Des femmes qui reprennent des hommes, et le résultat est enthousiasmant. Que dire des originaux ? Nanard, moi, je l'ai toujours bien aimé. Depuis ses reprises du Christ en bois de Couté ou de la Chanson Dada de Tzara, jusqu'à ses derniers albums, en passant par Pouvoirs, Etat d'urgence, etc.. C'est un artiste prolifique et qui n'a jamais retourné sa veste, en tout cas dans son œuvre. Sa vie, je ne la connais pas. Quant aux Pink Floyd, ça a été une grande baffe quand j'ai découvert, petit, musicalement et philosophiquement. Je n'ai lu 1984 que tardivement, mais The Wall m'a envoyé le totalitarisme en pleine poire en passant par les sens, et moi qui ai très mal vécu l'école, dans la peur, l'ennui et la déprime (je suis un garçon fragile), quand mes parents m'ont offert (ou à mon frère, moi j'ai peut-être eu un Bob Dylan) le 45 tours du titre Another Brick in the Wall, j'ai méchamment kiffé. Je crois bien que si je n'étais pas tombé dans le métal un peu après (et difficile de repasser du métal à d'autres musiques plus mainstream quand on est ado), Pink Floyd aurait été un de mes groupes fétiches. J'aime toujours beaucoup, notamment Roger Waters.
"Puis y a un truc qui fait masse."
Boris Bergman
"Croire, c'est vouloir avec passion..."
Michel Bakounine
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mardi 19 février 2019
Les reprises insolites II
Clés des champs magnétiques :
Lavilliers Bernard,
Pink Floyd
mercredi 6 décembre 2017
Les chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles IV
Bon, le sens global, je le comprends. C'est une chanson de révolte, d'insoumission face aux normes de survie ordinaires dans une société du Travail, capitaliste, bourgeoise, épicière, voir spectaculaire-marchande et technocratique. Le souffle du nomadisme et des grandes steppes, fut-il métaphorique, souffle sur ce texte. Mais certaines choses m'échappent tout de même. Y a-t-til ue référence au chef-d'oeuvre de style prophétique, même si ses visions firent long feu, Hurrah ou la révolution par les cosaques, du quarante-huitard exilé et jamais résigné jusqu'à sa mort dans la misère Ernest Coeurderoy (ses "cosaques" déferlants sur la vieille Europe pourrie sont en fait des mongols, les fameux kalmouks du prince Tumène) ? Et n'y a-t-il pas une référence à Rimbaud quelque part ? En tous cas, cette chanson m'a bien fait vibrer quand j'étais minot, sur le 33 tour Etat d'urgence (tiens... tiens...) dont le titre Idées noires était aussi excellent. Oserai-je vous le dire ? Nanard a repris ces deux titres à l'Olympia vendredi... quand je suis allé le voir avec mon frangin. Sortie de vieux, ça nous a rappelé nos 15 ou 17 ans quand on l'avait vu au Zénith...
Le Clan Mongol
Je n'ai pas une minute à perdre
J'écris
Il est cinq heures et je précède
La nuit
Mon feutre noir sur le papier
Va vite
Pendant que ma lucidité
Me quitte
J'écris c'que j'ai vu
Diagramme des détresses
Le collier, la laisse
Je n'supporte plus
Vinyl de la rue
Fantôme de la vitesse
Tous ceux que je blesse
Je n'm'en souviens plus
J'ai atteint la date limite
Pour le suicide idéal
La date que j'avais inscrite
A quinze ans dans mon journal
Je croyais, la vie passe vite
Je croyais, je n'crois plus en rien
Es-tu prêt à mourir demain?
Es-tu prêt à partir si vite?
Les yeux baissés tu ne dis rien
J'ai atteint la date limite
Je ne suis plus de votre race
Je suis du clan Mongol
Je n'ai jamais suivi vos traces
Vos habitudes molles
J'ai forgé mon corps pour la casse
J'ai cassé ma voix pour le cri
Un autre est là qui prend ma place
Un autre dicte et moi j'écris
L'autre
Je suis l'autre
Venez entendre la fissure
Le cri
De la sensibilité pure
Celui
Qui se dédouble et qui s'affronte
La nuit
Celui du sang et de la honte
Folie
Folie que j'ai vue
A l'angle des stress
Dans la jungle épaisse
Des mots inconnus
Je vois ou j'ai vu
Hôpital silence
Tout ce que je pense
Je n'm'en souviens plus
J'ai dépassé la limite
Du scénar original
Rien à voir avec le mythe
Etalé dans le journal
Tu croyais, la vie passe vite
Tu croyais, tu n'crois plus en rien
Je suis prêt à mourir demain
Je suis prêt à partir très vite
Regard d'acier je ne dis rien
J'ai dépassé la limite
Je ne suis plus de votre race
Je suis du clan Mongol
Je n'ai jamais suivi vos traces
Vos habitudes molles
J'ai forgé mon corps pour la casse
J'ai cassé ma voix pour le cri
Un autre est là qui prend ma place
Un autre dicte et moi j'écris
L'autre
Je suis l'autre
Les autres chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles :
- Soleil cherche futur
- Bombez !
- Mon sissoyen
Dernière minute :
On avait déjà évoqué son impétueux talent ici, mais l'ami Dror de l'indispensable blog Entre les oreilles me transmet cette nouveauté : la multi-instrumentiste Gunhild Carling y reprend le Happy de Pharrell Williams en jouant de dix instruments différents ! Merci à lui !
Clés des champs magnétiques :
Carling Gunhild,
chanson,
Lavilliers Bernard
lundi 10 juillet 2017
Sachons rester jeune
Et puis la tradition par ce côté répétitif s’oppose à ce renouvellement continu qui est le propre de la production marchande. En matière de musique commerciale - qui d’ailleurs ne veut pas forcément dire mauvaise musique, la question n’est pas là - c’est, comme pour les fringues, la mode qui commande… Un style, un son sont vite démodés et deviennent oldies… A l’inverse les gens qui participent à une occasion rituelle attendent précisément quelque chose, certains sons. Quand je vais dans ces fêtes, je sais d’avance ce que je vais entendre et voir, mais je ne sais pas selon quelle intensité…Alèssi dell'Umbria
Wha l’autre hé ! c’est des trucs de vieux ! me suis-je entendu moquer quand je reprenais du Brassens ou suggérait de chanter du Barbara au repas de fin d’année de la chorale. Des trucs de vieux ! Mais pour ces vieillis prématurés du goût par les scies des radios commerciales ou des télés, tout ce qui est de qualité sera, dans le renversement idéologique qu’on connait, un truc de vieux.
Bref.
Pour prouver que je sais rester jeune, voici un chanteur que j’ai découvert très brièvement, par trois occurrences radiophoniques espacées, sur une fréquence dénuée de pub, d’actionnaire et de financement d’Etat, et qui m’a accroché l’oreille. J’ai trouvé qu’il avait un son bonne variété (j’y suis nul, mais ça m’a évoqué Calogero), qui ne déparerait pas sur une radio commerciale - où trop souvent la chanson non crétinisante, avec son côté « rive gauche », passerait pour ringarde - et des paroles intelligentes à première écoute.
Peut-être un côté « de gauche » un peu gênant, et les textes d’icônes indignées apparaissant sur la vidéo ci-dessous pourraient rebuter les plus avancés d'entre nous...
N'empêche qu'avec un mélodie comme ça, la voix et les arrangements qui vont bien, s'il avait mis des paroles sérieuses sur le refrain par exemple, je sais pas moi :
En camping
Dans le vent
Suis-je digne-
Ment son amant ?
Sur la rive
Viens on danse !
Vibre ! Vibre !
Ma Laurence !
... il avait toutes les radios de jeunes avec lui, et allez les NRJ, les Skyrock, les Chéri FM, et même les jeunes vieux de Nostalgie en prime. Mais merde, c’est l’été, ne boudons pas notre plaisir, on peut parfois avoir envie d’un truc plus easy listening que Stravinsky de temps à autres, quand même, non ?
En plus il chante avec Nanard, Lavillos, qui, même quand on ne le suit pas toujours quand il fait l’apologie de Chavez ou du travail sidérurgique (mais il le fait si bien !), reste notre fort des Halles anar de la chanson préféré, qu’on a envie d’aimer sans écouter les médisants. C’est l’été, merde !
Clés des champs magnétiques :
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Lavilliers Bernard,
Mokaiesh Cyril
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