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lundi 1 février 2021

Eloigné dans une représentation

Que suis-je ?
- Mort d'un soldat loyaliste, photographie du reporter engagé Robert Capa ;
- Mort d'un milicien, image du photographe de guerre antifasciste hongrois Endre Erno Friedmann ;
- La mort d'un travailleur luttant contre le capital sur le front de Cordoba ;
- La mort du militant anarcho-syndicaliste Federico Borrell Garcia, tué le 5 septembre 1936 ;
- L'objet de multiples controverses sur une éventuelle mise en scène, le lieu, la personne... ;
- Une oeuvre d'art ;
- Un objet de spéculation ;
- Un tirage de presse adjugé 75 000 euros à François Pinault, 27ème fortune mondiale et collectionneur d'art, en janvier 2020 dans une salle parisienne de la multinationale de vente aux enchères Southeby's ;
- La propiété d'un ancien grand patron du luxe, connu pour la liquidation féroce de nombreuses entreprises et des licenciements massifs à la clé ;
- Un aide-mémoire pour faire revivre ce moment tragique mais magnifique au cours duquel le peuple en armes sut faire trembler le bourgeois en collectivisant une grande part de l'économie ;
- Une idée et des extraits chipés par un blogueur sans scrupule au journal du reconfinement du syndicat du bâtiment SUB-CNT.

vendredi 17 novembre 2017

Un charme discret qui fouette sacrément

   Bunuel a beau être un de mes cinéastes préférés, je n'avais encore jamais vu celui-ci. C'est chouette de pouvoir encore découvrir, par hasard, des œuvres d'un artiste qu'on aime. C'est l'intérêt d'être passé à côté d'une "intégrale", pour moi qui, assez maniaque et toqué, ai tendance à une inclination certaine pour ces totalisantes séries.


   Ici, voyeurs coquins que nous sommes, nous assistons avec ravissement à la séance de torture qu'inflige Bunuel a une brochette de bourgeois, fantastiquement coincés dans une pièce d'un château en tenues de soirée. Et ça dure. 


   Comme on aimerait voir Macron, son ministère et un panel choisi de membres de l'oligarchie qu'il sert si bien, ce frais mais déjà rance boy-scout du Capital, avec bien sûr conjointes et conjoints, se retrouver dans la même situation et subir le même châtiment, comme disait Hugo à propos d'un autre mégalo. 


   Ça les ferait peut-être réfléchir à la promiscuité mortelle et dégradante que leur malfaisance impose aux personnes confinées sur un radeau de migrants, dans le cul de basse-fosse d'une prison, un centre d'hébergement pour miséreux, un centre de rétention, un hôpital vétuste, une maison de pauvres vieux, etc., etc....

   Ma dernière actu ciné.

lundi 18 avril 2016

Notion de dépense

  En tant que classe possédant la richesse, ayant reçu avec la richesse l’obligation de dépense fonctionnelle, la bourgeoisie moderne se caractérise par le refus de principe qu’elle oppose à cette obligation. Elle s’est distinguée de l’aristocratie en ce qu’elle n’a consenti à dépenser que pour soi, à l’intérieur d’elle-même, c’est-à-dire en dissimulant ses dépenses, autant que possible, aux yeux des autres classes. Cette forme particulière est due, à l’origine, au développement de sa richesse à l’ombre d’une classe noble plus puissante qu’elle.

La France décore en catimini le prince héritier d’Arabie saoudite de la Légion d’honneur.

A ces conceptions humiliantes de richesse restreinte ont répondu les conceptions rationalistes qu’elle a développées à partir du XVIIe siècle et qui n’ont pas d’autre sens qu’une représentation du monde strictement économique, au sens vulgaire, au sens bourgeois du mot.

Le PDG de PSA Carlos Tavares double son salaire : 5,24 millions d’euros : « Chut ! Go ahead, make my day ! »

La haine de la dépense est la raison d’être et la justification de la bourgeoisie : elle est en même temps le principe de son effroyable hypocrisie. Les bourgeois ont utilisé les prodigalités de la société féodale comme un grief fondamental et, après s’être emparés du pouvoir, ils se sont cru, du fait de leurs habitudes de dissimulation, en état de pratiquer une domination acceptable aux classes pauvres.

La socialiste serait pressentie pour être présidentiable. Elle pourra alors, si ce n'est déjà fait, profiter du magnifique yacht à propos duquel le petit prédécesseur de Pépère a tant injustement été critiqué.

Et il est juste de reconnaître que le peuple est incapable des les haïr autant que ses anciens maîtres : dans la mesure où précisément, il est incapable de les aimer, car il leur est impossible de dissimuler, du moins, un visage sordide, si rapace sans noblesse et si affreusement petit que toute vie humaine, à les voir, semble dégradée.
[…]
  Il faut ajouter que l’atténuation de la brutalité des maîtres – qui ne porte d’ailleurs pas tant sur la destruction elle-même que sur les tendances psychologiques à la destruction – correspond à l’atrophie générale des anciens processus somptuaires qui caractérise l’époque moderne.
  La lutte de classe devient au contraire la forme la plus grandiose de la dépense sociale lorsqu’elle est reprise et développée, cette fois au compte des ouvriers, avec une ampleur qui menace l’existence même des maîtres.


Georges Bataille.- La Notion de dépense.

mercredi 23 mars 2016

Hommage

"Le républicain socialiste déteste la grandeur, la puissance et la gloire militaire de l'Etat, il leur préfère la liberté et le bien être.


[...] Le socialiste [...] s'appuie sur ses droits positifs à la vie et à toutes les jouissances tant intellectuelles et morales que physiques de la vie. Il aime la vie, et il veut en jouir pleinement. Ses convictions faisant partie de lui même, et ses devoirs envers la société étant indissolublement liés à ses droits, pour rester fidèle aux unes et aux autres, il saura vivre selon la justice [...] ; mais il ne dira jamais que la vie de l'humanité doive être un sacrifice, ni que la mort soit le sort le plus doux. [...]


[...] Le socialiste se distingue du bourgeois par la justice, ne réclamant pour lui-même que le fruit réel de son propre travail ; et il se distingue du républicain exclusif par son franc et humain égoïsme, vivant ouvertement et sans phrases pour lui-même, et sachant qu'en faisant selon la justice, il sert la société tout entière, et qu'en la servant, il fait ses propres affaires.

C'est vraiment trop injuste !
[...] Le socialiste est naturel, modérément patriote, mais, par contre, toujours très humain."

Michel Bakounine.- Fédéralisme, socialisme, antithéologisme.

jeudi 26 mars 2015

Minimares

De Nicolas Mc Yavell, conseiller spécial de l'Elysée, à propos de la manière pour Hollande de conserver le pouvoir (RMC, 23/3) : "Je conclus donc que le président ne doit pas avoir grand-peur des conjurations, pourvu que le peuple lui soit ami ;


mais s'il ne l'aime point et qu'il l'ait en haine, il doit craindre de chacun et de toutes occasions.



Aussi les Etats bien gouvernés et les présidents sages ont toujours mis tous leurs soins à ne point faire tomber les grands dans le désespoir


et à satisfaire le peuple et le rendre content,


car c'est une des plus importantes affaires qu'ait le président." Avec un tel conseiller, on comprend mieux que Hollande soit bon prince !