vendredi 14 août 2015

Nous, Gendron : debout ! Ah !

Debussy, encore, naturellement. Mais par Maurice Gendron ! Un grand classique interprété merveilleusement, par un des quatre mousquetaires français du violoncelle du XXème siècle, trop oublié dans son propre pays.


N'hésitez pas à écouter, visionner et réécouter les vidéos suivantes de ce magnifique musicien (et tout ce que vous pourrez trouver de lui). C'est un cadeau que je vous fais avant de partir quelques jours voir la mer (pas seulement celle de Debussy).

A bientôt !

mardi 11 août 2015

Exubérant / ex-huppée rit

"Saint-Exupéry qui était loin d'être un con ! Sinon il aurait pas été canonisé."
Pierre Desproges, de mémoire.

Bon, vous allez encore dire que papa Wrobly frise la sénilité précoce, et vous n'aurez peut-être pas tort... Mais j'ai encore pleuré comme une madeleine pendant que le couple de moutards de 6 ans à mes côtés restaient imperturbablement sérieux comme des papes.

"On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux".

J'avais eu plusieurs sons de cloche, dont un très sévère sur cette "trahison" de Saint-Ex (bon, ça venait d'un lecteur de Télérama), mais moi je l'ai trouvé vraiment bien. Et j'ai retrouvé fidèlement le Petit prince de mon enfance, avec les dessins, l'écriture, la graphie, l'esprit et la poésie de Saint-Ex. Evidemment pas copié-collé, mais mis en abyme. Une seule chose m'a manqué, la voix de Gérard Philppe, surtout quand il dit, avec une infinie tendresse : "Hein mon petit bonhomme..."
Et puis pour une fois que ma dernière actu ciné est synchro avec l'actu ciné...

mardi 28 juillet 2015

Devoirs de vacances pour has been

Qu’est-ce que j’apprends ? L’anti-France a encore frappé et je l’ignorais ! Personne n'avait cru bon de m'en avertir plus tôt à ma décharge. On me dit qu’une nouvelle guerre vient d’être déclarée, notamment au coeur de nos sanctuaires républicains, après la guerre du fichu, de la mante, de la jupe (on a frôlé la guerre du bikini à Reims, mais finalement c'est retombé comme un soufflet : comme pour les fantasmés pilleurs de cadavres de l'accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge l'année dernière, les braves gens ont un peu hâtivement tiré des conclusions laïques et républicaines) : la guerre du tchip (l'info date chouïa).

Pendant le conseil de classe, un professeur s'emporte dans son réquisitoire courageux contre les tchipeurs. Le reste de l'équipe éducative (des bobos et des gauchistes), gênés par le parler vrai de leur collègue, se voilent la face, détournent le regard. Pour ceux qui préféraient tchiper plutôt que d'écouter pendant les cours de langues à l'école, je précise que cette vidéo en anglais est sous-titrée. Je précise également que ceci est ma dernière actu ciné, n'hésitez pas !

Il ne sera pas dit que je ne serai pas un tchipeur sous le règne du maréchal Valls Blanc-Blancos-White. Ca doit être sacrément cool de savoir tchiper, et si ça peut faire enrager les pharisiens... C’est pourquoi, si vous aussi vous êtes attachés à la liberté d'expression, et d'un naturel curieux de découverte et de nouvelles expériences, porté par le Désir de vous réaliser en allant vers l'Autre, je vous propose pour "devoir de vacances" d’apprendre à tchiper. Cette vidéo vous y aidera :
  

Ah ! On vient de m’informer à l'oreillette que je suis encore plus déconnecté que je ne le pensais. Le tchip aurait déjà été pratiqué dans les 70’s, notamment par les personnes ayant entretenu des liens d’amitié suivis avec les présidents de la République centrafricaine :


Mouais, cela dit Giscard a un exaspérant accent de Chamalières. Je crois qu'on peut faire mieux les copains. Qui c'est qui tchipera le mieux à la rentrée ?...

Bonnes vacances !

jeudi 23 juillet 2015

La vraie chanson vivante

CHANSON DES ESCARGOTS QUI VONT A L'ENTERREMENT

A l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le soir
Un très beau soir d'automne

On avait évoqué la mort d'Eddy Louiss, il restait à rendre hommage au révolutionnaire par qui le scandale est arrivé en 1960, ici avec des west-coasters, gare aux préjugés ! Un immortel nous quitte finalement.
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés

Nous y étions. Le blues, le Mississipi. Construire une cabane avec Huck, pêcher notre dîner avec un marron... Mais cette carpe asiatique qui, introduite pour des raisons commerciales, a envahi tout le réseau fluvial, au détriment de toutes les autres formes de vie... Et puis, Hadrien, tu as eu 6 ans, le temps de te lire Tom Sawyer est bientôt terminé, tu n'auras plus besoin de moi pour ça...

Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l'oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer

Si ce mot n'était pas répété sur des tonnes d'affiches de pubs de films, je l'utiliserais ici pour cette musique klemzer/jazz/soul/rock : jubilatoire ! Vive l'été !

C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

Jacques Prévert

mardi 21 juillet 2015

Jouons un peu avec les fesse-mathieux

Avant la réunion historique des chefs d'Etat et de gouvernements à Bruxelles le 12 juillet 2015 à propos du plan d'aide à la Grèce, le pays aujourd'hui annexé avait été invité à s'exprimer par référendum. En peuple responsable, les grecs avaient souhaité documenter leur décision avant l'échéance électorale, en questionnant leur courtier en conditions de vie et environnement, Alexis Tsipras, sur les propositions de l'oligarchie européenne et son organe majeur, l'Eurogroupe.  La Plèbe, hâte déjà va pense à vous, vacanciers ingrats ! Elle a envoyé spécialement se faire voir là-bas son spécialiste Rouletonboss, afin qu'il vous ramène un état des lieux des états d'esprits avant la victoire du "non". Le reporter a rendu sa copie sous forme de dialogue allégorique (il est très littéraire) entre le Peuple grec, et Tsipras, copie qui semblait précieuse en ce que rétrospectivement elle apportait les éléments aptes à nous aider à comprendre le séisme ultérieur . Malheureusement j'ai appris qu'il n'avait pas mis les pieds chez les hellènes, et que le fourbe avait plagié pour son article un texte assez fameux, tout cela sous prétexte que nous ne lui défrayions pas ses frais de transports ! Ce que les gens peuvent être près de leurs sous !

Mais, avisé lecteur que l'actualité passionne, sauras-tu retrouver l'auteur et le titre de ce texte honteusement pillé à la troïkarde ? A toi de jouer !


AVANT L'ANSCHLUSS
de notre envoyé spécial à Athènes Joseph Joséphin Rouletoboss

LE PEUPLE GREC.- Quelle réponse t’a-t-on faite ?

TSIPRAS.- Ma foi, mon Peuple, ceux qui empruntent sont bien malheureux ; et il faut essuyer d’étranges choses, lorsqu’on en est réduit à passer, comme vous, par les mains des fesse-mathieux !

LE PEUPLE GREC.- L’affaire ne se fera point ?

TSIPRAS.- Pardonnez-moi. Notre maître Hollande, l'ami qu’on nous a donné, homme agissant, et plein de zèle, dit, avec toute sa classe politique munichoise, qu’il a fait rage pour vous ; et il assure, que votre seul prestige civilisationnel lui a gagné le cœur.

LE PEUPLE GREC.- J’aurai les 80 milliards que je demande ?

TSIPRAS.- Oui ; mais à quelques petites conditions, qu’il faudra que vous acceptiez, si vous avez dessein que les choses se fassent.

LE PEUPLE GREC.- T’a-t-il fait parler à celui qui doit prêter l’argent ?

TSIPRAS.- Ah ! vraiment, cela ne va pas de la sorte. Il apporte encore plus de soin à se cacher que vous face à une charge de police, et ce sont des mystères bien plus grands que vous ne pensez. On ne veut point du tout dire son nom, et l’on doit demain l’aboucher avec vous (enfin, avec moi) dans une maison empruntée de Bruxelles, pour être instruit, par ma bouche, de votre bien, et de votre patrimoine ; et je ne doute point que le seul recensement de celui-ci ne rende les choses faciles.

LE PEUPLE GREC.- Et principalement mes biens publics, dont on ne peut m’ôter la possession.

TSIPRAS.- Voici quelques articles qu’il a dictés lui-même à notre entremetteur Hollande, pour vous être montrés, avant que de rien faire.

Supposé que le prêteur voie toutes ses sûretés, et que l’emprunteur soit souverain, et d’une zone où le bien soit ample, solide, assuré, clair, et net de tout embarras ; on fera une bonne et exacte obligation par-devant chefs d’Etat et de gouvernement, les plus honnêtes qu’ils se pourront, et qui pour cet effet seront choisis par le prêteur, auquel il importe le plus que l’acte soit dûment dressé.


LE PEUPLE GREC.- Il n’y a rien à dire à cela.

TSIPRAS.- Le prêteur, pour ne charger sa conscience d’aucun scrupule, prétend ne donner son argent qu’à 5.5 %.

LE PEUPLE GREC.- A 5.5 % ? Parbleu, voilà qui est honnête. Il n’y a pas lieu de se plaindre.

TSIPRAS.- Cela est vrai.

Mais comme ledit prêteur n’a pas chez lui la somme dont il est question, et que pour faire plaisir à l’emprunteur, il est contraint lui-même de l’emprunter d’un autre, sur le pied de 20 % ; il conviendra que ledit premier emprunteur paye cet intérêt, sans préjudice du reste, attendu que ce n’est que pour l’obliger, que ledit prêteur s’engage à cet emprunt.

LE PEUPLE GREC.- Comment diable ! quel Macron ! quel Schaüble est-ce là ? c’est plus qu’à 25 %

Tous les droits de la musique de Iannis Xenakis seront réservés pour tous pays à Mario Draghi

TSIPRAS.- Il est vrai, c’est ce que j’ai dit. Vous avez à voir là-dessus.

LE PEUPLE GREC.- Que veux-tu que je voie ? J’ai besoin d’argent ; et il faut bien que je consente à tout.

TSIPRAS.- C’est la réponse que j’ai faite.

LE PEUPLE GREC.- Il y a encore quelque chose ?

TSIPRAS.- Ce n’est plus qu’un petit article.

Des 80 milliards d’euros qu’on demande, le prêteur ne pourra compter en argent que 30 milliards d’euros qui pourront combler une partie de la somme due à l’oligarchie française ; et pour les 50 milliards d’euros restants, il faudra que l’emprunteur les transfère à un fonds luxembourgeois, l’Institut pour la croissance, dont la fonction est décrite dans le mémoire, somme que ledit prêteur a mise, de bonne foi, au plus modique montant qu’il lui a été possible.

LE PEUPLE GREC.- Que veut dire cela ?

TSIPRAS.- Écoutez le mémoire.

Premièrement, l’Institut devra vendre les ports grecs.

TSIPRAS.- Que veut-il que je fasse de cela ?

LA FLÈCHE.- Attendez.

Plus les îles grecques.

LE PEUPLE GREC.- Qu’ai-je affaire, morbleu...

TSIPRAS.- Donnez-vous patience.

Plus, il devra s’assurer qu’il n’y ait pas d’évaporation des capitaux ainsi réunis. Et amorcer le désendettement du pays.

LE PEUPLE GREC.- J’enrage.

TSIPRAS.- Doucement.

Les éphèbes grecs seront strictement réservés au sérail d'Angela Merkel et de ses copines de classe

Plus, des réformes de structure lui seront imposées, jusque dans le moindre détail, ou peu s’en faut.
Plus, la réforme du Code civil et de la date des soldes : un véritable jeu de l’oie renouvelé des Grecs, fort propre à passer le temps lorsque l’on n’a que faire.
Plus, la privatisation du réseau de distribution électrique, qui permettra à notre pâtre grec sous-développé d’utiliser
une lampe, curiosité agréable, pour pendre au plafond d’une chambre.
Le tout, ci-dessus mentionné, valant loyalement plus de cent milliards, et rabaissé à la valeur de 50 milliards, par la discrétion du prêteur.


LE PEUPLE GREC.- Que la peste l’étouffe avec sa discrétion, le traître, le bourreau qu’il est. A-t-on jamais parlé d’une usure semblable ? Et n’est-il pas content du furieux intérêt qu’il exige, sans vouloir encore m’obliger à me mettre sous sa tutelle ? Ca se soldera par une austérité encore plus carabinée que l’austérité d’avant le référendum par lequel nous nous exprimerons tout à l'heure et qui semble pencher pour l'anti-austérité ; et cependant il faut bien me résoudre à consentir à ce qu’il veut ; car il est en état de me faire tout accepter, et il me tient, le scélérat, le poignard sur la gorge.

TSIPRAS.- Je vous vois, Monsieur, ne vous en déplaise, dans le grand chemin justement que tenait Panurge pour se ruiner, prenant argent d’avance, achetant cher, vendant à bon marché, et mangeant son blé en herbe.


LE PEUPLE GREC.- Que veux-tu que j’y fasse ? Voilà où les pays vivants sont réduits par la maudite avarice du capitalisme ; et on s’étonne après cela que la jeunesse souhaite qu’il meure.

TSIPRAS.- Il faut avouer que vôtre créancier animerait contre sa vilenie le plus posé homme du monde. Je n’ai pas, Dieu merci, les inclinations fort patibulaires ; et parmi mes confrères, que je vois se mêler de beaucoup de petits commerces, je sais tirer adroitement mon épingle du jeu, et me démêler prudemment de toutes les galanteries qui sentent tant soit peu l’échelle : mais, à vous dire vrai, il me donnerait, par ses procédés, des tentations de le voler ; et je croirais, en le volant, faire une action méritoire.

Toute déviation zorbiste sera sévèrement réprimée. Des camps d'Auto-critique et de Travail seront ouverts pour les récalcitrants

LE PEUPLE GREC, se saisissant d'une boîte d'allumettes.- Donne-moi un peu ces propositions, que je les voie encore.

Allez ! On active ses méninges, ça aide à digérer l'all inclusive !
Dans un prochain jeu, nous traiterons des pousse-mégots et des nez-de-boeufs.


Félicitations à George Weaver qui a brillamment remporté ce jeu !