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vendredi 4 octobre 2019

Remake

Tu dois être au courant que, depuis quelques années maintenant, mon pays, le Burkina, est la cible d’attaques djihadistes, notamment dans les villages qui ne sont pas protégés.
    Dans la nuit du 26 juillet, des hommes cagoulés et armés ont débarqué chez nous, et ce fut le début du calvaire. Les hommes ont été traqués et égorgés, les animaux emportés, les greniers et les biens pillés. Comme si cela ne suffisait pas, ils ont brûlé nos maisons. Il ne nous restait que la fuite. […] Si nous avons échappé aux kalachnikovs de ces barbares, on est loin d’être tirés d’affaire. Beaucoup sont sans nouvelles de leurs proches. […] « J’ai vu des femmes se faire battre jusqu’à ce que mort s’ensuive, ces gens n’ont aucune pitié. » La dame qui parle ainsi a perdu son mari et ses deux grands fils, tués et brûlés sur place.
Roukiata Ouedraogo.- "A l'aide !".- Siné Madame, octobre 2019.


Souvent, les Cosaques apparaissaient dans les endroits où ils étaient le moins attendus ; alors, tout ce qui était vivant disait adieu à la vie. Des incendies dévoraient les villages entiers ; les chevaux et les bœufs qu’on ne pouvait emmener étaient tués sur place. Les cheveux se dressent d’horreur quand on pense à toutes les atrocités que commettaient les Zaporogues. On massacrait les enfants, on coupait les seins aux femmes ; au petit nombre de ceux qu’on laissait en liberté, on arrachait la peau, du genou jusqu’à la plante des pieds ; en un mot, les Cosaques acquittaient en une seule fois toutes leurs vieilles dettes.
Nicolas Gogol.- Tarass Boulba.

 

lundi 2 janvier 2017

A history of violence II

     Bon, le paradoxe continue... La dernière fois que je suis allé au théatre, c'était au cinéma. Et là que je vais au théatre, c'est pour y voir un film, de Luchino Visconti...

     Après les bains de sang entre Capulet et Montaigu : l'incendie du Reichstag, les autodafés, Dachau, la Nuit des longs couteaux. Le tout vu du point de vue de la famille Krupp (des Dassault allemands de l'époque, nommés Essenbeck dans le scénario du film / pièce). Un grand choc, un grand malaise, mais un grand moment. Avec les stars de la Comédie française (Podalydès, Galienne...), avec même parfois leurs kikis. 


     Du coup, je me dis que je deviens accro à cette vieille maison. Je dois m'embourgeoiser, m'encroûter dans l'académisme (enfin, les mises en scène des deux pièces que j'ai vues me paraissent plutôt post-modernes, moi qui m'y connais peu en théâtre vivant - je ne parle pas de lire les Petits classiques, bien entendu, dont je suis très friand et habitué -).

     Bof, je préfère encore ça qu'avoir un smartphone, et vu que ma copine ne possède qu'un vieux téléviseur à écran non plat (on dit à tube cathodique ?) que je ne regarde pas sauf rare dévédé, je me dis que la balance de mes péchés devrait s'équilibrer. 


     Ah ! j'oubliais et de ma part ça semblerait poussif, parce que j'ai du mal à y croire, peut-être un coup de blues passager. Alors je vous fais suivre :

vendredi 14 octobre 2016

A history of violence

La « violence » est une nouveauté historique ; nous autres, décadents, sommes les premiers à découvrir cette chose curieuse : la violence. Les sociétés traditionnelles connaissaient le vol, le blasphème, le parricide, le rapt, le sacrifice, l’affront et la vengeance ; les Etats modernes déjà, derrière le dilemme de la qualification des faits, tendaient à ne plus reconnaître que l’infraction à la Loi et la peine qui venait la corriger. Mais ils n’ignoraient pas les guerres extérieures et, à l’intérieur, la disciplinarisation autoritaire des corps. Seuls les Bloom, en fait, seuls les atomes frileux de la société impériale connaissent « la violence » comme mal radical et unique se présentant sous une infinité de masques derrière lesquels il importe si vitalement de la reconnaître, pour mieux l’éradiquer. En réalité, la violence existe pour nous comme ce dont nous avons été dépossédés, et qu’il nous faut à présent nous réapproprier.
Tiqqun.- Introduction à la guerre civile.
      Essorée par de multiples adaptations à l’opéra, au cinéma, cantonnée dans sa réputation de drame romantique, elle est pourtant faite de vengeances, de déliquescence politique et de haines familiales paroxysmiques. Mais non ! je ne vous parle pas de la primaire de la droite.


Le contraste est brutal entre la naïveté d’adolescents éperdus et la violence programmée des Montaigu et des Capulet qui ensanglantent Vérone, mus par une rancœur ancestrale dont le sens même leur échappe. « À l’opposé de la fade légende qui l’entoure, la pièce de Shakespeare nous suggère une dimension cachée de l’âme humaine : l’idéologie de la virilité meurtrit les femmes, perd les hommes et dresse des tombeaux là où devraient s’ouvrir les lits du vrai bonheur. »


     « Il y a un soleil noir dans cette pièce, c’est cela qu’il faut travailler », déclare Éric Ruf qui en assure la mise en scène et la scénographie. Car cette tragédie qui recèle quelques savoureux moments de comédie est une pièce fantôme qui n’a pas été aussi souvent montée qu’on pourrait le penser. Entrée au répertoire de la Comédie-Française en 1920, elle n’a pas été donnée Salle Richelieu depuis 1952.
Repris et réagencé d'un texte de Marc-Henri Arfeux, sauf les caractères gras.


      C'est un comble, pour une fois que je vais au théatre, c'est au cinéma ; et moi qui ne vais plus jamais au cinéma (depuis qu'ils ont supprimé le ciné-club et les jeudis du patrimoine dans mon établissement de banlieue), quand j'y retourne, c'est pour du théatre ! Mais je ne regrette pas : déjà pour l'ami de ce blog William Shakespeare, dont je n'avais jamais lu ni vu cette pièce illustre et à l'origine d'un mythe ; ensuite parce que, avec les acteurs (magnifique Suliane Brahim dans le rôle de Juju), les décors, la mise en scène, et le prestige de la grande maison, pour le dire comme Mercutio après qu'il s'est fait tailler une boutonnière au foie par Tybalt : j'ai eu mon compte !


lundi 16 novembre 2015

Les héroïnes, le matamore, et le barde

Hier soir, j'ai vu un très beau film d'aventure extrême et d'angoisse.


Un seul regret, c'est trop court. J'ai été vraiment surpris et frustré à la fin du film, j'aurais bien aimé encore passer une heure et demie à trembler, sourire et apprendre avec elles.

Ma dernière actu ciné, mais pas la moindre.


Rien à voir, mais on reste dans l'actu, une citation :

« L’Etat ne cèdera jamais face aux intimidations d’une minorité d’individus ultra-violents*, notre pays est un Etat de droit. Une fois que la justice a tranché, ces décisions doivent être mises en oeuvre et le gouvernement ne peut pas accepter qu’une minorité d’opposants radicalisés fassent obstacle à l’intérêt général et à l’application des décisions de justice. »
Manuel Valls à propos dez zadistes de NDDL.

Que les botanistes du parti des tritons crêtés se le tiennent pour dit !
* C'est nous qui soulignons.

Dormez tranquille braves gens, Rodomont serre le poing et brandit le menton !


Pour terminer, et pour faire le lien avec le début de cet article, mais aussi, après le massacre de vendredi par des monstres (il faut stopper Frankenstein mais qui est-ce ? où est-il ?...), des nazis (bing ! et un point Godwin en moins sur mon permis de maudire ! c'est l'émotion) dont il faudra bien qu'on découvre quel a été le traité de Versailles si on veut éviter les générations spontanées futures, mais en attendant, donc, aussi parce que j'ai envie d'avoir treize ans dans le canapé de chez ma mère à me mater La Dernière séance dans l'insouciance, également parce qu'il est fédérateur, mainstream mais sympa, voici une chanson de papa Schmoll (cette phrase est compliquée, à l'image de notre temps, j'espère juste qu'elle est correcte, dans le cas contraire je vous prie par avance de m'en excuser) :


Dernière minute : un bon pote me cite cette chanson que lui inspire la réalité actuelle. J'espère que ça fera plaisir à Jules aussi, qui trouve qu'il n'y a pas beaucoup de punk sur ce blog. Ce sera le troisième morceau, et le premier non hard core ! L'évènement le vaut.