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vendredi 13 octobre 2017

34e Congrès HR : reportage.


   Comme vous le savez si vous êtes bien informés, les DRH de nos belles entreprises de France, et de notre belle entreprise France dirais-je si j'osais, se sont réunis en congrès ces deux derniers jours dans un restaurant de luxe du bois de Boulogne, le Pré Catelan, afin de peaufiner leurs connaissances grâce au partage, dans une franche ambiance de camaraderie de bon augure. Depuis qu'Emmanuel Macron, apôtre de la réalisation des principes vertueux de la République par les moyens n'ayant plus à faire leurs preuves des meilleures de nos entreprises, mères nourricières de la nation, la sainte Egalité inscrite au fronton des bâtiments de nos augustes institutions n'est plus un vain mot. C'est dans la continuité de cette mission que nos bons directeurs se réunissent.

   La Plèbe, et vous vous en doutez, n'est pas à la traîne de cet évènement. Il a infiltré un de ses envoyés spéciaux dans la place, Jean-Bernard Varlin, grimé en loufiat. Ce collaborateur (soyons innovants et progressistes, nous aussi !) nous a rapporté les propos d'un des participants de l'atelier "Concilier vie professionnelle et professionnelle dans la nouvelle ère collaborationniste" du congrès, réunie dans un des salons du Relais et Chateaux, qui a vu certains des représentants de nos plus prestigieuses start-ups, accueillir leurs collaborateurs prestataires, auto-entrepreneurs, intermittents, ou personnes en service civil (dont certains, même, venus en famille...), pour traiter en toute confraternité - le contrat léonin, la relation de subordination, la hiérarchie est désormais obsolète dans ce que nous pourrions appeler le socialisme libéral de notre jupiterien mentor - des affaires courantes gagnant-gagnant. L'un de ces collaborateurs se présente pour négocier le tarif des prestations qu'il propose...

   Place au journalisme ! Jean-Daniel, nous lisons avec avidité la relation que nous fait de cet atelier votre aimable informateur !


   "Nous trinquâmes à sa santé sur le comptoir au milieu des collaborateurs auto-entrepreneurs qui en bavaient d’envie. Les collaborateurs c’étaient des ex-salariés assez délurés pour oser s’approcher de nous les DRH, une sélection en somme. Les autres puent-la-sueur, moins dessalés, préféraient demeurer à distance. L’instinct. Mais les plus dégourdis, les plus contaminés, devenaient des managers d’intérimaires. Dans les boîtes, on les reconnaissait les managers anciens prolos à ce qu’ils engueulaient passionnément les autres collaborateurs. Un collègue en costume Jonas et Cie achetait des prestations de courses en ville, à vélo, en scooter, en voitures. 

   Comme nous étions là, jamais las de l’entendre, une famille de coursier, timide, vient se figer sur le seuil de la porte. Le père en avant des autres, ridé, affublé d'un petit gilet jaune, son gros casque à bout de bras. 

   Il n'osait pas entrer le sauvage. Un des managers de prestataires l'invitait pourtant : « Viens, bougnoule ! Viens voir ici ! Nous y a pas bouffer prolos ! » Ce langage finit par les décider. Ils pénétrèrent dans la cagna cuisante au fond de laquelle tempêtait notre homme au costume « Jonas et Cie ». 

   Ce tâcheron n'avait encore, semblait-il, jamais vu de grand restaurant, ni de DRH peut-être. Sa femme le suivait, yeux baissés, tenant dans ses mains, tremblantes, l’épais relevé de courses impayées. 

   D'autorité les managers recruteurs s'en saisirent de son relevé pour évaluer le contenu sur la balance de l'offre et de la demande. Le trimeur ne comprenait pas plus le truc de la balance que le reste. La femme n'osait toujours pas relever la tête. Les autres überisés de la famille les attendaient dehors, avec les yeux bien écarquillés. On les fit entrer aussi, enfants compris et tous, pour qu'ils ne perdent rien du spectacle. 

   C’était la première fois qu’ils venaient comme ça tous ensembles de banlieue, vers les cols-blancs en ville. Ils avaient dû s’y mettre depuis bien longtemps les uns et les autres pour effectuer toutes ces courses. Alors forcément le résultat les intéressait tous. C’est long les allers-tours en mobylettes, dans les petits goulets entre les bus et les camions. Souvent, on n’en a pas un petit SMIC en deux mois. 

   Evaluation faite, notre cadre entraîna le père, éberlué, derrière son comptoir et avec un crayon lui fit son compte et puis lui enferma dans le creux de la main quelques pièces en argent. Et puis : « Va-t'en! qu'il lui a dit comme ça. C'est ton compte !... » 

   Tous les petits amis start-upers s'en tordaient de rigolade, tellement il avait bien mené son business. Le pauvre restait planté penaud devant le comptoir avec son petit pantalon de survêtement orange sur les fesses. 

   « Toi, y a pas savoir argent ? Sauvage alors ? que l'interpelle pour le réveiller l'un de nos managers, débrouillard, habitué et bien dressé sans doute à ces transactions péremptoires . Toi y en a pas parler « francé » dis ? Toi y en a gorille encore hein ?... Toi y en a parler quoi hein ? Kous Kous ? Verlan ? Toi y en a couillon ! Banlieusard ! Plein couillon ! 

   Mais il restait devant nous le prolo, la main refermée sur les pièces. Il se serait bien sauvé, s'il avait osé, mais il n'osait pas. 

   « Toi y en a acheter alors quoi avec ton pognon ? intervint le cadre opportunément. J'en ai pas vu un aussi con que lui tout de même depuis bien longtemps, voulut-il bien remarquer. Il doit venir de loin celui-là ! Qu'est-ce que tu veux ? Donne-moi le ton pognon ! » 

   Il lui reprit l'argent d'autorité et à la place des pièces lui chiffonna dans le creux de la main un grand mouchoir très vert qu'il avait été cueillir finement dans une cachette du comptoir. 

   Le père pue-la-sueur hésitait à s'en aller avec ce mouchoir. Le cadre fit alors mieux encore. Il connaissait décidément tous les trucs du commerce équitable. Agitant devant les yeux d'un des tous petits pauvres enfants, le grand morceau vert d'étamine : « Tu le trouves pas beau, toi, dis morpion ? T'en as souvent vu comme ça, dis ma mignonne, dis ma petite charogne, dis mon petit boudin, des mouchoirs ? » Et il le lui noua autour du cou, d'autorité, question de l'habiller. 

   La famille de collaborateurs précaires contemplait à présent le petit orné de cette grande chose en cotonnade verte... Il n'y avait plus rien à faire puisque le mouchoir venait d'entrer dans la famille. Il n'y avait plus qu'à l'accepter, le prendre et s'en aller." 


vendredi 1 septembre 2017

Y a qu'là qu'on est bien

À droite de mon banc s’ouvrait précisément un trou, large, à même le trottoir dans le genre du métro de chez nous. Ce trou me parut propice, vaste qu’il était, avec un escalier dedans tout en marbre rose. J’avais déjà vu bien des gens de la rue y disparaître et puis en ressortir. C’était dans ce souterrain qu’ils allaient faire leurs besoins. Je fus immédiatement fixé. En marbre aussi la salle où se passait la chose. Une espèce de piscine, mais alors vidée de toute son eau, une piscine infecte, remplie seulement d’un jour filtré, mourant, qui venait finir là sur les hommes déboutonnés au milieu de leurs odeurs et bien cramoisis à pousser leurs sales affaires devant tout le monde, avec des bruits barbares.

Entre hommes, comme ça, sans façons, aux rires de tous ceux qui étaient autour, accompagnés des encouragements qu’ils se donnaient comme au football. On enlevait son veston d’abord, en arrivant, comme pour effectuer un exercice de force. On se mettait en tenue en somme, c’était le rite.

Et puis bien débraillés, rotant et pire, gesticulant comme au préau des fous, ils s’installaient dans la caverne fécale. Les nouveaux arrivants devaient répondre à mille plaisanteries dégueulasses pendant qu’ils descendaient les gradins de la rue ; mais ils paraissaient tous enchantés quand même.


Autant là-haut sur le trottoir ils se tenaient bien les hommes et strictement, tristement même, autant la perspective d’avoir à se vider les tripes en compagnie tumultueuse paraissait les libérer et les réjouir intimement.

Les portes des cabinets largement maculées pendaient, arrachées à leurs gonds. On passait de l’une à l’autre cellule pour bavarder un brin, ceux qui attendaient un siège vide fumaient des cigares lourds en tapant sur l’épaule de l’occupant en travail, lui, obstiné, la tête crispée, enfermée dans ses mains. Beaucoup en geignaient fort comme les blessés et les parturientes. On menaçait les constipés de tortures ingénieuses.

Quand un giclement d’eau annonçait une vacance, des clameurs redoublaient autour de l’alvéole libre, dont on jouait alors souvent la possession à pile ou face. Les journaux sitôt lus, bien qu’épais comme de petits coussins, se trouvaient dissous instantanément par la meute de ces travailleurs rectaux. On discernait mal les figures à cause de la fumée. Je n’osais pas trop avancer vers eux à cause de leurs odeurs.


Ce contraste était bien fait pour déconcerter un étranger. Tout ce débraillage intime, cette formidable familiarité intestinale et dans la rue cette parfaite contrainte ! J’en demeurais étourdi.

Je remontai au jour par les mêmes marches pour me reposer sur le même banc. Débauche soudaine de digestions et de vulgarité. Découverte du communisme joyeux du caca. Je laissais chacun de leur côté les aspects si déconcertants de la même aventure. Je n’avais pas la force de les analyser ni d’en effectuer la synthèse. C’est dormir que je désirais impérieusement. Délicieuse et rare frénésie !

Louis-Ferdinand Céline.- Voyage au bout de la nuit.



Rien à voir, si ce n'est que c'est une vraie merde, si vous voulez avoir un microscopique sentiment d'oeuvrer, vous aussi, tout en préservant votre pied de la bouillie, vous pouvez-toujours écrire aux copains blessés, ou signer.

lundi 9 janvier 2017

Jouons un peu avec les copains des autres

   Qui est le personnage, plutôt bon zigue et boute-en-train, décrit et dialoguant (monologuant ?) dans les extraits ci-dessous ? Et qui tient la plume ? Saurez-vous le découvrir les copains ?
   Sous la mienne, de plume, le nom du personnage en question a été remplacé par celui de Titi Voyou. 
   C'est, évidemment, hyper fastoche, et je me suis donné beaucoup de mal pour pas grand chose, mais je suis un peu sec, en ce moment...


C'est alors qu'habillé d'un imperméable flasque et d'un pantalon effrangé, ruiné, ses gants de motocycliste pendus au cou, un bidon d'essence à la main, ses épaules cuirassières ployant un peu sous le poids de ses ruminations, Titi Voyou déboucha dans le boudoir et dit :
   "
Salut, les hommes ! Vous avez lu ça, les journaux, ils nous balancent un drôle de bignolage, une fanfare au caillé noir qui baratine l'enfer dans les petites têtes du trèpe qu'avant six mois, oui, mes vaches, avant six mois, les tinettes à Lebrun, elles dégorgeront du sang frais et de la fricassée et du mutilô et vas-y Durand, mes tripes d'un côté, mes gambilles de l'autre, Löwenstein à Valparaiso et marrez-vous bien, la merde qui monte, plus d'hommes, plus de Francecaille, un derniner glouglou, un joli glouglou bien merdeux, fini, plus question. En attendant, sus aux barbares, sonnez clairons, emballez mes osses et plantez un saule."
   
Vouyou prit respiration. Cependant le barbiflore se levait, s'inclinait à se casser la barbe et disait d'une voix soyeuse :
   "
Monsieur Voyou. Je suis heureux de. J'aime tant ce que vous faites, j'adore, je raffole. Un dynamisme. Un nuancement. Un farouchisme. Ah ! la gueule de ça. Mais je vous demande pardon. Richard Eutrope. Poète. Je suis Richard Eutrope.
   - Je suis heureux, encore que confus, dit Voyou avec cérémonie et la voix biseautée. Vous travaillez dans l'anémie ?"

[...]

   "L'oeil viceloque, chez la femme en fleur, ça se tolère toujours bien, fit observer Voyou. Elles ont de l'arrondi, des rappels de croupe dans le minois, avec du mystère d'entre-deux. Là-dedans, l'oeil vicieux se trouve niché, il tombe à sa place. Mais chez l'homme, même un jeunot comme Boquillard, la luisance salace, c'est pas regardable. Ça manque d'accords, l'oeil est tout seul. C'est ce qui me fait honte quand je sors avec Popaul ou avec Fauchois. Ces fumiers-là..."
   Paul et Fauchois se mirent à l'injurier, à lui rappeler les livres orduriers qu'il avait écrits, ce grand dégoûtant.
Voyou raconta une aventure qui venait d'arriver dans son dispensaire de banlieue : un accouchement avec déchirure : le chirurgien, un jeune, un apprenti barbier un peu myope, avait recousu jusqu'à l'anus inclus ; la malade se plaignait de ne pas aller, etc. etc.

[...]

   "Chez toi, c'est plus fréquentable, dit Voyou à Gen Paul. J'ai rien contre les barbes, mais si tu te mets à recevoir des poètes parfumés, des pisseurs de queue de cerise, où qu'on va ? C'est le courant d'air avec l'Académie. Ton Richard Eutrope, je connais ça ; c'est du poète classique, surclassique, archiacadémique : le renifleur de coco, l'esthète à médème, avec des complexes et des petites moiteurs de pédoque, le versicule dévirgulé à velléité musicale et philosocoque, quel charme qu'il a, ma chère, et profond, la vache, comment qu'il vous baratine les contraires dans son verbe taillé en pointe, communo en diable et anarcho comme grand papa, chanteur de la désespérance du rien, kierkegaardien de la semaine prochaine, et les mondes s'affrontent dans mon coeur boudeur comme en 1900, et je dis oui en plein, et non par la bande, et mes fesses dans mon subconscient. Paul, t'es qu'un vilain, une vicieuse. Si t'avais le respect de nos génies, t'essaierais pas de nous faire gamberger dans ta tôle avec des poètes anémiques."


   Paul se révoltait, se secouait comme un sanglier, et tentait d'éclater entre deux respirations, mais Titi le fermait à coup de verbe. A la fin :
   "
Bon Dieu ! Mais qu'est-ce que tu viens me bonnir, avec tes anémies ?"

[...]


Titi le prit très mal. Il y eut des gueulements qui s'entendirent jusque dans l'avenue.

[...]

   Le cor anglais récita un de ses poèmes. Paul s'apprêtait à n'y rien comprendre, mais le poème était facilement intelligible.
   "
Ça a l'air moins tarte que j'aurais cru, convint-il. Je vas quand même prévenir Titi."
   Paul sortit sur le pas de sa porte et siffla dans ses doigts. La tête de
Voyou apparut à une fenêtre de l'autre côté de l'avenue. Cinq minutes plus tard, il était dans l'atelier . Mis au fait, il prit un air sérieux, son air de médecin, et après avoir tâté le pouls à Boquillard, dit en lui tapotant la joue :
   "
Ce sera peut-être rien, mais c'est quand même à surveiller. T'as de bonnes selles ? Et la nuit, comment que tu dors, la nuit ?
   - Ça dépend. Y a des nuits, je fais qu'un somme. D'autres nuits, je ferme pas l'oeil, mais c'est parce que j'écris des vers.
   - Je vois ce que c'est : le tœnia métrophage avec résonances interglandulardes. Voilà mon traitement : trente alexandrins à la fin de chaque repas. Ton tœnia, tu l'auras à l'indigestion. Maintenant, sors-nous ta chansonnette."

[...]



Voyou prédisait pour la fin de l'été des catastrophes, des guerres puantes, des famines, des coulées d'abcès monstrueux crevant sur le monde, et prenait le ministre à témoin :
   "
Ah ! ma vache, une drôle de biglouse, qu'on va se tailler, du cinéac à péripéties avec une belle fin bien amenée. Comment qu'on va l'avoir dans le train, ma vache, et sans se dérangemane..."
   Le ministre d'Agriculture était un peu surpris. Dans une moment d'accalmie relative, il se pencha sur Villeboeuf pour lui dire :
   "
Curieux homme, ce M. Voyou ! Mais pourquoi m'appelle-t-il toujours "ma vache" ?"


[...]

Des voix s'élevèrent pour réclamer au barbiflore de leur réciter un de ses poèmes. [...] Au dernier assaut mené par Titi, il ne résista plus.


[...]

   "
Dans ce machin là, commenta Voyou, après avoir laissé durer un silence cruel, il y a une profondeur terrible. A entendre, comme ça, on croirait que c'est de la frime de chicandier, des petites vapeurs de nib de poouic, mais faut pas s'y fier. Moi qui suis connaisseur comme pas un, j'entrevois là-dessous un monde de sous-entendus. Y a de l'allusion qui fait penser, du je-ne-sais-quoi vertical qui vous vertigine dans la tronche, et de l'insidieux, et de la troublance, et de la métagnostique affreuse. Mais ces fumiers là, ils comprennent pas la beauté. Visoquez-moi ça si ça ronfle. Ces hommes là, c'est du béotien et de l'épiceloque. Mais bougez-pas, mes vaches, moi, la poésie, je vas vous la faire entrer dans la terrine. Boquillard, à ton tour. File leur un bon coup de poésie, à ces truands là.

[...]

Titi Voyou, lui, était debout au milieu du boudoir et tenait le barbiflard sous ses regards flamboyants. Soudain, il se rua sur le malheureux et, d'un seul coup, lui arracha la barbe. Après quoi, il lui arracha cruellement la tête, puis les bras, les jambes. Et le tronc, il se mit à le déchirer. 



   Bravo aux participants ! Il s’agit bien de notre grand écrivain L.-F. Céline. Grand écrivain et grand rebelle, qui eut le courage de critiquer vertement, de vilipender même, j’ose le dire, le réformisme et l’excessive indulgence du régime nazi envers les populations israélites, entre autres. Contre toutes les religions, Céline luttait infatigablement contre les sectes, comme celle des « jansénistes », par exemple (authentique). Comme tous les anarchistes bien burnés, il a été jalousé par la racaille gauchiste, qui le taxa honteusement d’islamophobie je crois, enfin d’un de ces qualificatifs stigmatisant confusionnistes sans fondements.

Le réformisme et le laxisme n’ont jamais su trouver grâce aux yeux de notre personnage mystère.

   On trouve dans la nouvelle Avenue Junot quelques personnages quand même moins terrifiants et plus sympathiques, par exemple ici, un habitué de l'herbe tendre :

   "Mac Orlan, qu'un hasard avait enlevé à Saint-Cyr-sur-Morin et déposé chez Paul, considérait l'atelier avec moins de rancune que d'attendrissement. Il se souvenait de l'avoir habité vingt-cinq ans plus tôt et d'y avoir vécu des jours difficiles. Avec Daragnès, il parlait du temps d'avant 1914 et des amis dispersés."


   Et aussi un ami blogueur, qui se reconnaîtra peut-être :

   "Dans l'avenue Junot, M. Letort faisait les cent pas. Il avait maintenant une fort belle barbe où fleurissait un sourire d'optimisme et il venait de s'acheter un parapluie neuf avec lequel il faisait d'allègres moulinets. En voyant Adélaïde caracoler sur l'abside dans les bras d'un jeune homme rasé de frais, il sentit son coeur s'endeuiller. Sa barbe lui parut un ornement dérisoire, une misérable chose vaine."

   Ah ! Adélaïde !