La Plèbe souhaite présenter ses excuses pour la façon dont les hommes politiques ont été présentés au long de ses posts.
Il n'a jamais été dans notre intention d'insinuer que les politiciens sont des mous du genou, des opportunistes plus préoccupés par leurs vendettas personnelles et leurs luttes privées que par le service de l'Etat.
Il n'était pas non plus dans notre intention de laisser entendre qu'ils perdent toute crédibilité en empêchant tout débat sur la trompeuse impression que l'unité des partis passe avant le bien être des gens qu'ils sont censés représenter.
Ni même de laisser croire à quelque moment que ce soit qu'ils ne sont que des petits lèche-bottes chamailleurs qui se fichent complètement des problèmes sociaux du pays.
Ni d'inciter les lecteurs à voir en eux des vermines égoïstes et variqueuses, avec du poil aux pattes, un penchant marqué pour l'alcool et des pratiques sexuelles d'une nature propre à choquer.
Pardonnez-nous si, au final, c'est cette impression qui l'emporte.
Enfin il y a la catégorie des croyants amoureux. C'est la moins nombreuse, la plus aimable, mais non la moins dangereuse. Lorsque la société, fatiguée des mensonges des uns et de la cruauté des autres, semble vouloir se dégoûter d'une religion qui produit tant de misère et d'horreurs, on lui montre quelque saint homme simple, bon, borné, et à son aspect sympathique, vénérable, les suspicions et les rancunes tombent. Ces hommes sont très rares ; aussi les chefs des Eglises les apprécient-ils beaucoup, et savent ordinairement en tirer un excellent usage. C'est ainsi qu'à l'époque où les persécutions cruelles des Jésuites contre les protestants, les Vaudois, ensanglantaient la Savoie, il y avait dans l'ordre même des Jésuites, en Suisse, un évêque, un saint homme, François de Sales, dont le coeur débordant d'amour fit beaucoup plus de conversions que toutes les cruautés de l'Eglise.
Michel Bakounine ( La Théologie politique de Mazzini et l'Internationale, 1871).
Les têtes de gondoles de l'oligarchie semblent ignorer qu'il n'y aura pas d'élections présidentielles, et elles commencent à fourbir leurs armes, leurs crocs et leurs sourires colgate, afin d'être les premiers à servir papa Patron. Début de campagne, reportage.
Sans doute le méfiant Tibère avait-il déjà commencé à se douter qu'il y avait anguille sous roche quand sa belle sœur Antonia (la mère de Germanicus), elle-même alertée par un serviteur de Séjan, l'avertit que celui-ci, grisé par ses succès, projetait de le renverser.
Il n'était que temps de réagir ! Le Préfet du Prétoire avait déjà acquis une telle puissance qu'il était désormais quasi impossible de le renverser par voies légales. Il fallait ruser, opposer à Séjan un Séjan et demi.
Ce coquin, pire encore que le tout-puissant Préfet du Prétoire, s'appelait Macron (Nævius Sertorius Macro), un officier ambitieux. Tibère le convoqua à Capri, lui donna des instructions secrètes, puis le renvoya à Rome porteur d'une lettre adressée au Sénat. Dès le lendemain (18 octobre 31) Macron réunit les Sénateurs en séance extraordinaire pour leur lire le message impérial, une lettre incroyablement longue et tarabiscotée.
Séjan, assis au premier rang, écoutait sans méfiance cet écheveau de billevesées. Lui, il croyait naïvement que Tibère allait lui accorder la puissance tribunitienne qui ferait de lui le deuxième personnage de l'Empire. Cette interminable prose, sentencieuse et emphatique, n'était destinée qu'à faire "durer le suspens".
Séjan se trompait lourdement ! La signification complète du message ne se révéla qu'à la dernière phrase : le Préfet du Prétoire était accusé de haute trahison et Tibère ordonnait son arrestation immédiate.
Comme un seul homme, les Sénateurs votèrent la déchéance, la mort et l'exécution immédiate de Séjan et de ses enfants.
L'historien Suétone (qui n'en rate pas une dès qu'il s'agit de narrer des horreurs) prétend que le bourreau, chargé d'exécuter la plus jeune des filles du Préfet déchu, ressentit comme l'ombre d'un scrupule légaliste : la loi romaine n'interdisait-elle pas d'exécuter les jeunes filles vierges ? Le "bonhomme" résolut l'épineux problème à sa façon : Il viola la fillette avant de la tuer !
Episode précédent : Traumatisée par la violence inouïe des rapports sociaux portée par des prolétaires fainéant ayant presque lynché ses collègues, Magdeleine, DRH d’un grand groupe, est subjuguée par un éveil spirituel la menant droit en cellule. Aujourd’hui, elle découvre la vraie nature de la démocratie représentative, en son symbole maculé : l’isoloir.
J’ai expliqué qu’une seconde porte de bois noir se trouvait à la tête de mon lit.
Je croyais en avoir terminé avec la visite de ma cellule, et j’étais revenue déposer ma lampe-de-chœur sur la table, quand je me souvins tout à coup de cette porte.
Elle était plus petite et plus basse que celle de l’entrée et fermait à l’aide d’un verrou rouillé.
Qu’y avait-il derrière ? Donnait-elle sur un couloir ? Permettait-elle de communiquer avec une autre cellule ? Je résolus d’en avoir le cœur net et poussai le verrou délibérément.
J’avais à peine entre-bâillé la porte en question, qu’une odeur alcaline de fétidité ancienne parvenait à mes narines et me suffoquait littéralement. Je dus m’appuyer au chambranle pour ne pas choir de toute ma hauteur.
- Oh ! c’est épouvantable, fis-je avec consternation. Jamais je ne pourrai…
C’était épouvantable en effet. Quelque effort d’imagination que vous fassiez, vous n’arriverez point à imaginer cette odeur ni la répugnante indigence du dispositif d’où elle provenait.
Représentez-vous dans un placard étroit une espèce de récipient cylindrique en fer galvanisé nanti de deux anses. Un seau de toilette ? Si vous voulez, mais un seau de toilette sans rebords et sans couvercle. Vous m’entendez bien sans couvercle. La « tinette » des prisonniers a, m’a-t-on assuré, un couvercle. Ce raffinement est ignoré au Carmel, où par amour de Dieu, par esprit de sacrifice, on méconnaît volontairement les lois de l’hygiène la plus élémentaire.
Par terre, à même le carrelage, un paquet de gros papier gris : du papier d’emballage ni plus ni moins. Et pas d’eau naturellement. Rien pour atténuer l’horrible simplicité de cette installation. Je n’insisterai pas. Mais il faut tout de même que l’on sache encore ceci : le récipient est vidé seulement tous les trois jours – rendez-vous compte l’été – par une religieuse, professe ou novice, pour qui cette corvée constitue une pénitence. Rassurez-vous : il n’y a pas d’injustice : toutes les religieuses, même la Révérende Mère Supérieure, même la maîtresse des novices, même les plus anciennes qui sont membres du Chapitre, passent en moins de deux mois, à tour de rôle, par cette pénitence-là.
Avertie par un coup de cloche, l’habitante de la cellule tire l’objet hors du placard, le pousse ou le traîne jusque dans le couloir, puis elle referme sa porte. Peu après la sœur de corvée passe, enlève la chose sur un petit chariot, et l’emporte vers les communs. Il y a dans un coin du jardin une fosse…
Un quart d’heure plus tard, autre coup de cloche. Le récipient est rendu vide, mais non désinfecté : crésyl ni acide phénique, rien. On l’a rincé tout au plus avec un peu d’eau claire(*).
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J’avais remis précipitamment le verrou, et je m’étais sauvée à l’autre extrémité de la pièce, loin, le plus loin possible de ce placard qui devait rester ma principale hantise pendant la durée de mon séjour au Carmel.
L’effroyable odeur cependant me poursuivait. […]
Je devais vivre dix-huit mois dans cette atmosphère pestilentielle et subir du matin au soir ce supplice de l’odorat, un des plus raffinés qui soient, car si la rigueur de certaines souffrances s’émousse à la longue par l’effet de l’accoutumance, cette souffrance-là par contre ne diminue jamais d’intensité : elle est toujours aussi vive, aussi cruelle, elle se renouvelle sans cesse, maintenant le sens olfactif dans un état de perpétuelle rébellion qui finit par affecter durement le reste de l’organisme.
On a beau essayer de n’y plus penser, il semble que cette odeur dont les narines sont emplies, dont les vêtements sont imprégnés, dans laquelle l’on vit et l’on se meut, il semble que cette odeur qui vous accompagne partout se dégage de vous-même. Elle vous inflige à tout moment – et cela sans doute est-il calculé et voulu – comme un avant-goût de la putréfaction du tombeau.
Peyronnec Magdeleine / Marcy Jean-Benoit.- J'ai été Carmélite.
(*) NOTE D’UN DES AUTEURS. - Pour les lecteurs qui se refuseraient à ajouter foi à ce qui précède, pour ceux qui seraient tentés de croire que certains souvenirs de Mme Peyronnec ont été « enjolivés » ou arrangés dans on ne sait quel but de propagande antireligieuse, je préciserai que ce genre de mortifications est, avec quelques variantes, en honneur non seulement au Carmel mais dans d’autres ordres cloîtrés de femmes. Un fait encore récent le prouve, qui relève de la simple information et fut relaté en son temps par tous les journaux : l’accident survenu […] au couvent des Trappistines de Laval, et qui coûta la vie à trois malheureuses femmes. Cet après-midi-là, plusieurs religieuses avaient été désignées pour une pénitence insigne qui consistait à vider les cabinets à l’aide de vieilles casseroles. La fosse fut ouverte et une des sœurs y ayant placé une échelle, commençait à descendre lorsqu’elle tomba suffoquée par l’odeur. Une autre religieuse se précipita voulant la tirer de son épouvantable position, mais les émanations la foudroyèrent et elle tomba à son tour. Une troisième et une quatrième subirent le même sort. Prévenus par les tourières, les sapeurs-pompiers, des sauveteurs bénévoles, des médecins accoururent. On put dégager saine et sauve la dernière religieuse. On s’efforça de ranimer avec des ballons d’oxygène apportés en hâte, la troisième, qui avait été recueillie accrochée aux barreaux de l’échelle, mais tous les soins restèrent inutiles. Et ce ne fut qu’au prix d’efforts inouïs, après plusieurs heures de travail, qu’il fut possible de retirer les cadavres des deux premières. […]
A propos de ma dernière actu ciné, je voudrais commencer par faire un appel aux érudits qui lisent ce blog, et je sais qu'il y en a. Je recherche un poème, où un vieux bonhomme se plaint en leitmotiv, à chaque fin de strophe, de la disparition de "la sainte Russie". Je voulais le mettre en illustration pour cet articule, je pensais que c'était de Bernard Dimey (ce n'est pas un poème que j'ai lu, mais entendu, avec un fond musical je crois, comme pour beaucoup de poèmes de Dimey), mais je n'ai pas réussi à le retrouver sur le net...
C'est un film étrange et envoûtant. En gros c'est la visite d'un musée, celui de l'Ermitage à Petersbourg, où je ne risque pas d'aller de si tôt, j'ai déjà du mal à prendre le Transilien pour me rendre au Louvre ou à Orsay. On est conduit par un homme-caméra, qui filme en plan subjectif, qui est invisible aux personnages et au spectateur, mais pas à notre deuxième guide, l'écrivain français Astolphe de Custine, un peu méphistophélique malgré son catholicisme agressif, que je ne connaissais pas, mais qui naquit en pleine révolution française et mourut sous Badinguet. Il déambule dans chaque pièce du musée, suivi de l'oeil-caméra, et à chaque passage spatial correspond un passage temporel de l'Histoire russe (jusqu'à nos jours). Outre l'aperçu de la magnificence des lieux, qui témoignent de la Russie des siècles passés, et des collections, qui résument, à la louche, 2000 ans d'art européen, on y croise de nombreux personnages illustres : Pierre le Grand (qui fit construire cette ville sur des marais dans le but d'en faire une grande cité européenne), Catherine II, une gourgandine en poste peu avant et pendant la révolution française, Nicolas, II également, Pouchkine... Cela fait écho : Guerre et Paix, Michel Strogoff, la mise en abyme de Fedora de Billy Wilder et autres films mettant en scène la russie tsariste... Et chez "l'oeil", une nostalgie de ces époques se fait jour. Avec une certaine tristesse. Et un grand froid, partagé par les deux guides, face au souvenir, de la Convention chez Astolphe, des 80 ans de Convention russe chez l'oeil. Si nous sommes d'accord pour condamner absolument ces régimes assassins ayant trahi les révolutions qu'ils prétendaient servir, nous aurions aimé aussi plus de nuances sur la vie sous les tsars. Hors des flonflons et du luxe, c'était la misère et la tyrannie, mais cela, on ne le voit pas.
Une prouesse technique : le film n'est qu'un unique plan séquence.
De 0.39 à 0.44, non, non, vous n'êtes pas au Vatican ! Où l'on voit que le musée de l'Ermitage résume l'Histoire de l'art de toute l'Europe. Ici, malheureusement, bande annonce en anglais.
Nous venons de quitter un grand bal, alors passons à un plus petit (entre parenthèse, en suivant ce lien vous découvrirez l'émission qui fut à l'origine de mon inspiration pour créer le nom de ce blog), un petit bal découvert ici, et qui m'a tellement plu que j'ai cherché alors à le réécouter, à trouver les paroles, et que je le chantais ensuite comme berceuse à mon fils. Ce petit bal est ici chanté, réjouissante trouvaille, par une jeune jazzwomen qui promet. Bien agréable, même si Bourvil reste un must. Elle a repris aussi, entre autres, Madame rêve de Bashung : et c'est bien.
Virginie Teychené
Voilà, après cet intermède culturel, il ne me reste plus à vous souhaiter, un bon week-end et, dimanche, une bonne petite poire régionale, puisqu'aussi bien nous sommes aujourd'hui, en France, libres et en démocratie.
Il doit bien y avoir une vingtaine d'années (comme le temps passe !), on m'offrit une compilation de Maurice Fanon. Dedans, une chanson fait référence à quatre Jacques. Non, ils ne sont pas frères.
Maurice Fanon
Je connais un peu Jacques Debronckart. Un pote m'avait enregistré une cassette à peu près à cette même époque avec sur l'autre face Couté par Pierron, ou alors Pour en finir avec le travail, je ne me souviens plus bien, ce que je sais c'est que j'ai perdu tous ces albums, vous savez ce que c'est pour les plus anciens, la bande se met en vrille, on essaye de la remettre, ça marche une fois, deux fois et puis crac ! on arrache tout tellement ça tape sur les nerfs. Heureusement, chaque mois je peux écouter un titre du Couté ici, et même parfois un du second, et on en a entendu du premier. J'suis heureux.
Jacques Debronckart
En revanche je connais mal Jacques Bertin. Oh ! j'ai bien dû l'entendre à l'occasion sur une radio libre (j'adore les radios libres), mais sans l'identifier. J'ai l'impression qu'on en parle peu, contrairement à Alain Leprest par exemple... C'est en relisant un texte de Zo d'Axa, réédité au Passager clandestin dans un recueil intitulé Vous n'êtes que des poires, livre qui m'avait fait envie en passant devant l'éventaire alors que j'ai les mêmes textes à la maison, avec d'autres, sous le titre En dehors chez Champ libre, bref, c'est en lisant le petit Passager, que je suis tombé sur une note de Bernard Langlois faisant l'éloge de Bertin. J'espère mieux connaître ce poète-chanteur (ici diseur) à l'avenir.
Jacques Bertin
Pour revenir au Zo d'Axa, deux passages m'ont troublé par leur actualité, alors que mon syndicat recevait un tract d'une organisation de gauche de gauche grecque, appelant à se ruer aux urnes après la trahison de la gauche de gauche élue au pouvoir. Gauche de gauche élue au pouvoir que les manifestants de gauche de gauche français, furieux du putsch de la zone euro, se sont refusés résolument de stigmatiser, les élus, ce n'est pas leur faute, ils ont été forcés de trahir, nos pauvres chers amis...
Je trouve que le catéchisme anti-électoraliste, même si j'en suis un ardent zélateur, est un peu rebattu, rabâché, depuis le temps. Mais en fait non, le clou est toujours à ré-enfoncer. Extraits :
"Un moment vient où l’on comprend l’œuvre que pourrait accomplir un parlement vraiment démocratique.
Une heure tinte — généralement celle où l’on pose sa candidature — une heure tinte, argentine, où l’on perçoit l’urgence de la politique en chambre de députés. Il y a sûrement belle besogne à faire au sein de la Chambre — ce sein que l’on ne savait voir.
Du haut de la tribune parlementaire, les mots acquièrent de la portée. Ils se répercutent jusqu’aux plus petits hameaux du pays.
Ils se commentent à l’étranger.
L’étranger guette. Ne l’oublions pas. Les bons Français ont un devoir :
Élire un parlement digne d’eux."
La fameuse poire électorale
Ou :
"Les mendigots, les candidats, les tirelaines, les soutire-voix ont tous un moyen spécial de faire et refaire le Bien public.
Ecoutez les braves ouvriers, les médicastres du parti : ils veulent conquérir les pouvoirs... afin de les mieux supprimer.
D'autres invoquent la Révolution, et ceux-là se trompent en vous trompant. Ce ne seront jamais les électeurs qui feront la Révolution. Le suffrage universel est créé précisément pour empêcher l'action virile. Charlot s'amuse à voter…"
Bon, l'action virile, moi je fais pipi assis, alors je ne sais pas trop ce que c'est, ça sonne un peu macho, je ne sais comment le prendre. Mais une action révolutionnaire c'est peut-être ce qui se passe dans les quartier d'Exárcheia, les zads, les camps no borders, en lien avec les luttes ouvrières, et "qu'ont soit des millions dans la rue, pour que les flics s'en relèvent plus !", comme chanterait l'album cité plus haut... Tiens, l'un des interprètes de cet album n'était-il pas un Jacques, lui aussi ? Peut-être le quatrième, ce fameux Jacques Ma...chin...