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mercredi 14 octobre 2020

Conjonction Vénus - Uranus régie par Stercus

 Un gaz associé à la vie découvert sur Vénus.
The World News

    

Sandro Botticelli.- La Nascita de Venere


   La belle [...] se dégagea encore en criant : "Non, tu ne me la mettras pas..." Mais en faisant ce mouvement, elle lâcha un pet, non pas un pet vulgaire, mais un pet au son cristallin qui provoqua chez elle un rire violent et nerveux. Sa résistance alors se relâcha, ses cuisses s'ouvrirent...
Guillaume Apollinaire.- Les Onze mille verges.



Idée volée à un dessin de CQFD d'octobre 2020.

lundi 25 février 2019

De la chute au relèvement

"He would go at once to a bar and drink off glass after glass as fast as its tutelar genius could mix them."
John Moncure Daniel, à propos d'Edgar Allan Poe.



 Dernier stage de Yamaguchi Sensei en France en 1995. Des uke prestigieux : Alain Tendron, Bernard Palmier, Patrick Benezi, le regretté Pascal Norbelly, Franck Noël, pour ceux que je connais.  Je ne pratiquais pas encore cet art à l'époque. Cette année là j'arpentais les boulevards des manifs une bouteille à la main, en battant les maisons et en trébuchant. Je commençai deux ans plus tard, pressentant que cette pratique pourrait m'être une aide contre l'impitoyable obsession, une porte de sortie hors de l'enfer insoutenable caractérisant les dernières années de ma maladie active.

 Je ne sais si l'aïkido m'aida réellement en soi pour devenir abstinent. Ce que je sais, c'est que cette discipline fut un véritable facteur de bien être et d'équilibre après. Ce dont je me souviens aussi, c'est que j'y subis, avant, parmi les nombreuses humiliations cuisantes de cette jeunesse crucifiée, l'une des blessures les plus douloureuse pour mon orgueil (on a beau être au fond de la déchéance et de la souffrance, on n'en conserve pas moins un orgueil maladif, fusse-t-il négatif - je ne serai pas le plus aimé, je serai le plus destroy - père du déni, l'une de ces forces despotiques qui nous mènent sûrement, sauf miracle - laïc hein, cool ! -, en prison, à l'asile ou au cimetière) : je me fis (gentiment) virer du tatami pour état d'ivresse.

 Quelques semaines après, les évènement de ce temps sont très flous, je me retrouvais en pré-delirium tremens aux urgences de Chamonix, d'où je fus emmené en ambulance à une charmante clinique (qui n'en est plus une aujourd'hui, tout a changé là-bas, le petit coin de campagne montagneuse paradisiaque est transformé en zone pavillonnaire) de la banlieue de Grasse, Alpes-Maritimes, pour m'y sevrer et y apprendre à faire mes premiers pas dans la vie adulte sans faire usage d'alcool. J'y passai le plus beau mois de mars de ma vie. Vie qui n'a rien eu à voir par la suite avec le long hiver du "singe" de Blondin puis de Verneuil, même si ça a été loin d'être facile tous les jours.

 Cela fait vingt et un ans aujourd'hui que gavé de valium et ne tenant pas debout, j'arrivai à ce lieu de cure. Depuis vingt et un ans, aucune molécule d'éthanol n'a pénétré mon sang (que je sache en tout cas).

 Le prof qui m'a viré du tatami, c'est un des uke de Yamaguchi sensei ci-dessus, le plus petit, pris souvent. Je vais le retrouver à Tokyo, au mois d'avril. J'aurais jamais été aussi loin. On va encore chuter et se relever, chuter et se relever et chuter et se relever encore.

Banzaiiii !

lundi 28 mai 2018

Nouvelle imposture d'un grand gourou dévoilée

Morihei Ueshiba démasqué : pour des milliers d'adeptes, c'est la chute !

   Comme vous le savez maintenant, fidèles lecteurs, je suis amené, pour me soigner, à suivre une cure à vie d'aïkido. Le fondateur de cet art, vénéré par tout pratiquant, était, du moins nous le croyions, le grand mystique (j'avais souvenir du qualificatif de "personne la plus religieuse du Japon", ou approchant, mais je n'ai pas retrouvé cela sur le net... Si vous avez des tuyaux sur cette citation fantôme...) Morihei Ueshiba.

   Il se trouve que je me rendai à la fin du mois d'avril dernier, pour une fête anti-fasciste, dans une certaine ville de Toscane.


   Or, après m'être époumoné avec les camarades sur de jubilatoires Bella ciao, et avoir troussé quelques passes de tango argentin avec ma compagne, flânant dans le centre ville historique de cette merveilleuse bourgade, voilà-t-y pas que je me retrouve nez à nez avec ceci, dont je ne sais par ailleurs si l'auteur est Cellini Giambologna, Pio Fedi, ou alors carrément le grand Bounarroti (merci à mes lecteurs pudiques mais érudits de combler mon ignorance le cas échéant) :


   Or, qu'est cela ? Sinon ceci :


   Eh ! oui, c'est évidemment un ikkyo omote ! Découverte incroyable et qui ne restera pas sans conséquences sur l'avenir de l'équilibre des forces des fédérations sportives jeunesse et sport de France comme internationales. Sans compter les dépressions et, qui sait même, les seppuku que cette information risque de provoquer chez cette humanité fragile dont la résistance au monde moderne n'était étayée que par la foi en Sensei et la sueur en keikogi : l'aïkido n'a pas été créé de 1925 à 1969 par le grand mage (un mage de théâtre No, oui !) Ueshiba au Japon, mais à la Renaissance, du XVème au XVIème siècle, en Italie !


   Egaré sur la voie, je me sens, d'un coup, tout en disharmonie.

jeudi 8 mars 2018

Réserves de printemps

Deux cents alcooliques sont en quelques heures devenus abstinents ; suppose-t-on qu’un seul alcoolique, en deux cents jours, en serait venu à bout ?
D'après Pierre-Joseph Proudhon.
Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous !
Charlot Baubau.

   Le 25 février dernier, j'ai eu 20 ans, un jour à la fois. Putain, 20 ans ! ça passe chié vite ! mais ça vaut le coup, merci les ami(e)s !

Il y en a un pour les ivrognes, garanti.

lundi 27 février 2017

Pics, encore.

"Oh ! la bonne chose que de vivre, disait−il ; on ne se doute pas du plaisir qu'il y a dans cet acte si simple : respirer ! Jamais les arbres ne m'ont semblé si verts, le ciel si bleu, les fleurs si parfumées ! C'est comme si j'étais né d'hier et que je visse la création pour la première fois."
Théophile Gautier, par ailleurs écrivain besogneux et poussif, et bourgeois effrayé pour qui les Communards étaient des « animaux féroces », des « hyènes » et des « gorilles », qui « se répandent par la ville épouvantée avec des hurlements sauvages », donc ennemi de La Plèbe, mais tel n'est pas le propos aujourd'hui.- Le Capitaine Fracasse.

 
Prisonnier du côté obscur

      Il y a un peu plus de dix-neuf ans, quand ils ont arrêté les piqûres chauffantes et que j'ai commencé à y revoir un peu plus clair et à pouvoir sortir dans le jardin de cette merveilleuse clinique des Alpes Maritimes, j'aurais pu dire ça (les propos extraits du Capitaine Fracasse ci-dessus). Et le dire et le redire maintes fois par la suite, au fil des années, qui coulent si vite. J'en ressentais les effets décrits, mon sang nourri d'une vie nouvelle à chaque inspiration. Même si le monde était toujours à feu et à sang, qu'on punissait encore le tort de vivre en bidonville et ceci quel que soit la saison, moi je sortais de l'enfer, et ça, c'était un début. A nous deux le monde !

      Enfin libre d'être soi-même !

      Aujourd'hui, et ces alertes pollution permanentes nous le confirmeraient si la réticence à s'emplir les poumons, sinon de l'omniprésente pestilence, du moins de l'absence de toute brise parfumée par le luxuriant vivant végétal, même de manière très légère, ne nous le prouvait pas déjà suffisamment, il n'y a même plus de plaisir dans cet acte si simple : respirer !

      Il y a un an j'évoquais les pics-verts, aujourd'hui d'autres pics, noirs et gris.

Désormais, côté obscur, côté lumineux, même délét'air

      "Ca m'indiffère, disait le fasciste Drieu à l'ami consolateur qui lui rappelait qu'il y aurait d'autres printemps, d'autres jolies filles, je ne bande plus". J'ai envie de dire, en laissant du côté de mon jardin secret la fonction organique à laquelle fait référence Drieu : "ça m'indiffère, je ne hume plus". Le pire c'est que j'ai l'impression que je suis le seul que ça dérange. Toujours autant de bagnoles, dans les propos de mes collègues et voisins, nulle allusion à l'asphyxie régnante, et les gros pollueurs meurent en général encore dans leur lit. Ce doit être ma névrose. Après tout, si j'ai gardé ce souvenir de l'extrait du Capitaine Fracasse si longtemps en tête, c'est bien que quelque part j'ai un complexe d'étouffement. Est-ce lié aux descriptions que faisait maman des affres des asthmatiques, docteur ? Ou bien si c'est ce professeur de judo énorme, et CRS, qui se plaisait, quand certains stages excentrés lui permettaient de lâcher la bride à son sadisme, à prendre la crevette que j'étais en randori au sol à seule fin de l'écraser de tout son poids et de lui bloquer toute voie respiratoire jusqu'à la limite de la perte de conscience (il savait certainement que mes parents avaient un job de pédés de planqués intellos de gauche de merde ; et moi, j'avais déjà les cheveux longs). Et je suis particulièrement angoissé quand j'entends parler des techniques de pliage ou de clé d'étranglement qu'utilisent les policiers pour tuer de jeunes (ou vieux) noirs ou arabes. Bref, quelles que soient les raisons de cette supposée phobie, je crois bien que je vais devoir faire un deuil, accepter qu'aujourd'hui le poète olfactif par excellence qu'était Baudelaire ne pourrait exister, si ce n'est à décrire non plus une charogne animale se décomposant au bord de la route, mais la fumée noire d'un cul de camionnette si puante que sur le trottoir "vous crûtes vous évanouir".

     Plaisirs, ne tentez plus un cœur sombre et boudeur !

     Le Printemps adorable a perdu son odeur !

     Charles Baudelaire.- Le Goût du néant.- In Les Fleurs du mal.

      Mais haut les cœurs ! il s'agit d'un anniversaire, il faut y croire, le vieux monde finira, d'ici là on va essayer d'aller un peu plus dans les reliquats de forêt trouver ce qui reste de goulées vertes. On va décroître ! Et combattre, comme des titans ! Je suis remonté là, chaud bouillant ! Prêt à faire un malheur, une rage, une pêche ! Retenez-moi, j'suis trop déter ! Tiens, si à cet instant on m'apportait une pétition, je vous jure que je crois bien que si vous ne me reteniez pas, je la signerais sans hésiter, tout de suite, paf ! sans même me soucier des conséquences !

jeudi 25 février 2016

Sacrés bosquets !

"Imaginons qu'un accident majeur commence un soir à minuit sur le site de la Hague, dans la Manche. Ce jour là, un vent modéré de 50 km/h souffle de l'ouest.Que se passe-t-il ? Dès 0h30, la ville de Cherbourg (agglomération de 116 000 habitants) est contaminée. A 2h30, le nuage arrive au Havre (294 000 habitants). [...] A 5h, il entre en région parisienne (12 millions d'habitants)."
Ce matin j'ai repris un ancien itinéraire pour aller à la gare. Au lieu de longer la forêt, je l'ai traversée, comme je le faisais il y a quelques années. Le matin, à 8h15, le jour pur de l'aube est de retour, et aussi le concert enchanteur des oiseaux, et ce sacré pic-vert et son bruit de rafale si proche, pourtant invisible, c'est pas faute de m'étirer les cervicales à 360° dans toutes les directions. J'aime le dernier mois de l'hiver, Ventôse, on sent le printemps arriver, mais on n'est pas encore déçu par sa pourriture... Et puis c'est un mois avant ma naissance, et c'est surtout le mois de ma renaissance, il y a 18 ans. En entendant ces oiseaux, j'aspire à une spiritualité libre, j'éprouve avec ivresse le sentiment océanique du monde, la ferveur de participer de cette grande société naturelle et vivante, et de son grand Esprit, toutes aspirations bien refoulées et compressées comme par une machine à bosseler quand j'emprunte le ruban bitumineux aux fragrances de particules fines.

Mais où qu'c'est qu'tu t'caches, donc ?

C'est pourquoi j'ai eu envie de haïku, ça me fait toujours ça. En voici quelques-uns.

Petit coucou du japon !
Sur la carte, un territoire
Cerné de rouge.
Ken'ichi Kaneko


Les enfants s'habituent
A porter des masques en papier
Les oiseaux, eux,
Commencent à migrer...
Kayo Takahashi


Nettoyage de printemps -
Quarante secondes sur le toit
Deux pelletées par hommes.
Iocasta Huppen


Nationale 6 réouverte !
Pourtant, pas même les criquets
N'y sont retournés.
Maki Nakano

Dans mille ans
Des sarcophages
Sans pharaons.
Monique Junchat

Des rires et des cris
Tout l'été dans la maison
Et si la centrale...
Christine Ourliac

 
"Décontamination" -
En fait, déplacement des boues...
L'été est si court !
Mitsuru Ikeda


Le premier avril aussi
Entendre ceci : "Fukushima
Is under control."
Tami Kobayashi

Des radiations
Il ignorait ce que cachait ce mot
- Cancer des os.
Jean Antonini

"Si vous souriez, les radiations n'auront aucun effet sur vous. Si vous ne souriez pas, vous ressentirez les effets. Cette théorie a été prouvée par une expérimentation sur les animaux." Shunichi Yamashita, "Monsieur Radioprotection Officielle" du Japon.

mercredi 25 février 2015

On n'est pas sérieux...

«Aussi quand tu partis, Yvonne, j’allai à Oaxaca. Pas de plus triste mot. Te dirai-je, Yvonne, le terrible voyage à travers le désert, dans le chemin de fer à voie étroite, sur le chevalet de torture d’une banquette de troisième classe, l’enfant dont nous avons sauvé la vie, sa mère et moi, en lui frottant le ventre de la tequila de ma bouteille, ou comment, m’en allant dans ma chambre en l’hôtel où nous fûmes heureux, le bruit d’égorgement en bas dans la cuisine me chassa de l’éblouissement de la rue, et plus tard cette nuit-là, le vautour accroupi dans la cuvette du lavabo ? Horreur à la mesure de nerfs de géants !»
Malcolm Lowry, Au-dessous du volcan



Aujourd'hui ça fait 17 ans que je me suis fait la belle. Cette fois j’ai pas été repris. Merci les amis !