre 2021

Sacqueboute LVII : Charlie Green


   L’impératrice du blues Bessie Smith avait ses accompagnateurs habituels préférés, si bien qu’elle n’a pas conservé un souvenir impérissable de Louis Armstrong, trompettiste à peine connu à l’époque qui, en 1925, participa à trois séances de disque à New York avec elle, alors que lui-même en a toujours gardé une empreinte importante. La chanteuse avait notamment comme chouchou le tromboniste de l’orchestre de Fletcher Henderson Charlie Green, à qui elle a dédié une chanson. Celui-ci, alcoolique, avait une marotte : ayant une bouteille dans la poche gauche de sa veste intérieure, il avait fait un trou par la pochette, par lequel une paille allait rejoindre le précieux liquide. Grâce à ce stratégème, après avoir soufflé dans son instrument, il pouvait tourner la tête et siffler l’alcool par la paille, ce dont il ne se privait pas. Fletcher Henderson a longtemps essayé de savoir comment son tromboniste se débrouillait pour être soûl à la fin du concert. Armstrong, petit jeunot choqué de l’épique équipe de l’époque, se plaignit que les musiciens de Fletcher ne respectaient pas la musique.

Fletcher Henderson.- Trombone Cholly. Bessie Smith (voix), Joe Smith (cornet), Charlie Green (trombone), Fletcher Henderson (piano).

Walter Melrose / Joe ""King"" Oliver.- Sugar Foot Stomp. Fletcher Henderson (direction, piano), Louis Armstrong (cornet), Joe Smith (trompette), Elmer Chambers (trompette), Charlie Green (trombone), Buster Bailey (clarinette), Don Redman (saxophone alto), Coleman Hawkins (saxophone ténor), Charlie Dixon (banjo), Ralph Escudero (tuba), Kaiser Marshall (batterie).


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lundi 14 juin 2021

Sacqueboute LVI : Vincent Gardner


   Vincent Gardner est né à Chicago en 1972 et a grandi en Virginie. Après avoir chanté, joué du piano, du violon, du saxophone et du cor d'harmonie dans ses jeunes années, il se décide pour le trombone à 12 ans. Je le connais surtout pour sa participation à l'orchestre Jazz at Lincoln Center, en tant qu'instrumentiste, mais aussi en tant qu'arrangeur de nombreux morceaux. Rappelons que le Jazz at Lincoln Center Orchestra (JLCO) est un orchestre de jazz professionnel fondé en 1988 et en résidence au Jazz at Lincoln Center de New York depuis 1991. Il rassemble quinze des meilleurs musiciens d'ensemble d'aujourd'hui et est actuellement dirigé par le trompettiste Wynton Marsalis, ce célèbre trompettiste de la Nouvelle Orléans un peu controversé pour son supposé académisme, son revival d'un jazz "à la papa", selon l'expression employée par un ami qui à commencé à cette époque à ne plus cesser de me décevoir, à propos de la chanteuse Shirley Horn que nous étions allés voir en première partie de Chick Corea. Pour moi, n'étant pas assez érudit pour être avant-gardiste, la famille Marsalis demeure une légende et le big band de Wynton demeure une merveilleuse machine à procurer bonheur. Vincent Gardner en est un des piliers (il y a aussi d'autres trombonistes, dont Chris Crenshaw, sur lequel nous reviendrons), et ça réconcilie avec soi, le monde et l'humanité.

Wynton Marsalis

On commence tout doux avec un All blues (de Miles Davis) bien trituré.

Et on poursuit avec le concert Jazz In the Key of Life du Jazz at Lincoln Center Orchestra. Dommage qu'il y ait une traduction automatique, qui nous présente notamment Vincent "jardinier"...

SACQUEBOUTE
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jeudi 13 mai 2021

Sacqueboute LV : Curtis Fuller

     Bon, quittons l'anecdotique et l'amateurisme pour nous replonger dans la légende. En général je ne suis pas un bon pratiquant de la nécro, trop lent, trop décalé par rapport à la sainte actualité en temps réel. Et je remercie Dror de m'avoir signalé cette perte, d'autant que je pensais à lui la veille (à Curtis, pas à Dror) après avoir entendu son nom une fois de plus (ça devait être sur un podcast de France Musique), mais pas à propos de son décès évidemment. 

      Qui est Curtis Fuller ? Un des derniers géants du jazz. Même si c'est un peu bête de dire ça, car il y aura toujours des géants qui mourront, nés un peu plus tard à chaque fois. Celui-ci n'était pas aussi célèbre que John Coltrane, par exemple, avec qui il a joué (voir ci-dessous), je pense qu'il a été surtout sideman, non leader (après consultation de tata Wiki, j'apprends qu'il a quand même enregistré de 1957 à 2012 31 albums en tant que leader !). Personnellement, passionné de jazz mais non érudit, je connaissais son nom, entendu dans l'énumération des musiciens de tel ou tel enregistrement par ci par là, mais pas beaucoup plus, même s'il jouait de mon instrument de prédilection.

       Il a fait notamment partie de l'équipe de choc du génial album, Blue Train de Coltrane. Ecoutez son solo sur Moment's notice, à la minute 2.50. Pêchu et speed, tout en restant décontracté, magnifique.


     Il serait plus simple d'énumérer les musiciens avec lesquels il n'a pas joué, comme aime le dire souvent notre ami Yves, de l'émission Jazzlib' sur Radio Libertaire les 1ers et 3èmes jeudis de chaque mois, mais on peut citer entre autres : les frangins Adderley, Art Blakey, Bob Brookmeyer , Paul Chambers, Miles Davis, Kenny Dorham, Gil Evans, Dizzy Gillespie, Joe Henderson, Freddie Hubbard, Quincy Jones, Yusef Lateef, Abbey Lincoln, Lee Morgan, Bud Powell, Wayne Shorter... 
 
     Au pif quelques vidéos, mais vous avez tout Youtube, et essayez de trouver ses disques ou fichiers audio...




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