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lundi 30 septembre 2019

Nihon yôkoso XVI

Un square pour enfants
Scène de vie au Japon
Hadrien, on rentre !
Mardi 2 mai 2019


   Ce matin, musé du manga. Je suis un peu déçu car au fond  je n'y connais rien, à part Miyazaki et Kon, mais eux ce sont plutôt des auteurs d'anime. Malgré cela c'est bien sympa de voir tous ces jeunes et moins jeunes lire studieusement et voluptueusement des livres ! En papier, oui, oui ! Des livres par milliers alignés du sol au plafond ! Ça donne le tournis.





Pas un seul téléphone intelligent ! Les GAFAM ont du souci à se faire... Le manga sauvera le cerveau humain !

   Puis je vais au palais impérial, le vrai, je veux dire celui de l'ère Heian (794), capitale Kyoto, bien avant que les gouvernements militaires n'élisent Kamakura (1185), puis Edo (c'est à dire Tokyo - 1603), comme capitales des shoguns.

Un copain.


Je l'ai déjà dit mais je le répète, les toilettes japonaises m'ont enchanté.


Un autre copain se cache dans le paysage, sauras-tu le retrouver ?






   Et puis en fin de journée, à nouveau impressionné et intimidé, je me rends au dojo d'Okamoto Yoko sensei shihan. Dans un quartier ordinaire, absolument pas touristique. Vous avez déjà vu la jolie porte du dojo dans le pénultième Nihon Yôkoso. J'ai été très gentiment accueilli, par les pratiquantes et pratiquants (dont beaucoup sont étrangers, Américains, Français...), et par Okamoto Yoko sensei shihan elle-même, très sympa. J'en ai un peu bavé, le léger stress, mais surtout je commence par être assez fatigué par ce voyage.



   Une petite anecdote à propos d'Okamoto sensei shihan, que m'a racontée Bernard Palmier shihan, 7ème dan, un des enseignants les plus actifs et les plus connus au sein de la fédération d'aïkido française, ami et de la génération de Christian Tissier. A l'époque il vivait au Japon, et y enseignait le français. A l'une des ses élèves, adolescente qui lui demandait pourquoi il était venu vivre au Japon, il a répondu que c'était pour y pratiquer l'aïkido, sa passion. L'adolescente demanda alors : "l'aïkido ? C'est pas ce truc avec le petit vieux, là...", et de rire, et de se moquer gentiment, la zone ! Cette adolescente est devenue aujourd'hui Okamoto Yoko sensei shihan, une référence et une figure de notre discipline.

vendredi 26 juillet 2019

Nihon yôkoso XI

Départ pour Nikko
Foule, sac lourd, marche et recherches
Repos mérité !

Samedi 27 avril 2019

   Ce matin Yasuno ter ! 1h30 sans échauffement. Dojo dans l'université Meiji. Il me prend souvent au milieu. Grand. Dernières chutes à Tokyo.

 Un monde fou dans cette gare géante. Paumé et souffrant des bretelles me broyant les épaules de mon sac à dos de trois tonnes, je parviens à effectuer les démarches pour activer mon Japan Railway pass, qui me permettra de prendre presque quasi tous les trains grandes lignes pendant une semaine, et à trouver mon quai.

   La suite de mon périple ne se fera pas seul. Au Japon, à partir d'aujourd'hui, c'est la Golden Week, à savoir... les congés annuels (en tous cas l'une de leurs sessions) ! Et cette année elle est rallongée chouïa, because changement d'empereur et donc d'ère. Je ne serai donc pas un con de touriste parmi les rares touristes occidentaux, mais un touriste plus fondu dans le paysage, parmi des flots de touristes japonais ! Certes, il y aura foule, mais ça ne me déplaît pas, cela me donnera un sentiment d'appartenance à ce peuple des confins, des points communs supplémentaires avec les Nippons. Et puis, il y aura plein d'enfants ! Ça donne de la vie, des sourires, et des facilités de liens à créer, fussent-ils fugaces. Toutes ces réflexions, je me les suis faites après coup, a posteriori, c'est le résultat de l'expérience : c'était chouette comme ça !



   Je fais escale à Utsunomiya :


Vingt dieux qu'il est lourd le salaud !



Mon sucre.

Là c'est de la gourmandise.

Arrivé à Nikko, sourire légèrement crispé, petit scarabée s'apprête à rouler sa boule d'excrément jusqu'à son terrier. Dur, dur d'être un apprenti rônin de cinquante berges !

Mais dès la sortie des encombrements de la gare, quel n'est pas la surprise de Wroblewski (qui, malgré les consonances slaves de son nom, a des origines suisse alémanique), de se retrouver dans la mère Patrie !

Vue de Nikko, préfecture de Tochigi, Japon.

Vue de Buchs, canton de Saint-Gall, Suisse.



Ca va grimper sec jusqu'à l'auberge, un genre de chalet. Derniers moments de broyage, mais exponentiellement intense, des épaules de Wrobly. Il comprendra seulement en haut, que ce qui doit porter le plus, ce sont les hanches, grâce à la ceinture à bien serrer au-dessus du bassin, et non les épaules par les bretelles. Une illumination on ne peut plus aïki ! La suite du voyage sera donc plus confortable à ce niveau.


Mais pour le moment, repos et dodo bien mérités.

vendredi 19 juillet 2019

Nihon Yôkoso X

Lost in translation
La neige multicolore
Pleut comme dehors.
Vendredi 26 avril 2019

   Ce soir je vais pratiquer dans un deuxième dojo de Yasuno sensei, déjà évoqué ici et .

   Demain je quitte Tokyo. Un peu triste et me sentant seul, je rentre dans un bar...


... dans le but de consommer pour oublier.


   Mais comme cet articule de transition en demi teinte risque de vous laisser sur votre faim, voici la bande annonce du film de Wes Anderson L'Ile aux chiens, que j'ai visionné hier. Un bien joli film américain très japonais qui, sous sa forme d'anime humoristique, illustre de graves et de nouveau très actuelles tendances politiques mondiales, et dont la fiction se déroule sur l'archipel dite du soleil levant. C'est bourré de références aux nippons et à leur culture : il me semble même qu'on y entend à un moment un bref extrait de la bande originale des 7 samouraïs !



lundi 1 juillet 2019

Nihon yôkoso ! VIII

Les cieux sont brouillés
J'emprunte donc les ryus*.
Aérien. Mouillé.
Mercredi 24 avril 2019
*ryu = dragon

   6h30, Doshu. Je tombe sur un partenaire jeune Irlandais vivant à Tokyo. Dès le début, soit fatigue, soit surprise de redécouvrir dans ce petit coq occidental un comportement qu'on croise souvent chez nous, une suffisance cavalière de personne se pensant arrivée, en terrain conquis, avec un air concentré et détaché à la Honk Kong Fu Fu. Toujours est-il que je me braque instantanément et mon énervement se transmet à ma pratique, qui s'oriente un peu vers l'agressivité. Autant dire qu'il commence par avoir du mal à me faire chuter, et qu'il frise une fois ou deux de prendre ma main, très souple, mais ni retenue ni ralentie, sur la gueule. Et puis, à peine quelques minutes (secondes ?) passent et... Doshu est là, près de moi, et me regarde, étonné, presque déçu. Ça me calme tout de suite. Je rentre dans de meilleurs dispositions, notre pratique s'apaise. Le jeune Irlandais me parle, me demande d'où je viens, je lui renvoie la question... bref, on devient presque copains. Incroyable ! Vu le nombre d'étudiants sur le tatami - on peut à peine chuter sans se rentrer dedans -, après sa démonstration au centre, il a senti immédiatement qu'il y avait de mauvais vibrations quelque part, que la Force était perturbée, et s'est trouvé là, instantanément à l'endroit tendu, ainsi venu, calmant le jeu par sa seule présence attentive et bienveillante. Bluffant (maintenant, au-delà des faits extérieurs rigoureusement exacts, j'ai peut-être fantasmé l'interprétation d'iceux...) !

Bon, vous me suivez toujours ?...

   Je décide d'aller dans le quartier d'Odaiba, l'"anti-Yanaka (voir Nihon Yôkoso précédent)" : à l'autre bout de Tokyo, c'est un quartier totalement artificiel, construit sur des terres gagnées sur la mer. Pas que cela m'attire particulièrement. Cependant, pour s'y rendre, l'on peut emprunter une ligne de métro qui n'aurait rien à envier aux montagnes russes de la foire du Trône, d'autant plus qu'elle survole la baie de Tokyo ! Ça fait longtemps que je ne suis pas monté dans un manège, allons-y !





   Et puis, au bout, le Pacifique ! Si j'avais su qu'un jour je verrais de mes yeux ce géant, ailleurs que dans les romans de Conrad, au cinéma ou dans les Têtes brûlées. Malheureusement le temps ne se prête pas à un petit bain, ce n'est peut-être même pas autorisé.


   Suite du programme : Asakusa (prononcer Asaxa), vous savez, l'un des deux quartiers du manga évoqué dans Nihon Yôkoso VII. Pour m'y rendre j'ai le choix : reprendre le métro, ou bien grimper sur un bateau pour traverser la baie (à mon arrivée à l'aéroport j'ai acheté une carte rechargeable qui m'a permis d'utiliser tranquillou métro, trains de banlieue, bus, à Tokyo comme en province, ainsi que le bateau : bien pratique). Je décide finalement d'emprunter le Nautilus, en tout cas ça lui ressemble.




   J'ai beaucoup aimé Asakusa. Bien avant Shinjuku et Shibuya, jusqu'à la seconde guerre mondiale, c'était le quartier où l'on aimait sortir. Puis il a perdu de sa prépondérance et à fini par être trouvé démodé par la jeunesse des 60's.

L'entrée de l'allée aux souvenirs aboutissant au temple Senso-ji, le plus célèbre de la ville. Je l'enquille pedibus, me tape une glace et un beignet typique, et achète quelques jolies merdouilles à offrir au retour.




   Après le temple bouddhiste, ne sachant plus trop ou porter mes pas, je me dirige vers la Skytree, une de ces tours gigantesque à l'architecture futuriste qu'apparemment semblent affectionner les urbanistes tokyoïtes...



   Elle se révélera être un temple, elle aussi, mais de la consommation. Je m'y achète des cakes (du sucre !).

Par exemple.

   De retour dans mon quartier, j'avise un resto cave de jazz. Je me fais ce plaisir avant d'aller au sentô puis au dodo. Un excellent trio. Et puis je ne me suis pas trop senti oppressé par la promiscuité légendaire de la grande ville : nous étions 7 spectateurs mélomanes dans la salle !