"Puis y a un truc qui fait masse."
Boris Bergman
"Croire, c'est vouloir avec passion..."
Michel Bakounine
lundi 22 novembre 2021
Déjà entendu glauque
lundi 25 octobre 2021
Romain
En 1987, à 18 ans, je revenais vivre dans la banlieue parisienne quittée quinze ans plus tôt pour la province, une province sans aura, où mes parents avaient été mutés. Durant mon enfance, tout en étant bercé par le jazz et la musique classique qu'écoutait mon père, ainsi que Brassens, j'ai développé un goût pour les grands de la chanson française et, dès l'école primaire, pour un petit jeune nommé Renaud, qui faisait parler de lui avec son Marche à l'ombre, puis dont ma mère me vanta le génialissime Hexagone, et de qui j'ai été vraiment fan pendant des années.
Puis au collège je me suis converti au heavy metal, sans déloyauté cependant pour mes amours précédentes. Et tout en restant ouvert : j'aimais aussi beaucoup les Sex Pistols et Exploited.
En fin de lycée cependant, juste avant de partir, j'ai rencontré un condisciple étrange. Il avait les cheveux en brosse et était plutôt propre sur lui, avec des Doc Martens ou assimilées, aux antipodes de ma tignasse grasse jusqu'aux épaules, de mon cuir noir, de mes jeans sales, de mes clous, mes chaînes, mes bottes et de toute la panoplie qui va bien, plus le côté réellement destroy lié à ma chute dans la pillave à 16 ans. Ce collègue de lycée, que les filles trouvaient chou, avait un certain prestige parce qu'il faisait régulièrement des séjours à Paris, et c'est lui qui m'a fait découvrir, en en parlant à d'autres mais mon oreille préparée s'est aussitôt dressée, les Bérurier noir, et, grâce à des tracts, flyers, slogans anti-flics et anecdotes retour de manif, l'existence de toute une scène liée à des idées anarchistes et antifascistes dans la capitale ! Cela m'a évidemment beaucoup attiré car depuis mon plus jeune âge c'est Anarchie qui m'inspirait, et à laquelle j'aspirais. J'ai donc trahi le métal pour écouter ces groupes, chouilla.
Mais parallèlement, arrivé à Paris, je me suis aussitôt réglé sur une radio libre, sans pub ni actionnaires, pour moi c'était déjà rédhibitoire, qui passait énormément de chansons françaises, des classiques certes, Brassens, Ferré... mais aussi une masse de saltimbanques que je ne connaissais ni des lèvres ni des dents. Parmi elles.eux, Romain Didier.
J'ai instantanément apprécié sa voix à l'inflexion chaude, lisse, stable, peut-être un peu monotone, sans vibrato ni éraillement, ni expression trop marquée, théatralité (à la Renaud, Higelin, Thiéfaine...) un peu comme les voix de Lavilliers ou de Béranger, mais en moins virile, plus tendre, avec parfois des montées dans les aigus, un genre d'Yves Duteil de gauche. Et des mélodies qui dès la première écoute me poussaient à les fredonner. Une douceur qui venait faire le pendant de mes pulsions vers la violence musicale.
Je n'en ai jamais su beaucoup plus que les quelques titres entendus à la radio. Mais il y a quelques années j'ai acheté un CD, l'occasion, l'herbe tendre, dans une des dernières librairies parisiennes. On sentait que Romain avait pris un peu de bouteille... Mais je n'ai pas été trop déçu. Le temps passant, moi vieillissant sans m'en rendre compte, tous les anciens de la génération de mes grands-parents, puis de mes parents, tombant comme des mouches au champ de la loi de la vie et de la mort, je n'étais même pas sûr que ce Didier fût encore vivant. Quelle ne fut donc pas ma surprise d'entendre ce fantôme découvert dans une radio associative ultra confidentielle 35 ans auparavant invité dans la matinale d'une radio d'Etat, on va dire de service public, c'est plus gentil surtout quand ça nous fait entendre de belles choses malgré tout.
Et j'y ai appris qu'il vient de sortir un album, à 71 ans, mais aussi que c'était un pote et un parolier d'Alain Leprest ! Leprest que, lui aussi, j'avais découvert sur cette radio confidentielle, mais qui a eu un certain succès d'estime par la suite chez un certain public avancé, et que j'avais rencontré fin 80's débuts 90's dans de petits cabarets de la butte aux Cailles, le Merle moqueur, ou la Folie en tête, je ne sais plus, dans le 13ème arrondissement de Paris, où il participait à des enregistrements d'émissions de cette même fréquence, j'en avais déjà parlé quelque part, ici ou en commentaire d'un autre blog. Un mec très sympa pour un stalinien, cet Alain, jeune, costaud, genre fort des halles en débardeur, et déjà grand beuveur, mais pas dépressif, joyeux et expansif. Donc Romain Didier, moins connu apparemment, lui était lié...
Dans l'avant dernier album, que je possède donc, j'ai choisi cette chanson. Je préfère ses chansons nostalgiques, tendres, qui m'émeuvent vraiment, celle-ci est plutôt satirique et vacharde, même si elle n'est pas sans vérité évidemment, à l'heure du succès populaire d'un certain Z..., mais je la trouve rigolote dans son constat sinistre...
mardi 3 décembre 2019
Sacqueboute LVIII : Mathias Mahler
Priviouslillonne Sacqueboute :
Charles Greenlee
Dick Griffin
Guive
Voilà du boudin
Bruce Fowler
Glenn Miller
Nils Landgren
Grachan Moncur
Le Trombone illustré
Bettons Tenyue
Watt
Curtis Hasselbring
Steve Turre
Les trois trombonistes de Marc Ducret
Yves Robert
Daniel Casimir
Gary Valente
Chicago
Moon Hooch
Raymond Katarzynski
Albert Mangelsdorff
Christiane Bopp
Honoré Dutrey
Viscosity
Fred Wesley
Dave Lambert
Roswell Rudd
Curtis Fowlkes
Melba Liston
La Flûte aux trombones
La Femme tronc
Journal intime
Gunhild Carling
Nils Wogram et Root 70
Carl Fontana
Animaux
Trombone Shorty
Cinéma
Feu
Le Canadian Brass
Local Brass Quintet
Buddy Morrow
Bones Apart
J.J. Johnson
Lawrence Brown
Vinko Globokar
Les funérailles de Beethoven
Treme
Craig Harris
Mona Lisa Klaxon
Juan Tizol
Bob Brookmeyer
Daniel Zimmerman
Frank Rosolino
Rico Rodriguez
Kid Ory
lundi 18 mars 2019
Retour aux fondamentaux
vendredi 25 janvier 2019
Interlude
Flash info
mardi 11 décembre 2018
France éternelle !
mardi 2 octobre 2018
La chance aux chansons
Il paraît que Bernie a appelé à voter modem, puis PS, à des élections récentes, ou moins récentes, je ne sais pas... Lessiveuse du temps ! Fondu au noir de ma jeunesse !
Mon identité ne sera jamais nationale, un petit geste pour le répéter, non exclusif d'autres plus corsés selon ses moyens.
jeudi 30 août 2018
De Coltrane à Dracula
vendredi 16 mars 2018
Monsieur Eddy
lundi 29 janvier 2018
Quand José Bové chantait
mercredi 6 décembre 2017
Les chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles IV
Le Clan Mongol
Je n'ai pas une minute à perdre
J'écris
Il est cinq heures et je précède
La nuit
Mon feutre noir sur le papier
Va vite
Pendant que ma lucidité
Me quitte
J'écris c'que j'ai vu
Diagramme des détresses
Le collier, la laisse
Je n'supporte plus
Vinyl de la rue
Fantôme de la vitesse
Tous ceux que je blesse
Je n'm'en souviens plus
J'ai atteint la date limite
Pour le suicide idéal
La date que j'avais inscrite
A quinze ans dans mon journal
Je croyais, la vie passe vite
Je croyais, je n'crois plus en rien
Es-tu prêt à mourir demain?
Es-tu prêt à partir si vite?
Les yeux baissés tu ne dis rien
J'ai atteint la date limite
Je ne suis plus de votre race
Je suis du clan Mongol
Je n'ai jamais suivi vos traces
Vos habitudes molles
J'ai forgé mon corps pour la casse
J'ai cassé ma voix pour le cri
Un autre est là qui prend ma place
Un autre dicte et moi j'écris
L'autre
Je suis l'autre
Venez entendre la fissure
Le cri
De la sensibilité pure
Celui
Qui se dédouble et qui s'affronte
La nuit
Celui du sang et de la honte
Folie
Folie que j'ai vue
A l'angle des stress
Dans la jungle épaisse
Des mots inconnus
Je vois ou j'ai vu
Hôpital silence
Tout ce que je pense
Je n'm'en souviens plus
J'ai dépassé la limite
Du scénar original
Rien à voir avec le mythe
Etalé dans le journal
Tu croyais, la vie passe vite
Tu croyais, tu n'crois plus en rien
Je suis prêt à mourir demain
Je suis prêt à partir très vite
Regard d'acier je ne dis rien
J'ai dépassé la limite
Je ne suis plus de votre race
Je suis du clan Mongol
Je n'ai jamais suivi vos traces
Vos habitudes molles
J'ai forgé mon corps pour la casse
J'ai cassé ma voix pour le cri
Un autre est là qui prend ma place
Un autre dicte et moi j'écris
L'autre
Je suis l'autre
Les autres chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles :
- Soleil cherche futur
- Bombez !
- Mon sissoyen
mercredi 29 novembre 2017
Les chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles III
Soleil cherche futur
L'infirmier de minuit distribue le cyanure
Et demande à Noé si le charter est prêt.
"Oh mec il manque encore les ours et les clônures
Mais les poux sont en rut, faut décoller pas vrai ?"
Et les voila partis vers d'autres aventures,
Vers les flèches où les fleurs flashent avec la folie
Et moi je reste assis les poumons dans la sciure
A filer mes temps morts à la mélancolie.
Soleil, soleil,
N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ?
Paraît que mon sorcier m'attend à Chihuaha
Ou bien dans un clandé brumeux de Singapour
Mais je traîne les PMU avec ma gueule de bois
En rêvant que la barmaid viendra me causer d'amour
Et je tombe sur l'autre chinetoque dans cette soute à proxos
Qui me dit "Viens prendre un verre. Tu m'as l'air fatigué."
Laisse tomber ta cuti, deviens ton mécano.
C'est depuis le début du monde que l'homme s'est déchiré.
Soleil, soleil,
N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ?
Adieu Gary Cooper, adieu Che Guevara.
On se fait des idoles pour planquer nos moignons.
Maintenant le vent s'engouffre dans les nirvanas
Et nous sommes prisonniers de nos regards bidon.
Les monstres galactiques projettent nos bégaiements
Sur les murs de la sphère où nous rêvons d'amour
Mais dans les souterrains, les rêveurs sont perdants.
Serions-nous condamnés à nous sentir trop lourds ?
Soleil, soleil, soleil, soleil
Soleil, soleil,
N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ?
Soleil, soleil,
N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ?
Soleil, soleil,
N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ?
Paroliers : Hubert-Félix THIEFAINE / Claude MAIRET
Les autres chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles :
- Bombez !
- Mon sissoyen
vendredi 10 novembre 2017
Les chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles II
Non seulement je ne comprends rien aux paroles (le début pourrait faire penser à un Salut à toi belge, cette hypothèse est cependant vite invalidée), mais en plus j'avais mal compris certaines d'entre elles : j'entendais "pour les bons citoyens" pour "pour mon sissoyen". D'ailleurs j'en suis encore à me demander comment cela est possible, puisque la version erronée a six pieds quand le syntagme correct n'en a que cinq. Ô ! Merveilles enchanteresses de la poésie !
Je vais encore avoir du mal à me faire à cet ébranlement de mes habitudes auditives et verbales. Cela dit quand je ne comprends rien, je trouve souvent cela encore plus beau, s'ajoute à toutes les qualités tant musicales que poétiques del'oeuvre, le mystère qui, tout bien pesé, reste encore la vacance la plus apte à s'emplir de chatoyances imaginaires, comme la boîte du mouton.
Mon sissoyen
En silence
Je danse ma dernière danse
Je l'embrasse partout
Peuvent choisir où où
On parle avec les mêmes
On baise avec les autres
On danse avec les mêmes
On baise avec les autres
Je chante et je danse pour les iraniens
Je chante et je danse pour les vietnamiens
Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel
Merci pour tout
Merci pour rien
Merci pour m'avoir vu
Merci pour être ton chien
Merci pour tes fausses illusions
Merci pour l'amour
Qui ne rime malheureusement pas
Avec toujours
Je chante et je danse pour les iraniens
Je chante et je danse pour les vietnamiens
Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel
Allez allez
Circulez
Here we go
Adieu les lois martiales
Adieu mes rêves
Adieu mes soeurs
Adieu mes frères
Goodbye au revoir I've been a nice boy
Goodbye au revoir I've been a good boy
Je chante et je danse pour les iraniens
Je chante et je danse pour les vietnamiens
Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel
Je chante et je danse pour les iraniens
Je chante et je danse pour les vietnamiens
Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel
lundi 6 novembre 2017
Un martien
mercredi 18 octobre 2017
's not dead
mercredi 11 octobre 2017
Les chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles
Bombez !
Ah il sait tout mon petit doigt
T'es partie avec mes revenus
Que d'allées venues
Vers quel crayon s'est-elle taillée désormais ?
Que vais-je faire de cet abandon ?
À qui en faire don ?
Bombez le torse bombez !
Prenez des forces bombez !
Bombez le torse bombez !
Ça c'est my way
I know, I know
Sa turne a l'air habitée
Alors qu'on sait que personne n'y vit
À qui se fier ?
Bombez le torse bombez !
Prenez des forces bombez !
Bombez le torse
Ça c'est my way
Les paras sont normaux sous la tonnelle où rode
Où rode le Japon
Fidèle à ses traditions
Dans un dernier effort
L'empereur se soulève
Donne à boire au dragon
Et scrute les environs
Ah l'enfant que j'ai dans le dos
Fait se retourner tous les badauds
Piler les autos
Bombez le torse bombez !
Prenez des forces bombez !
Ça c'est my way
Ouistiti
T'as pas souri quand elle a ri
Tant pis
Les alter et les égaux
Ça m'est égal ça m'est ego
Bombez le torse bombez !
Prenez des forces bombez
Prenez des forces bombez
Ça c'est des my way.
lundi 2 octobre 2017
Jouons un peu avec les monstres sacrés
mercredi 27 septembre 2017
Sacqueboute XXV : la femme tronc
D'une gentillesse !
Un amour.
Bienveillance, empathie, générosité, vous l'avez là toute résumée. Du bon pain en branche.
Bon, laissons là notre tronc bonne, et à la prochaine !
Priviouslillonne Sacqueboute :
Journal intime
Gunhild Carling
Nils Wogram et Root 70
Carl Fontana
Animaux
Trombone Shorty
Cinéma
Feu
Le Canadian Brass
Local Brass Quintet
Buddy Morrow
Bones Apart
J.J. Johnson
Lawrence Brown
Vinko Globokar
Les funérailles de Beethoven
Treme
Craig Harris
Mona Lisa Klaxon
Juan Tizol
Bob Brookmeyer
Daniel Zimmerman
Frank Rosolino
Rico Rodriguez
Kid Ory
lundi 10 juillet 2017
Sachons rester jeune
Et puis la tradition par ce côté répétitif s’oppose à ce renouvellement continu qui est le propre de la production marchande. En matière de musique commerciale - qui d’ailleurs ne veut pas forcément dire mauvaise musique, la question n’est pas là - c’est, comme pour les fringues, la mode qui commande… Un style, un son sont vite démodés et deviennent oldies… A l’inverse les gens qui participent à une occasion rituelle attendent précisément quelque chose, certains sons. Quand je vais dans ces fêtes, je sais d’avance ce que je vais entendre et voir, mais je ne sais pas selon quelle intensité…Alèssi dell'Umbria
En camping
Dans le vent
Suis-je digne-
Ment son amant ?
Sur la rive
Viens on danse !
Vibre ! Vibre !
Ma Laurence !
jeudi 18 mai 2017
L'artiste est un prolétaire
Boris Bergman, ce grand parolier - notamment pour l'immense Bashung - de l'oeuvre duquel est extraite une partie de l'exergue de ce blog, pour payer son biftèque (ma sensibilité anti-spéciste violentée me fait rajouter : de soja) a commis ceci :
Une autre version :
Deuxième illustration, Sapho. Elle a besoin de payer son loyer, pas vous ?
Cela ne l'a pas empêché de reprendre le Maître dans une langue magnifique et avec sa voix tellurique digne de lui, c'est rare.
Mais aussi l'Astre d'Orient.
Y en a bien qui fabriquent des pneus, chacun son domaine.
