Affichage des articles dont le libellé est chanson. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est chanson. Afficher tous les articles

lundi 22 novembre 2021

Déjà entendu glauque

   L'autre jour à la médiathèque j'ai emprunté une compilation de Nino Ferrer, car j'aime bien, mais je ne connais que les quelques chansons les plus connues. Plus que trois malgré tout, contrairement à ce que disait l'artiste quelques mois avant de se faire sauter la cervelle d'un coup de fusil : "Tu te rends compte, j'ai écrit, composé et produit près de deux cents chansons, et les gens n'en connaissent que trois."


   Et voilà que j'entends cette chanson, Barberine, dont les paroles m'évoquent celles de l'album concept l'Homme à tête de chou de Gainsbourg, à savoir une histoire d'amour obsessionnelle qui frôle le fantastique tant les êtres y sont hybrides et les objets animés. Mais je trouve la mélodie (rien à voir avec Nelson pour le coup) sinistre, ne correspondant absolument pas à ce que les paroles sont censées évoquer de luxe, calme et volupté dans un wagon-lit avec une enfant-soeur capricieuse. Non, cette air m'évoque une rage de dents. Elle est discordante, morbide, répétitive, et surtout elle fait monter en moi un malaise fuyant mais familier, venu de l'enfance... Et je ressens l'application de cette scie douloureuse à un vulgaire fantasme d'homme mûr pour une Lolita, cette insertion d'une prosaïque bluette dans un écrin de bonne terreur archaïque comme une trahison. Dans quelle vie antérieure ai-je entendu cette petite musique lancinante, cette rengaine cauchemardesque ?

   Peut-être que mon aimable lectorat pourra contribuer à m'éclairer dans cette quête analytique...

Sauras-tu aider Wroblewski à découvrir dans quelles circonstances il a dégluti avec une voluptueuse angoisse une madeleine similairement empoisonnée ?
 
Litan, de Jean-Pierre Mocky, avec et musique de Nino Ferrer. Merci à Chroum-Badaban, Jules et Alex pour leur participation !
 

lundi 25 octobre 2021

Romain

   En 1987, à 18 ans, je revenais vivre dans la banlieue parisienne quittée quinze ans plus tôt pour la province, une province sans aura, où mes parents avaient été mutés. Durant mon enfance, tout en étant bercé par le jazz et la musique classique qu'écoutait mon père, ainsi que Brassens, j'ai développé un goût pour les grands de la chanson française et, dès l'école primaire, pour un petit jeune nommé Renaud, qui faisait parler de lui avec son Marche à l'ombre, puis dont ma mère me vanta le génialissime Hexagone, et de qui j'ai été vraiment fan pendant des années.

   Puis au collège je me suis converti au heavy metal, sans déloyauté cependant pour mes amours précédentes. Et tout en restant ouvert : j'aimais aussi beaucoup les Sex Pistols et Exploited.

    En fin de lycée cependant, juste avant de partir, j'ai rencontré un condisciple étrange. Il avait les cheveux en brosse et était plutôt propre sur lui, avec des Doc Martens ou assimilées, aux antipodes de ma tignasse grasse jusqu'aux épaules, de mon cuir noir, de mes jeans sales, de mes clous, mes chaînes, mes bottes et de toute la panoplie qui va bien, plus le côté réellement destroy lié à ma chute dans la pillave à 16 ans. Ce collègue de lycée, que les filles trouvaient chou, avait un certain prestige parce qu'il faisait régulièrement des séjours à Paris, et c'est lui qui m'a fait découvrir, en en parlant à d'autres mais mon oreille préparée s'est aussitôt dressée, les Bérurier noir, et, grâce à des tracts, flyers, slogans anti-flics et anecdotes retour de manif, l'existence de toute une scène liée à des idées anarchistes et antifascistes dans la capitale ! Cela m'a évidemment beaucoup attiré car depuis mon plus jeune âge c'est Anarchie qui m'inspirait, et à laquelle j'aspirais. J'ai donc trahi le métal pour écouter ces groupes, chouilla.

   Mais parallèlement, arrivé à Paris, je me suis aussitôt réglé sur une radio libre, sans pub ni actionnaires, pour moi c'était déjà rédhibitoire, qui passait énormément de chansons françaises, des classiques certes, Brassens, Ferré... mais aussi une masse de saltimbanques que je ne connaissais ni des lèvres ni des dents. Parmi elles.eux, Romain Didier. 

   J'ai instantanément apprécié sa voix à l'inflexion chaude, lisse, stable, peut-être un peu monotone, sans vibrato ni éraillement, ni expression trop marquée, théatralité (à la Renaud, Higelin, Thiéfaine...) un peu comme les voix de Lavilliers ou de Béranger, mais en moins virile, plus tendre, avec parfois des montées dans les aigus, un genre d'Yves Duteil de gauche. Et des mélodies qui dès la première écoute me poussaient à les fredonner. Une douceur qui venait faire le pendant de mes pulsions vers la violence musicale.

   Je n'en ai jamais su beaucoup plus que les quelques titres entendus à la radio. Mais il y a quelques années j'ai acheté un CD, l'occasion, l'herbe tendre, dans une des dernières librairies parisiennes. On sentait que Romain avait pris un peu de bouteille... Mais je n'ai pas été trop déçu. Le temps passant, moi vieillissant sans m'en rendre compte, tous les anciens de la génération de mes grands-parents, puis de mes parents, tombant comme des mouches au champ de la loi de la vie et de la mort, je n'étais même pas sûr que ce Didier fût encore vivant. Quelle ne fut donc pas ma surprise d'entendre ce fantôme découvert dans une radio associative ultra confidentielle 35 ans auparavant invité dans la matinale d'une radio d'Etat, on va dire de service public, c'est plus gentil surtout quand ça nous fait entendre de belles choses malgré tout. 

   Et j'y ai appris qu'il vient de sortir un album, à 71 ans, mais aussi que c'était un pote et un parolier d'Alain Leprest ! Leprest que, lui aussi, j'avais découvert sur cette radio confidentielle, mais qui a eu un certain succès d'estime par la suite chez un certain public avancé, et que j'avais rencontré fin 80's débuts 90's dans de petits cabarets de la butte aux Cailles, le Merle moqueur, ou la Folie en tête, je ne sais plus, dans le 13ème arrondissement de Paris, où il participait à des enregistrements d'émissions de cette même fréquence, j'en avais déjà parlé quelque part, ici ou en commentaire d'un autre blog. Un mec très sympa pour un stalinien, cet Alain, jeune, costaud, genre fort des halles en débardeur, et déjà grand beuveur, mais pas dépressif, joyeux et expansif. Donc Romain Didier, moins connu apparemment, lui était lié...

   Dans l'avant dernier album, que je possède donc, j'ai choisi cette chanson. Je préfère ses chansons nostalgiques, tendres, qui m'émeuvent vraiment, celle-ci est plutôt satirique et vacharde, même si elle n'est pas sans vérité évidemment, à l'heure du succès populaire d'un certain Z..., mais je la trouve rigolote dans son constat sinistre...


   J'en sais donc un peu plus sur cette voix de ma jeunesse qui ne s'est pas tue, mais guère plus. Si je tombe sur un de ses anciens disques dans une quelconque librairie survivante aux plateformes, j'essaierai de me le procurer, avec une jouissive curiosité je le confesse, et le but de me faire un sniffe de madeleine.

mardi 3 décembre 2019

Sacqueboute LVIII : Mathias Mahler


   Je ne sais rien de ce tromboniste, si ce n'est qu'il accompagna le grand Jacques (pas Brel, ni Debronckart, ni Marchais, ni Bertin, l'autre) pour ses 70 ans au Zénith. Vous l'entendrez plus particulièrement ci-dessus de la min. 4.36 à la min. 5.10. Pas la peine de vous fader toute la présentation des musicos un peu longuette. Et un peu dans le pathos à la fin. Pour tout dire ça m'a fait de la peine en comparant avec la génialissime bande son de mon enfance-adolescence Higelin à Mogador. Mais il faut bien vieillir, à moins de caner avant.



J'ignore s'il est de la famille du grand Gustav. Dans le doute, voici l'émotionnant adagietto de la 5ème.

Priviouslillonne Sacqueboute :
Charles Greenlee
Dick Griffin
Guive
Voilà du boudin
Bruce Fowler
Glenn Miller
Nils Landgren
Grachan Moncur
Le Trombone illustré
Bettons Tenyue
Watt
Curtis Hasselbring
Steve Turre
Les trois trombonistes de Marc Ducret
Yves Robert
Daniel Casimir
Gary Valente
Chicago
Moon Hooch
Raymond Katarzynski
Albert Mangelsdorff
Christiane Bopp
Honoré Dutrey
Viscosity
Fred Wesley
Dave Lambert
Roswell Rudd
Curtis Fowlkes
Melba Liston
La Flûte aux trombones
La Femme tronc
Journal intime
Gunhild Carling
Nils Wogram et Root 70
Carl Fontana
Animaux
Trombone Shorty
Cinéma
Feu
Le Canadian Brass
Local Brass Quintet
Buddy Morrow
Bones Apart
J.J. Johnson
Lawrence Brown
Vinko Globokar
Les funérailles de Beethoven
Treme
Craig Harris
Mona Lisa Klaxon
Juan Tizol
Bob Brookmeyer
Daniel Zimmerman
Frank Rosolino
Rico Rodriguez
Kid Ory

lundi 18 mars 2019

Retour aux fondamentaux

 J'ai peu évoqué Brassens sur ce blog, alors que cet immense poète, compositeur et chanteur fait partie de mon panthéon esthétique et éthique depuis mon enfance, voir avant. Mais précisément à cause de cette ancienneté, quand je me suis pris à ce nouveau passe temps numérique perruqé qu'est la rédaction d'un blog, je l'avais écouté déjà des milliards de fois, connaissant quasiment toutes ses chansons par cœur, y compris les reprises et inédits. Comme je parle ici plutôt de mon actualité, et que j'avais déjà tout pressé de ce fruit délicieux, je n'ai pas eu l'occasion de me resservir ici. Toutes proportions gardées, c'est comme pour Renaud Séchan ou le métal, à la nuance prêt que j'ai plus ou moins rompu avec ces deux amours d'adolescence, alors que Brassens est resté immortel pour moi comme il le restera pour la postérité.

 En général, je crois même que ça ne souffre pas d'exception si je suis honnêtes, je n'aime pas les interprétations de Brassens par d'autres. Ca ne colle pas, toute la magie de l'original disparait, l'aura n'est plus là pour parler comme Walter Benjamin, à propos d'un "original" que je n'ai finalement connu que par copies interposées : les disques et leur reproduction technique illimitée mais c'est un autres sujet qui sera peut-être effleuré ici plus tard. En ce qui concerne les reprises, celles de Ferré par exemple, immense interprète lui aussi, peuvent fonctionner du tonnerre de Dieu (à l'esprit me vient dans l'immédiat une version de Des armes par Noir Désir, le meilleur groupe bordelais après Camera Silens selon un ami qui se reconnaitra peut-être. Mais Brassens, même si les chanteurs sont plutôt sympas et bien intentionnés (Sam Alpha par exemple), pour moi en tout cas, ça fait flop. Je crois que la formule si simple en apparence mais si profonde contrebasse/guitare/voix y est pour beaucoup également. Ainsi, Brassens chantant avec une instrumentalisation différente, plus touffue, je n'aime pas trop non plus. 



 On sent malgré tout bien la patte de l'auteur compositeur anar dans ces deux chansons que l'ami Georges n'a jamais chantées lui-même, interprétés ici par Thomas Fersen et Bertrand Belin ! Mais... Il y aurait quand même une remarque à faire sur ces opus du sétois, et pas la moindre...

  Laquelle à votre avis ?

vendredi 25 janvier 2019

Interlude



   Du pur plaisir, un satori esthétique lors d'une écoute subreptice, par hasard sur une radio. J'aime bien Paolo Conte même si je le connais très peu. Je viens de lire qu'il est octogénaire aujourd'hui, comme le temps passe ! Mon père avait un disque. Assez inclassable comme chanteur italien francophone, tanguero j'imagine épisodique. Mais la moustache fait du bien dans cette époque de ridicules hipsters barbus.

Flash info

Ces images vous sont offertes par le mouvement des Gilets Jaunes canal Etuis Clitorido-Péniens Multicolores, garanti sans bleu-blanc-rouge. Merci à Yves Jazzlib' à qui nous les avons piquées.

mardi 11 décembre 2018

France éternelle !

   On s'attendait à passer une nouvelle période glauque d'orgie consumériste, d'illuminations nucléaires et d'holocauste animal géant dans une atmosphère toujours aussi délétère, au propre (si l'on peut dire) et au figuré. Un peu avant la triste période, voilà que des astiqueurs de volant, le genre de mecs qui sécrètent comme des boucs en rut derrière toi à l'idée de te doubler à la prochaine occas', en te collant au pare-choc, parce que toi, même si t'es pas macroniste, 80 km/h, ça te va parfaitement ; voilà que ce blaireau, chef d'entreprise possédant désormais des pneus neige pour le prochain épisode dans 15 ans, on ne lui fait pas, à lui, et il n'est pas question qu'il ne puisse passer prendre sa maîtresse de la moitié de son âge et du tiers de son monde au premier flocon ; voilà que le français démerdârd, loufiat anti-assistés et pour l'éradication de ces "priviliégiés" de fonctionnaires, devenant le patron rêvé au volant de son bolide, enfin puissant dans sa concurrence libre et non faussée, même s'il noierait bien dans sa baignoire toute réglementation routière entravant sa frénésie ; voilà que tous ceux-là se rebiffent, ces villageois gaulois qui sont chez eux dans la start-up France au si joli logo. Et les médias les ont à la bonne, parce que, d'après les commentaires attrapés ici ou là (je n'écoute pas les médias), ils en sont tout excités de ce nouveau happening marketing de marque Gilet Jaune (encore plus con que Je suis Charlie, fallait le faire), tellement plus sexy (pour eux) que ces puent la sueur de cheminots, ces zonards hostiles au droit de zadistes, ou ces m'as-tu-vu de solidaires avec les migrants, entre autres. Ils en sécrètent aussi, du coup, les médias, d'autant plus que tout ça c'est grâce à Zuckerberg !

   Bof, pour ma part je m'apprêtais à faire le mort et le gros dos, comme pour toutes les coupes du monde, jeux olympiques, bonnets rouges ou élections. Un mauvais moment à passer sous la couette, voilà tout.

   Et bien non ! voilà pas tout : d'après les copains (je le répète, je contemple peu de terminaux mainstream, peux pas), ce beauf absolu, adepte de bagnole, de télé et de tiercé (j'en suis conscient, cette citation fait un peu vieillotte aujourd'hui), se révèle finalement un fier et généreux émeutier (ça, on ne peut pas le lui enlever, chapeau ! sacrément déter' ! courageux ! solidaire !), n'est pas forcément le branloteur d'embrayage que les premières revendications pouvaient nous laisser imaginer, et si des "on est chez nous" en sont, ils sont minoritaires. C'est des pauvres contre les riches, et ça nous fait passer un joyeux Noël, avec les illuminations qui vont bien ! On fait solennellement amende honorable aux gilets jaunes, on pense aux mille prisonniers, aux gueules cassées et aux estropiés par les lâches bleus casqués et bottés de la république ou les chiens baqueux, on prie fort pour que le petit Noël du Jésus du patronat de l'Elysée et de son monde soit aussi leur Passion, ce sera toujours ça de pris, on prie aussi pour que les GJ ne finissent pas par nous faire voir 5 étoiles, et on se passe quelques chansons en hommage à tous les colonisés de la start-up nation, intérieurs et extérieurs.

Hommage aux colonisés intérieurs des campagnes et des provinces.

Hommage aux ex-colonisés de l'extérieur, actuels colonisés de l'intérieur en banlieue.

 Hommage aux colonisés extérieurs de l'outre-mer.

mardi 2 octobre 2018

La chance aux chansons

   En vrac, au fil des coups de cœur et de nostalgie, des associations d'idées, des lectures, du peu que je capte de l'actu, etc., etc. Ceci fera peut-être l'objet d'une nouvelle rubrique avec des chiffres romains, on verra... En attendant goûtons dès aujourd'hui à la douce exception française de l'art pastel et doux amer de la chanson populaire et réaliste bien de chez nous, nom de Dieu !


   Il paraît que Bernie a appelé à voter modem, puis PS, à des élections récentes, ou moins récentes, je ne sais pas... Lessiveuse du temps ! Fondu au noir de ma jeunesse !


   Tel est d'ailleurs l'aspect le plus tragique des promesses qu'on fit miroiter aux Polonais et aux Russes : s'ils suivaient à la lettre les prescriptions de la thérapie de choc, leur dit-on, ils se réveilleraient un beau matin dans un "pays européen normal". Or les pays européens normaux en question (caractérisés par de solides filets de sécurité sociale, des protections pour les travailleurs, des syndicats puissants et des services de santé socialisés) sont nés d'un compromis entre le communisme et le capitalisme. Maintenant qu'un tel compromis apparaissait comme superflu, les politiques sociales modératrices étaient victimes d'assauts violents partout en Europe de l'Ouest, comme au Canada, en Australie et aux États-Unis. On n'allait tout de même pas introduire de telles politiques en Russie - et encore moins avec des fonds occidentaux.
Naomi Klein.- La Stratégie du choc.



   Mon identité ne sera jamais nationale, un petit geste pour le répéter, non exclusif d'autres plus corsés selon ses moyens.

jeudi 30 août 2018

De Coltrane à Dracula

   Qu'apprends-je ? Chewie, mon chevelu de fiston étant allé voir Hôtel Transylvanie 3 avec sa grand-mère, son oncle m'avertit que la chanson du film est chantée par Camille Bertault. La voici.


   Même si j'avais bien aimé Hôtel Transylvanie, ça commence à me soûler quand les épisodes s'ajoutent les uns aux autres à la Age de glace ou Shrek. Et je suis plutôt doucement agacé par cette propension qu'ont les adultes d'aller voir des dessins animés, ils en sont même presque plus friands que les mômes pour certains. Ça me fait toujours penser à cette phrase de Warren Buffett : "Il y a une lutte des classes, bien sûr, mais c'est ma classe, celle des riches, qui fait la guerre. Et nous gagnons." Tu m'étonnes, de nos jours, le prolétariat, au lieu d'aller à la réunion du syndicat ou piller une armurerie, selon le degré de radicalité, court voir La Reine des neiges 7. Ewen Cameron peut ranger ses électrodes, Pinochet ses chars d'assaut, Donald Rumsfeld ses frappes chirurgicales, Suharto ou Pot (pas de jaloux, un de droite, un de gauche) leurs massacres ciblés et de masse de même que Bachar el-Assad (rapprochons-nous un peu de l'actualité), les religieux leurs pipes d'opium et tout ce joli monde ranger au grenier leurs kits de torture, la classe potentiellement révolutionnaire, celle qui était censée secouer ses chaînes et cueillir "la fleur vivante" [Marx] rêve de mondes de Disney. Les masses sont infantiles, le peuple a 6 ans d'âge mental.

   Mais je m'égare, peut-être Hôtel Transylvanie 3 est-il un bon film finalement, et puis en ce qui concerne Camille, il faut bien manger. 


   Pourtant la belle avait commencé avec des choses plus corsées, d'une sacrée virtuosité : reprendre au chant des chorus de grands jazzmen, dont le géant Coltrane, un peu dans le style des Double Six. Autant dire que notre nouvelle chanteuse de dessin animé est d'une autre pointure que, je sais pas moi, Vanessa Paradis par exemple (je me rends compte de l'indécence qu'il y a à citer ce produit ici en comparaison, veuillez m'en excuser).


   On avait bien aimé son premier album, de musique à la fois savante et audible, compliquée mais facile d'accès.


   Bon, à part ça vous avez vu Cro Man, de Nick Park ? Il paraît qu'il est chouette. Celui-là j'aimerais bien me le faire. J'en parlerai à Chewie.

vendredi 16 mars 2018

Monsieur Eddy

   De temps en temps, un bon vieux rock français à la papa bien couillu, moi, ça me fait du bien. Voilà, j'y peux rien, ma mère me mettait des pantalons et je regardais les films avec John Wayne à La Dernière séance quand j'étais minot.




   Trêves de plaisanteries, ce gars est cristolien, et comme j'ai bossé 10 ans à Créteil après mes 10 ans de chagrin en Seine-Denis dont 5 à Ouen, et avant de revenir tapiner à Denis même (où je m'étais déjà prostitué un an à l'époque de mes remplacements dans le 93, vous suivez ?) ; bref, comme c'est un cristolien, ça m'a rappelé des souvenirs où j'étais un peu moins vieux qu'aujourd'hui, alors voilà. J'espère qu'il vous plaira. Plus que Cyril Mokaiesh en tout cas...   Cela dit c'est mon frangin qui m'a envoyé les vidéos, perso je ne connaissais pas et ne connais toujours pas beaucoup plus ce jeune artiste qui fait déjà beaucoup de vidéos bien propres.

lundi 29 janvier 2018

Quand José Bové chantait

    On sait que le preux activiste de la Confédération paysanne, faucheur d'OGM et déboulonneur de Maquedeaux s'est englué dans la politique politicienne. Ce que l'on sait moins, c'est que l'illustre et héroïque moustachu a commencé dans la chanson. Séquence nostalgie insolite.

mercredi 6 décembre 2017

Les chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles IV

   Bon, le sens global, je le comprends. C'est une chanson de révolte, d'insoumission face aux normes de survie ordinaires dans une société du Travail, capitaliste, bourgeoise, épicière, voir spectaculaire-marchande et technocratique. Le souffle du nomadisme et des grandes steppes, fut-il métaphorique, souffle sur ce texte. Mais certaines choses m'échappent tout de même. Y a-t-til ue référence au chef-d'oeuvre de style prophétique, même si ses visions firent long feu, Hurrah ou la révolution par les cosaques, du quarante-huitard exilé et jamais résigné jusqu'à sa mort dans la misère Ernest Coeurderoy (ses "cosaques" déferlants sur la vieille Europe pourrie sont en fait des mongols, les fameux kalmouks du prince Tumène) ? Et n'y a-t-il pas une référence à Rimbaud quelque part ? En tous cas, cette chanson m'a bien fait vibrer quand j'étais minot, sur le 33 tour Etat d'urgence (tiens... tiens...) dont le titre Idées noires était aussi excellent. Oserai-je vous le dire ? Nanard a repris ces deux titres à l'Olympia vendredi... quand je suis allé le voir avec mon frangin. Sortie de vieux, ça nous a rappelé nos 15 ou 17 ans quand on l'avait vu au Zénith... 



Le Clan Mongol

Je n'ai pas une minute à perdre
J'écris
Il est cinq heures et je précède
La nuit
Mon feutre noir sur le papier
Va vite
Pendant que ma lucidité
Me quitte

J'écris c'que j'ai vu
Diagramme des détresses
Le collier, la laisse
Je n'supporte plus
Vinyl de la rue
Fantôme de la vitesse
Tous ceux que je blesse
Je n'm'en souviens plus

J'ai atteint la date limite
Pour le suicide idéal
La date que j'avais inscrite
A quinze ans dans mon journal

Je croyais, la vie passe vite
Je croyais, je n'crois plus en rien

Es-tu prêt à mourir demain?
Es-tu prêt à partir si vite?
Les yeux baissés tu ne dis rien
J'ai atteint la date limite

Je ne suis plus de votre race
Je suis du clan Mongol
Je n'ai jamais suivi vos traces
Vos habitudes molles
J'ai forgé mon corps pour la casse
J'ai cassé ma voix pour le cri
Un autre est là qui prend ma place
Un autre dicte et moi j'écris

L'autre
Je suis l'autre

Venez entendre la fissure

Le cri
De la sensibilité pure
Celui
Qui se dédouble et qui s'affronte
La nuit
Celui du sang et de la honte
Folie

Folie que j'ai vue
A l'angle des stress
Dans la jungle épaisse
Des mots inconnus
Je vois ou j'ai vu
Hôpital silence
Tout ce que je pense
Je n'm'en souviens plus

J'ai dépassé la limite
Du scénar original
Rien à voir avec le mythe
Etalé dans le journal

Tu croyais, la vie passe vite
Tu croyais, tu n'crois plus en rien

Je suis prêt à mourir demain
Je suis prêt à partir très vite
Regard d'acier je ne dis rien
J'ai dépassé la limite

Je ne suis plus de votre race
Je suis du clan Mongol
Je n'ai jamais suivi vos traces
Vos habitudes molles
J'ai forgé mon corps pour la casse
J'ai cassé ma voix pour le cri
Un autre est là qui prend ma place
Un autre dicte et moi j'écris

L'autre
Je suis l'autre



 Les autres chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles :
 
- Soleil cherche futur
- Bombez !
- Mon sissoyen


Dernière minute : On avait déjà évoqué son impétueux talent ici, mais l'ami Dror de l'indispensable blog Entre les oreilles me transmet cette nouveauté : la multi-instrumentiste Gunhild Carling y reprend le Happy de Pharrell Williams en jouant de dix instruments différents ! Merci à lui !


mercredi 29 novembre 2017

Les chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles III


Soleil cherche futur

L'infirmier de minuit distribue le cyanure
Et demande à Noé si le charter est prêt.
"Oh mec il manque encore les ours et les clônures
Mais les poux sont en rut, faut décoller pas vrai ?"
Et les voila partis vers d'autres aventures,
Vers les flèches où les fleurs flashent avec la folie
Et moi je reste assis les poumons dans la sciure
A filer mes temps morts à la mélancolie.

Soleil, soleil,
N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ?

Paraît que mon sorcier m'attend à Chihuaha
Ou bien dans un clandé brumeux de Singapour
Mais je traîne les PMU avec ma gueule de bois
En rêvant que la barmaid viendra me causer d'amour
Et je tombe sur l'autre chinetoque dans cette soute à proxos
Qui me dit "Viens prendre un verre. Tu m'as l'air fatigué."
Laisse tomber ta cuti, deviens ton mécano.
C'est depuis le début du monde que l'homme s'est déchiré.

Soleil, soleil,
N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ?

Adieu Gary Cooper, adieu Che Guevara.
On se fait des idoles pour planquer nos moignons.
Maintenant le vent s'engouffre dans les nirvanas
Et nous sommes prisonniers de nos regards bidon.
Les monstres galactiques projettent nos bégaiements
Sur les murs de la sphère où nous rêvons d'amour
Mais dans les souterrains, les rêveurs sont perdants.
Serions-nous condamnés à nous sentir trop lourds ?

Soleil, soleil, soleil, soleil
Soleil, soleil,
N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ?
Soleil, soleil,
N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ?
Soleil, soleil,
N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ?

Paroliers : Hubert-Félix THIEFAINE / Claude MAIRET

Version studio, celle de mon enfance


Étonnante et réjouissante version reggae, découverte récemment


Les autres chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles :

- Bombez !
- Mon sissoyen

vendredi 10 novembre 2017

Les chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles II

   J'ai réentendu cette chanson sur mon petit transistor de salle de bain la semaine dernière. Une version publique. Je ne l'avais jamais autant appréciée : ce rythme de caisse claire un peu militaire du début me faisant battre la mesure en exultant malgré moi (qui suis censé abhorrer la musique militaire), et puis les arrangements musicaux et la voix rocassée, s'envolant parfois, portée par l'enthousiasme du swing (mot d'ancien français inusité aujourd'hui, signifiant "groove" en français moderne), d'Arno. J'étais tout chose en enjambant la baignoire. Un peu d'effet madeleine aussi, certainement.

   Non seulement je ne comprends rien aux paroles (le début pourrait faire penser à un Salut à toi belge, cette hypothèse est cependant vite invalidée), mais en plus j'avais mal compris certaines d'entre elles : j'entendais "pour les bons citoyens" pour "pour mon sissoyen". D'ailleurs j'en suis encore à me demander comment cela est possible, puisque la version erronée a six pieds quand le syntagme correct n'en a que cinq. Ô ! Merveilles enchanteresses de la poésie !

   Je vais encore avoir du mal à me faire à cet ébranlement de mes habitudes auditives et verbales. Cela dit quand je ne comprends rien, je trouve souvent cela encore plus beau, s'ajoute à toutes les qualités tant musicales que poétiques del'oeuvre, le mystère qui, tout bien pesé, reste encore la vacance la plus apte à s'emplir de chatoyances imaginaires, comme la boîte du mouton.



Mon sissoyen

En silence
Je danse ma dernière danse
Je l'embrasse partout
Peuvent choisir où où
On parle avec les mêmes
On baise avec les autres
On danse avec les mêmes
On baise avec les autres

Je chante et je danse pour les iraniens
Je chante et je danse pour les vietnamiens
Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel

Merci pour tout
Merci pour rien
Merci pour m'avoir vu
Merci pour être ton chien
Merci pour tes fausses illusions
Merci pour l'amour
Qui ne rime malheureusement pas
Avec toujours

Je chante et je danse pour les iraniens
Je chante et je danse pour les vietnamiens
Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel

Allez allez
Circulez
Here we go

Adieu les lois martiales
Adieu mes rêves
Adieu mes soeurs
Adieu mes frères
Goodbye au revoir I've been a nice boy
Goodbye au revoir I've been a good boy

Je chante et je danse pour les iraniens
Je chante et je danse pour les vietnamiens
Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel

Je chante et je danse pour les iraniens
Je chante et je danse pour les vietnamiens
Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel

lundi 6 novembre 2017

Un martien

   Cette fois je ne me ferai pas avoir, c'est bien ici que j'ai entendu pour la première fois cet OVNI, dans un de mes opus préféré de cette émission que vous connaissez bien si vous suivez un peu ce blog. Surprenant, rigolo. Et puis un jour, j'ai entendu quatre autres créations de cet excentrique artiste : Gontran, Une bonne guerre, Un bourgeois qui pète à table et Alexandre. De plus en plus bizarre, parfois plus si amusant, un peu plombant même... Mais intéressant. Je ne l'ai pas mis dans la rubrique "Les chansons dont vous n'avez jamais compris les paroles", parce que celle-ci est attribuée à des titres connus, entendus et réentendus, sans que l'a réécoute n'amène plus de compréhension. Ici, c'est découverte absolue. Je ne sais d'ailleurs pas ce qu'est devenu cet original inventeur. Bonne écoute.

Le tubercule par quoi tout à commencé





mercredi 18 octobre 2017

's not dead

    Allez, réécoutons un peu l'enseignement du Maître, pour respirer un peu au milieu de cette actualité pléthorique en informations. En général je trouve les reprises de Brassens assez inutiles. Brassens c'est un ensemble, des chefs-d'oeuvres, certes, de musiques et de paroles, mais qui ne prennent leurs dimensions magiques que chantées par leur auteur lui même. Bien sûr, des initiatives de reprises comme celles de Sam Alpha, Brassen's not dead, Maxime le Forestier (et il y en a à foison) sont sympathiques. Mais en général elles me laissent plutôt froid, et las, mais las ! et tout agacé de l'être. Ici, c'est une découverte. Je ne dis pas que ça m'enthousiasme, mais c'est sympatoche aussi. Et en plus y a un chanteur qu'on aime bien, nous autres les auditeurs des émissions de radios libres ousk'ils passent de la chanson française non crétinisante. Sauras-tu le découvrir ?




mercredi 11 octobre 2017

Les chansons dont vous n'aviez jamais compris les paroles

   Dans cette nouvelle rubrique, vous allez enfin après tant d'années, pouvoir profiter du caractère poétique ou profondément signifiant de paroles de chansons dont vous n'aviez jusqu'à présent pu capter que quelques bribes, soit déficience auditive précoce, soit scansion volontairement inaudible de l’interprète, soit volume de l'accompagnement venant quasi annuler les efforts articulaires de celui-ci. Ainsi, en plus de jouir d'une bonne musique, d'arrangements aux petits oignons, d'une interprétation habitée, et d'un interprète sympa, votre jouissance sera multipliée par la compréhension des paroles. Par exemple, dans la chanson ci-dessous, je ne comprenais que le vers "T'es partie avec mes revenus", qui auguraient d'une savoureuse alchimie du verbe, des sons et du sens à la Gainsbourg. Mais la fonction apéritive de cette phrase restait pour moi en suspend, puisque aussi bien, d'un point de vue textuel, je n'avais plus rien à me mettre sous le tympan. Restait le rythme et les bruits de sirènes un peu punk-rock du titre.

   C'est dingue la déperdition qu'il y a dans la chanson un peu rock'n'roll, voir rap.

   L'inconvénient est réparé ici, merci qui ? En revanche, pour l'explication de texte, il faudra me donner un coup de main.

   Ah ! Les paroles ne sont finalement pas de Gainsbourg, mais de Jean Fauque (raté, par Boris Bergman non plus !).


Bombez !

Ah il sait tout mon petit doigt
T'es partie avec mes revenus
Que d'allées venues

Vers quel crayon s'est-elle taillée désormais ?
Que vais-je faire de cet abandon ?
À qui en faire don ?

Bombez le torse bombez !
Prenez des forces bombez !
Bombez le torse bombez !
Ça c'est my way

I know, I know
Sa turne a l'air habitée
Alors qu'on sait que personne n'y vit
À qui se fier ?

Bombez le torse bombez !
Prenez des forces bombez !
Bombez le torse
Ça c'est my way

Les paras sont normaux sous la tonnelle où rode
Où rode le Japon

Fidèle à ses traditions

Dans un dernier effort
L'empereur se soulève
Donne à boire au dragon
Et scrute les environs

Ah l'enfant que j'ai dans le dos
Fait se retourner tous les badauds
Piler les autos

Bombez le torse bombez !
Prenez des forces bombez !
Ça c'est my way

Ouistiti
T'as pas souri quand elle a ri
Tant pis
Les alter et les égaux
Ça m'est égal ça m'est ego

Bombez le torse bombez !
Prenez des forces bombez
Prenez des forces bombez
Ça c'est des my way.



lundi 2 octobre 2017

Jouons un peu avec les monstres sacrés

    Sauras-tu reconnaître ce troubadour, rencontré complètement par hasard vendredi après-midi, à la boîte (c'est une collègue qui m'a informé qu'il était là, j'en suis resté baba), et qui a fait verser des larmes chez certain(e)s membres de plus de quarante ans du public, hyper clairsemé au demeurant. Des personnes complètement à l'ouest ?




   J'avoue que moi, je n'aurais pas su que c'était lui, je ne l'aurais pas reconnu. A part son hymne, je le connais très peu en fait. Mais je regrette de n'avoir pas eu plus d'espèces sur moi pour m'offrir un CD dédicacé. Ce qu'on peut être môme parfois !

J'peux pas saquer les drapeaux, quoiqu'çui-là soit rigolo.

mercredi 27 septembre 2017

Sacqueboute XXV : la femme tronc

   Une pâte cette femme.


   D'une gentillesse !

Par Jacques Higelin et sa fille Izia. Je ne connais pas la jeune personne qui fait joliment le clown sur la vidéo.

   Un amour.

L'excellente Juliette sur un disque dont la couverture est dessinée par l'excellentissime Tomi Ungerer que je découvre en même temps que vous tout ébahi.

   Bienveillance, empathie, générosité, vous l'avez là toute résumée. Du bon pain en branche.

Là, je reste sans voix...

   Bon, laissons là notre tronc bonne, et à la prochaine !


Priviouslillonne Sacqueboute :

Journal intime
Gunhild Carling
Nils Wogram et Root 70
Carl Fontana
Animaux
Trombone Shorty
Cinéma
Feu
Le Canadian Brass
Local Brass Quintet
Buddy Morrow
Bones Apart
J.J. Johnson
Lawrence Brown
Vinko Globokar
Les funérailles de Beethoven
Treme
Craig Harris
Mona Lisa Klaxon
Juan Tizol
Bob Brookmeyer
Daniel Zimmerman
Frank Rosolino
Rico Rodriguez
Kid Ory

lundi 10 juillet 2017

Sachons rester jeune

Et puis la tradition par ce côté répétitif s’oppose à ce renouvellement continu qui est le propre de la production marchande. En matière de musique commerciale - qui d’ailleurs ne veut pas forcément dire mauvaise musique, la question n’est pas là - c’est, comme pour les fringues, la mode qui commande… Un style, un son sont vite démodés et deviennent oldies… A l’inverse les gens qui participent à une occasion rituelle attendent précisément quelque chose, certains sons. Quand je vais dans ces fêtes, je sais d’avance ce que je vais entendre et voir, mais je ne sais pas selon quelle intensité…
Alèssi dell'Umbria



   Wha l’autre hé ! c’est des trucs de vieux ! me suis-je entendu moquer quand je reprenais du Brassens ou suggérait de chanter du Barbara au repas de fin d’année de la chorale. Des trucs de vieux ! Mais pour ces vieillis prématurés du goût par les scies des radios commerciales ou des télés, tout ce qui est de qualité sera, dans le renversement idéologique qu’on connait, un truc de vieux. Bref. Pour prouver que je sais rester jeune, voici un chanteur que j’ai découvert très brièvement, par trois occurrences radiophoniques espacées, sur une fréquence dénuée de pub, d’actionnaire et de financement d’Etat, et qui m’a accroché l’oreille. J’ai trouvé qu’il avait un son bonne variété (j’y suis nul, mais ça m’a évoqué Calogero), qui ne déparerait pas sur une radio commerciale - où trop souvent la chanson non crétinisante, avec son côté « rive gauche », passerait pour ringarde - et des paroles intelligentes à première écoute.


   Peut-être un côté « de gauche » un peu gênant, et les textes d’icônes indignées apparaissant sur la vidéo ci-dessous pourraient rebuter les plus avancés d'entre nous...


  N'empêche qu'avec un mélodie comme ça, la voix et les arrangements qui vont bien, s'il avait mis des paroles sérieuses sur le refrain par exemple, je sais pas moi :

En camping
Dans le vent
Suis-je digne-
Ment son amant ?
Sur la rive
Viens on danse !
Vibre ! Vibre !
Ma Laurence !

... il avait toutes les radios de jeunes avec lui, et allez les NRJ, les Skyrock, les Chéri FM, et même les jeunes vieux de Nostalgie en prime. Mais merde, c’est l’été, ne boudons pas notre plaisir, on peut parfois avoir envie d’un truc plus easy listening que Stravinsky de temps à autres, quand même, non ?

   En plus il chante avec Nanard, Lavillos, qui, même quand on ne le suit pas toujours quand il fait l’apologie de Chavez ou du travail sidérurgique (mais il le fait si bien !), reste notre fort des Halles anar de la chanson préféré, qu’on a envie d’aimer sans écouter les médisants. C’est l’été, merde !


jeudi 18 mai 2017

L'artiste est un prolétaire

      Ainsi, il doit manger, subvenir à ses besoins élémentaires, pour cela travailler. Pour illustrer ma thèse, deux exemples.

      Boris Bergman, ce grand parolier - notamment pour l'immense Bashung - de l'oeuvre duquel est extraite une partie de l'exergue de ce blog, pour payer son biftèque (ma sensibilité anti-spéciste violentée me fait rajouter : de soja) a commis ceci :


      Une autre version :


      Deuxième illustration, Sapho. Elle a besoin de payer son loyer, pas vous ?


      Cela ne l'a pas empêché de reprendre le Maître dans une langue magnifique et avec sa voix tellurique digne de lui, c'est rare.


      Mais aussi l'Astre d'Orient.


      Y en a bien qui fabriquent des pneus, chacun son domaine.