jeudi 20 janvier 2022

La dose de Wrobly : nivôse 2021-2022 EC

- Danièle Pistone.- Histoire de la musique en France de 1789 à 1900.

Musicienne jouant du qanon et danseuse, image de Musique et instruments de musique du Maghreb.

"De la fondation à 1900 se succédèrent à la tête de l'établissement (le Conservatoire - note du blogueur) : [...]
      - D.F.E. Auber, de 1842 à 1871
      - Salvador Daniel, sous la Commune (6)
      - Ambroise Thomas, de 1871 à 1896 [...]
(6) A la mort d'Auber, il se plaça lui-même à la tête de l'établissement ; mais il fut tué quelque quinze jours plus tard."

   On n'en saura pas plus sur la mort de cet honorable monsieur... On apprendra par contre ceci sur ses centres d'intérêts et ce qu'il apporta à la musique en France :
"Dans les gazettes, les articles la concernant (la musique arabe - note du blogueur) sont toutefois plus rares que ceux relatifs à la musique extrême-orientale [...] ; mais les Expositions Universelles contribuèrent à faire connaître les mélodies arabes et S. Daniel (24) par exemple, venant d'Alger, avait fait découvrir à plusieurs reprises aux Parisiens (25) de semblables concerts. D'authentiques instruments furent présentés à nos compatriotes (26).

(24) Celui-là même qui devait se placer à la direction du Conservatoire pendant la Commune [...].
(25) Voir, entre autres, son article dans Le Ménestrel du 27 janvier 1867, pp. 65-67 et son concert de musique arabe au Palais Pompéien en 1866 (ibid. du 8 juillet 1866).
(26) Voir Le Ménestrel XXX, 1863, pp.353-354, pour la description de ce spectacle."

   C'est peu, mais ce livre a au moins le mérite d'évoquer Francisco Salvador Daniel. L'histoire officielle du Conservatoire de Paris, elle, n'en a pas fait autant : elle fait succéder Ambroise Thomas à Auber. C'est ce qu'on apprend en tout cas dans ce passionnant article du splendide blog La Commune de Paris (voir aussi ci-contre), qui nous raconte toute l'histoire de cet attachant musicien communard.

Zohra de Francisco Salvador Daniel.


- Michel Bakounine.- Michel Bakounine et l'Italie : 1871-1872.
   Troisième emprunt de ce livre d'archives du Russe internationaliste, j'espère le finir cette fois-ci. L'occasion de rappeler quelque banalités malheureusement pas superflues dans notre actualité libéralo-fasciste :
"[...] la noble passion de la liberté. Et la liberté, quoi qu'en dise Mazzini et avec lui tous les idéalistes - qui, naturellement, ne comprennent rien à ce mot et qui, lorsque la chose se présente à eux, la détestent - la liberté, par sa nature même, ne peut être seulement individuelle - une telle liberté s'appelle privilège - la liberté vraie, humaine, complète d'un seul homme implique l'émancipation de tout le monde, parce que, grâce à cette loi de solidarité qui est la base naturelle de la société, je ne puis être réellement libre, me sentir et me savoir libre, si je ne suis pas entouré d'hommes également libres, et l'esclavage du dernier d'entre eux est mon esclavage."


- Molière.- Les Fourberies de Scapin.
   Il y a une semaine Jean-Baptiste aurait eu 400 ans. Et cela personne n'en parle. Le boycott médiatique de l'auteur du Malade imaginaire n'est-il pas la preuve la plus symptomatique du grand complot des élites et de son non moins gigantesque reset pharmaceutique ? Je laisse votre esprit critique méditer cette question. Ou bien, comme le mien, se taper une bonne farce avec de francs fourbes dedans pour fêter ça.

- Jean-Patrick Manchette.- L'Affaire N'gustro.
   Qu'il est bon quand, comme moi, on a boycotté depuis l'adolescence tous les appareils idéologiques d'Etat (sauf quelques rares émissions de réel service public à la radio) et capitalistes, tous ces nauséeux médias bourgeois, pour rester pur, se préserver de toute leur pub, propagande et lénifiante entreprise d'abêtissement, et qu'on se retrouve dans telle activité à attendre son fils et que deux personnes vous entreprennent avec passion du dernier Houellebecq, dernier produit d'appel de l'industrie littéraire à la mode dont je n'ai que foutre et dont je ne souhaitais pas dans ma vie simple ententre parler, quel bonheur, donc, de n'avoir jusqu'à présent pas été complètement branché non plus, d'avoir plutôt fôlatré dans ses découvertes artistiques, poétiques, littéraires, philosophiques... plutôt que de s'être précipité le plus vite possible sur ce qu'il fallait avoir lu dans les milieux avancés auxquels je me flatte malgré tout d'appartenir, quoi qu'il m'en coûte, quel plaisir, donc de se retrouver la cinquantaine bien sonnée avec tout plein de Manchette à découvrir ! J'en suis donc à mon troisième : L'Affaire N'Gustro, après Ô dingos, ô châteaux ! et Laissez bronzer les cadavres ! Je ne vous en dis naturellement pas plus, pas mon genre de divulgâcher, et je retourne bicher avec mon petit chef-d’œuvre de vrai glauque, rien à voir avec les 700 pages du m'as-tu-vu bouffon courtisan catholique ci-dessus et bien à contre cœur-évoqué...

vendredi 14 janvier 2022

Sacqueboute LVIII : Louis Nelson (1902-1990)

   Si vous n'êtes pas encore passés par l'infirmerie, c'est le moment ou jamais.


SACQUEBOUTE
Priviouslillonne Sacqueboute :
Charlie Green
Vincent Gardner
Curtis Fuller
Jason Horn
Samuel Blazer
l'Essaim de nuit
les esprits / 1- les furies
Kronstadt
Jörgen van Rijen
La Belle image
Kropol
les sacqueboutiers de Toulouse
Tintin
Wycliffe Gordon
Donald
Robinson Khoury
Willie Colon
Sébastien Llado
Mathias Mahler
Charles Greenlee
Dick Griffin
Guive
Voilà du boudin
Bruce Fowler
Glenn Miller
Nils Landgren
Grachan Moncur
Le Trombone illustré
Bettons Tenyue
Watt
Curtis Hasselbring
Steve Turre
Les trois trombonistes de Marc Ducret
Yves Robert
Daniel Casimir
Gary Valente
Chicago
Moon Hooch
Raymond Katarzynski
Albert Mangelsdorff
Christiane Bopp
Honoré Dutrey
Viscosity
Fred Wesley
Dave Lambert
Roswell Rudd
Curtis Fowlkes
Melba Liston
La Flûte aux trombones
La Femme tronc
Journal intime
Gunhild Carling
Nils Wogram et Root 70
Carl Fontana
Animaux
Trombone Shorty
Cinéma
Feu
Le Canadian Brass
Local Brass Quintet
Buddy Morrow
Bones Apart
J.J. Johnson
Lawrence Brown
Vinko Globokar
Les funérailles de Beethoven
Treme
Craig Harris
Mona Lisa Klaxon
Juan Tizol
Bob Brookmeyer
Daniel Zimmerman
Frank Rosolino
Rico Rodriguez
Kid Ory

mardi 28 décembre 2021

La dose de Wrobly : frimaire 2021 EC


- John le Carré.- L'Espion qui venait du froid.
    Chef-d’œuvre absolu, même si démodé vu qu'il n'y a plus de guerre froide ni d'antagonisme entre les deux grandes formes de capitalisme se partageant le monde dans les 60's, ce roman, son auteur, le film, que je n'ai pas vu, l'époque et le segment de l'Histoire qui la caractérise, Berlin, est et ouest, la bibliothèque de mon père, ce poivrot au regard si fou qui, en ce temps là, ayant sans permis conduit bourré et tenté de passer à l'est dans la capitale prussienne où il étudiait l'allemand, s'était fait mettre au trou par les Vopos puis proposer de bosser pour eux comme barbouze, ce qui à l'époque était un sport municipal de masse dans la ville, cette "Taupe", puisée dans cette dite bibliothèque, que j'avais lue, ado, sans y rien comprendre, tant les galanteries d'espions qui y sont exposées y sont emmêlées, ce qui m'avait bien frustré et décidé à une revanche ultérieure, bref, tout dans et autour de cette œuvre contribue pour moi à la nimber d'une attractive et merveilleuse... aura. Luminescente, blanchâtre et brouillée comme les lampes à arcs une nuit de pluie dans les quartiers de Berlin est, près du mur.



- William Blake.- Chants d'innocence / Le Mariage du Ciel et de l'Enfer / Chants d'Expérience.
   "Le 7 novembre 1938 mourait Colette Peignot, aujourd'hui connue sous le nom de Laure, qui depuis quelque temps partageait la vie de Georges Bataille. Marcel Moré, ami de l'une et l'autre, assista à la mise en bière, et dans un texte publié en 1964 par les Cahiers des Saisons il rapporte ceci : "Je vois encore la chambre : au milieu, le cercueil ; dans un coin, les deux femmes voilées de crêpe ; dans le coin opposé, Bataille et ses amis, dans des vêtements clairs et avec des cravates roses et bleu ciel. Le silence n'était rompu que par le bruit fait par les employés des pompes funèbres. Au moment où ils allaient fermer la bière, Bataille fit quelques pas en avant et déposa sur le corps de la morte Le Mariage du Ciel et de l'Enfer, dont il avait arraché les pages au numéro de la NRF.""
[...]
"Lorsqu'éclate la révolution en France, elle réveille en lui l'enthousiasme qu'avait suscité la révolution américaine, et il tient à manifester publiquement sa haine des rois, des lois et de la servitude en se coiffant du bonnet rouge. Un personnage singulier se dessine, visionnaire, anti-religieux, profondément libertaire, aussi violent dans sa détestation des puissants que doux dans son amour des humbles, des innocents, des simples."

La découverte de William Blake est pour moi comme celle d'une nouvelle pièce dans la grande pyramide : incroyable, du mythe en barre !

mardi 30 novembre 2021

J't'enfume tu laisses couler

     Vous connaissez ce tube intersidéral des chenapans britanniques de Deep Purple, 1972, un sacré jackpot pour les hard rockeurs.


     Et bien plagiat, encore un.

     Car écoutez maintenant cette chanson de la chanteuse Astrud Gilberto arrangée par l'arrangeur dont tous les arrangeurs d'hier et d'aujourd'hui se réclament (Vince Mendoza...), qu'Ennio Morricone a forcément écouté en boucle avant d'écrire pour Leone, l'éminence grise et ami de Miles Davis, qui a arrangé trois parmi ses meilleurs albums, ce génial musicien resté dans l'ombre, qui avait même commencé un disque de reprises de Jimmy Hendrix avec ce dernier, malheureusement mort alors que l'orchestre répétait encore : Gil Evans. 1966. Ecoutez son piano.


     Gil Evans, élégant, ayant d'autres beautés à créer, à laissé les gosses gâtés jouer tranquille.

lundi 22 novembre 2021

Déjà entendu glauque

   L'autre jour à la médiathèque j'ai emprunté une compilation de Nino Ferrer, car j'aime bien, mais je ne connais que les quelques chansons les plus connues. Plus que trois malgré tout, contrairement à ce que disait l'artiste quelques mois avant de se faire sauter la cervelle d'un coup de fusil : "Tu te rends compte, j'ai écrit, composé et produit près de deux cents chansons, et les gens n'en connaissent que trois."


   Et voilà que j'entends cette chanson, Barberine, dont les paroles m'évoquent celles de l'album concept l'Homme à tête de chou de Gainsbourg, à savoir une histoire d'amour obsessionnelle qui frôle le fantastique tant les êtres y sont hybrides et les objets animés. Mais je trouve la mélodie (rien à voir avec Nelson pour le coup) sinistre, ne correspondant absolument pas à ce que les paroles sont censées évoquer de luxe, calme et volupté dans un wagon-lit avec une enfant-soeur capricieuse. Non, cette air m'évoque une rage de dents. Elle est discordante, morbide, répétitive, et surtout elle fait monter en moi un malaise fuyant mais familier, venu de l'enfance... Et je ressens l'application de cette scie douloureuse à un vulgaire fantasme d'homme mûr pour une Lolita, cette insertion d'une prosaïque bluette dans un écrin de bonne terreur archaïque comme une trahison. Dans quelle vie antérieure ai-je entendu cette petite musique lancinante, cette rengaine cauchemardesque ?

   Peut-être que mon aimable lectorat pourra contribuer à m'éclairer dans cette quête analytique...

Sauras-tu aider Wroblewski à découvrir dans quelles circonstances il a dégluti avec une voluptueuse angoisse une madeleine similairement empoisonnée ?
 
Litan, de Jean-Pierre Mocky, avec et musique de Nino Ferrer. Merci à Chroum-Badaban, Jules et Alex pour leur participation !