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dimanche 6 mars 2022

Sacqueboute LXIX : Jimmy Knepper

Magnifique musicien, que j'avais oublié, même si notre corpus n'est évidemment pas fermé et que l'exhaustivité y est impossible ne serait que parce que chaque jour naissent de petits trombonistes.

Né le 22 novembre 1927 à Los Angeles et mort le 14 juin 2003 à Triadelphia, c'est un jazzman américain. Il a joué et enregistré en tant que leader ou avec de grandes figures du jazz comme Woody Herman, Stan Kenton, Benny Goodman, Gil Evans, Thad Jones et Mel Lewis... mais il est surtout connu pour avoir composé et joué aux côtés de Charles Mingus de la fin des années 1950 au début des années 1960.

Il commence sa carrière en jouant dans des big bands ; celui de Woody Herman par exemple.

Entre 1957 et 1962, il est membre de plusieurs formations de Charles Mingus. La collaboration est particulièrement fructueuse... même si le tromboniste doit parfois souffrir du caractère pour le moins excessif du leader. On peut entendre Knepper sur les albums The clown, Tijuana moods, East coasting, A modern jazz symposium of music and poetry (1957), Blues & roots, Mingus ah um, Mingus dynasty (1959), Pre-bird, Reincarnation of a love bird (1960), Tonight at noon (1961).

En 1962, alors qu'il se préparait pour un concert à New York, Knepper, frappé par le contrebassiste, perd un fragment de dent. Cette blessure l'empêchera de jouer dans le registre supérieur de son instrument pendant plusieurs années. Mingus écope d'une peine avec sursis pour "third-degree assault". Cet incident scelle la fin de la collaboration entre les deux hommes. Knepper jouera cependant de nouveau avec Mingus dans les années 1970.

Durant la même période 57-62, Knepper travaille aussi chez Stan Kenton (1959), Gil Evans, Benny Goodman (en 1962, pour la fameuse tournée en URSS organisée par le ministère des affaires étrangères). Il enregistre par ailleurs quelques albums sous son nom.

À la fin des années 1960, il est essentiellement musicien indépendant. Il joue, entre autres, dans des orchestres accompagnant des comédies musicales de Broadway. De 1968 à 1974, il est membre du Thad Jones / Mel Lewis orchestra. Durant la même période, il joue avec le Lee Konitz nonet et le groupe Mingus dynasty.

Dans les années 1980/90s, Knepper, de nouveau musicien "free lance", se produit essentiellement en Europe. Il est par ailleurs membre "régulier" de Mingus Dynasty.

Début 2000, il est atteint de la maladie de Parkinson. Il décède en 2003.

Mon ami Yves, de l'émission Jazzlib', à écouter tous les premiers et troisièmes jeudis de chaque mois de 19h30 à 22h (deux heures et demie de jazz !) sur Radio libertaire, podcastable ici sur pas loin de deux ans, m'a recommandé le superbe album Cunninbirds, avec George Mraz, Roland Hanna, Al Cohn, et le batteur inséparable de Mingus Danny Richmond. Une pure merveille d'après lui, et je confirme !



SACQUEBOUTE
Priviouslillonne Sacqueboute :
Louis Nelson
Charlie Green
Vincent Gardner
Curtis Fuller
Jason Horn
les esprits / 2- le spectre
Samuel Blazer
l'Essaim de nuit
les esprits / 1- les furies
Kronstadt
Jörgen van Rijen
La Belle image
Kropol
les sacqueboutiers de Toulouse
Tintin
Wycliffe Gordon
Donald
Robinson Khoury
Willie Colon
Sébastien Llado
Mathias Mahler
Charles Greenlee
Dick Griffin
Guive
Voilà du boudin
Bruce Fowler
Glenn Miller
Nils Landgren
Grachan Moncur
Le Trombone illustré
Bettons Tenyue
Watt
Curtis Hasselbring
Steve Turre
Les trois trombonistes de Marc Ducret
Yves Robert
Daniel Casimir
Gary Valente
Chicago
Moon Hooch
Raymond Katarzynski
Albert Mangelsdorff
Christiane Bopp
Honoré Dutrey
Viscosity
Fred Wesley
Dave Lambert
Roswell Rudd
Curtis Fowlkes
Melba Liston
La Flûte aux trombones
La Femme tronc
Journal intime
Gunhild Carling
Nils Wogram et Root 70
Carl Fontana
Animaux
Trombone Shorty
Cinéma
Feu
Le Canadian Brass
Local Brass Quintet
Buddy Morrow
Bones Apart
J.J. Johnson
Lawrence Brown
Vinko Globokar
Les funérailles de Beethoven
Treme
Craig Harris
Mona Lisa Klaxon
Juan Tizol
Bob Brookmeyer
Daniel Zimmerman
Frank Rosolino
Rico Rodriguez
Kid Ory

vendredi 8 février 2019

Un plagieur bien singulier

"J'aime l'araignée et j'aime l'ortie, parce qu'on les hait... parce que l'ortie est une couleuvre, l'araignée un gueux."
Victor Hugo.



 L’œuf ou la poule ? Les plus anciens d'entre nous se souviennent certainement du générique du dessin animé L'Araignée (Spiderman dans le texte), évoqué déjà ici. Vous l'avez bien dans l'oreille ? Alors écoutez ça :

Charles Mingus.- Boogie Stop Shuffle extrait de « Mingus Ah Um », 1959. Avec très certainement Dany Richmond à la batterie, comme d'hab'.

 Je vous remets la petite rengaine du type en collant quand même :


 Alors, pompé ou pas pompé ? En entendant le Mingus c'est irrésistible, du mal copié, mais du copié, et du collé (le Mingus est évidemment antérieur au cartoon). J'imagine que si un musicien décortiquait vraiment les deux morceaux, il n'y aurait pas grand chose en commun, mais... difficile de ne pas imaginer que le compositeur du générique (début des 60's) ne connaissait pas Mingus . En tout cas, a priori il n'y a pas eu de procès ou d'histoires de droits... Si vous en savez plus...

Mais laissons la dernière note au Ramones :


 Quant à la véritable histoire de l'araignée et de son fix redoutable, il n'y en a qu'une, et c'est ma dernière actu ciné qui me l'a révélée :
 
Gianfranco Mingozzi.- La Taranta, 1961.

Bibliographie :

- Blanc William.- Super-héros, une histoire politique.- Libertalia.
- Dell'Umbria Alèssi.- Tarentella ! Possession et dépossession dans l'ex-royaume de Naples.- L'oeil d'or.
- Mingus Charlie.- Moins qu'un chien.- Parenthèses.
- Belhomme Guillaume.- Jazz en 150 figures.- Du Layeur.

mercredi 18 février 2015

En France ça devient grave.

En France, on a actuellement une tripotée de contrebassistes qui créent tous azimuts. Vous ne les verrez pas à la radio et vous ne les entendrez pas à la télévision, commerciales ou d’Etat. Enfin, il faut que je reste honnête, ça fait tellement longtemps que j’ai arraché la perfusion que finalement, je n’en sais fichtre rien. Je suis rempli de préjugés.

Le contrebassiste, comme le caissier discount, est un produit de la précarité sociale. En effet, nombre d’entre eux sont à l’origine des violonistes, qui ont finalement opté pour la gravité faute de jobs suffisants dans leur première spécialité. Ron Carter, contrebassiste de l’historique quintette de Miles Davis dans les 60’s, lui, était violoncelliste de formation. Par ailleurs il pourrait très bien exister des contrebassistes caissiers discount.

En voici quelques-uns actifs actuellement dans nos régions : Jacques Vidal, avec Cuernavaca, un hommage à Rémy* Mingus.




Patrice Caratini avec Body and Soul, un album qui reprend l’accompagnement musical live du film muet du même nom d’Oscar Micheaux, réalisateur noir américain (1925). Sur le titre éponyme, on entend la pluie tomber en averse sur le cinéma, grandiose.



Gilles Naturel avec Contrapuntic Jazz Band - Act2. Le contrepoint, vous savez c’est un peu comme un canon, quand on chante Frère Jacques, qu’une personne commence, puis la seconde démarre en décalé, etc. C’est un peu plus compliqué mais le principe est là, je crois. Ca se fait pas mal en musique classique, chez Bach notamment. Et pour corser et intéresser le tout il n’y a pas de piano dans cet orchestre.




Je pourrais parler aussi de l’excellent Henri Texier, ou du non moins sublime Ricardo del Fra (qui lui est italien).

Et puis de ce géant d’outre Atlantique, un des créateurs du free jazz, arrêté par la police secrète du Portugal deux ans avant la révolution des œillets parce qu’il soutenait des opposants lors d’une tournée, et ayant repris des chansons de la guerre d’Espagne avec le Liberation Music Orchestra, mort en juillet dernier, Ali* Haden…

*Les prénoms ont été changés par goût de la diversité et saturation spectaculaire.