vendredi 23 mars 2018

D'un 22 mars l'autre

Un ami picard m'envoie cette esquisse. Je publie volontiers.

1968 – Macronomie et Nécromancie - 2018

    « Macron avait annoncé la nécessité d’une célébration officielle de « Mai 68 » ? Il ne faut pas s’en étonner, car certain gauchisme est soluble dans le libéralisme, qui se nourrit comme matière première, du flou et de la laxité de l’informalité des réseaux. Ce qui n’a rien à voir avec l’aspiration libertaire, sociale et sociétale, à sa structure fédérale et à ses principes de base. Le « libéral-libertaire », Cohn Bendit, a soutenu Macron pendant la campagne électorale. Une « révolution Macron », qui par ses législations fiscales sur le capital mobilier et immobilier, s’en prend à cette vieille bourgeoisie, héritière et patrimoniale, qui lorsqu’elle était encore aux commandes, était la cible des « soixante-huitards ». Une vieille bourgeoisie qui n’est plus guère défendue que par « Valeurs actuelles » et Laurent Wauquiez !! Macron le banquier de haut niveau, s’apprête à les « plumer », et à donner leurs places et valeurs à ses amis, en ce sens il veut faire croire politiquement que c’est lui qui mène la « révolution » ! A ce titre, il se pourrait bien que Macron soit aussi l’un des héritiers de l’après « mai 68 », mais surtout du « négatif de l’après mai 68 ».


    « Nicolas Sarkozy, président de la république, voulait détruire jusqu’au souvenir de Mai 68 (et de ses suites), une prétention risible, mais sans doute empreinte de la lucidité sur le caractère subversif inaliénable de cette période ! Prétention stupide, mais qui aurait laissé « 68 » dans le camp des spectres subversifs qui auraient continué de hanter le monde. Emmanuel Macron, président, veut faire mieux, il veut neutraliser « 68 » en le mettant sous cloche de verre ! Il veut momifier « 68 » et le mettre au musée ! Et prétendre éviter ainsi que ses aspects inaliénablement subversifs ne continuent de hanter le monde ! Daniel Cohn Bendit, ex Dany-le-Rouge, qui a soutenu Macron pendant sa campagne électorale, avait déclaré qu’aujourd’hui « il fallait être à la fois pour et contre Macron ». Cela nous renvoie à cette nébuleuse idéologique dangereuse que l’on évoque sous le nom ambivalent de « libéral-libertaire ».


    « Le « négatif de 68 », a toujours par la perversion qu’il portait en son sein, représenté une perversion camouflée derrière une « subversion fallacieuse ». Comme un enfer toujours pavé des meilleures intention. Cette faille perverse, dans un édifice idéologique tout entier, qui a occupé le devant de la scène pendant quelques décennies, a rapidement été repéré par des intellectuels de la droite réactionnaire, qui ont su appuyer là où cela faisait mal, permettant aussi à l’extrême droite idéologique de reconstruire son édifice.


    Sans bien sur, que l’édifice intellectuel gauchisant soit en mesure d’y répondre, faute d’avoir compris à temps les failles de ses rouages et de son analyse. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire, en ces temps de chaos et donc de refondation d’étoiles dansantes, rien ne doit échapper à la subtilité d’une critique profonde et radicale, d’une libre pensée active et révolutionnaire. Cela inclut la critique radicale, qu’il ne faut laisser à aucun prix à la droite extrême et réactionnaire, de l’édifice gauchisant construit sur le « négatif de 68 » et ses failles totalitaires et perverses. Passage obligé à la refondation d’un authentique mouvement mondial et solidaire, fondé sincèrement sur la volonté de résoudre conjointement, face au capitalisme et aux Etats, les questions sociales, sociétales et éco-systémiques. »

    « Liberal-libertaire » Kesaco ? Marier les termes « libéral » et « libertaire » est aussi monstrueux et dangereux politiquement, que de lier « national » et « socialisme ». Si le nationalisme a perverti l’aspiration socialiste historique, dans le « national-socialisme », le socialisme n’a nullement subverti le nationalisme, il ne lui a servi que de vitrine sociale pour attirer à lui, en toute démagogie, les masses exploitées dans la misère. De la même manière, la dimension libérale (au sens économique du terme), pervertit l’aspiration libertaire qui lui est accolée. Cette aspiration libertaire, ne subvertit nullement la dimension libérale qui la digère comme il se doit ! Cette caution du terme « libertaire », s’exerce exclusivement sur son aspect d’émancipation sociétale, mais une émancipation sociétale qui ne trouve comme seul débouché, que celui du marché consumériste, lui même d’essence « libérale » et fortement impliqué dans l’inégalité et l’injustice sociale. Dans le mariage « libéral-libertaire », le terme « libertaire » se retrouve totalement amputé de sa dimension d’aspiration à la justice sociale, qui fut la raison première de sa révolte et de ses fondations. La notion de dimension « libérale-libertaire » est une monstruosité, et l’on ne peut que chercher à séparer ces deux concepts. Les séparer pour les opposer autour de l’axe de la liberté sociétale, et sur la base, d’un côté, de l’injustice sociale liée au libéralisme, et de l’autre, de la justice sociale comme aspiration libertaire fondamentale ! C’est d’ailleurs, ce qui doit arriver, ce qui va arriver. Par delà les relents bruyants des gauches finissantes dont on ne perçoit que les râles d’agonie, le futur antérieur tend mondialement à opposer non plus cette vieille idée de « droite contre gauche », mais le libéralisme économique comme mécanique politique d’un capitalisme débridé se cherchant grâce à la force des Etats des débouchés d’avenir, contre l’aspiration libertaire qui sait combiner et articuler liberté, égalité et solidarité, justice sociale et justice sociétale. »


    « Or, nous savons désormais que l’expansion technologique est parvenue historiquement à un tel développement, que « Si l’énergie dépensée aujourd’hui par le parc de machines dans le monde l’était par des êtres humains, on estime que la terre serait peuplée de l’équivalent de 30 000 milliards de travailleurs » (p. 112) Pierre-Yves Gomez, Intelligence du travail, Desclée de Brouwer, 2016, 184 p. Cet auteur, économiste chrétien n’est pas suspect d’être un « dangereux » révolutionnaire gauchiste ! »

    « Par ailleurs l’usage sans discernement, le gaspillage même, de l’énergie nécessaire à cette formidable productivité, menace l’équilibre climatique de la planète, c’est à dire celui qui a vu se produire l’avènement de l’humanité tel que nous la connaissons depuis 10 000 ans, avec le néolithique puis l’histoire écrite. »


    « Le 22 Janvier 2018, les analyses de l’ONG Oxfam démontrent dans son rapport "Récompenser le travail, pas la richesse" portant sur l’année 2017, que les inégalités ont continuées à se creuser à tel point que « 82% de la richesse créée en 2017 dans le monde a terminé entre les mains du 1% le plus riche de la population de la planète ». Et qu’à l'inverse, « 50% de la population mondiale n'a pas touché le moindre bénéfice de la croissance mondiale ».


    « En ce début de XXIème siècle, le caractère absurde, injustifiable et illégitime du fait qu’une minorité tienne les commandes, les rouages, les profits (à son bénéfice premier) du processus économique apparaît évident. Car dans ces conditions historiques de capacités productives, il devrait être question du partage généralisé à toute l’humanité de ce patrimoine historique qui devra relever du domaine commun et à l’usage de tous. Un processus qui se doit d’être contrôlé par toute l’humanité, sur la base de ses besoins, des capacités productives et distributives, et à la lumière des évaluations scientifiques, afin de veiller sur tout ce qui pourrait impacter la modification climatique de cause humaine, c’est à dire sur notre cadre de vie planétaire. » « Combien d’offres d’emplois restent non pourvues ? Entre 300 000 et 500 000, il s’agit pour la plupart d’entre eux d’emplois précaires de services, de livraison, de restauration. A côté de cela, il y a près de 6 Millions de chômeurs, sans compter les radiés du chômage et les très nombreux allocataires du RSA sortis des dispositifs de comptage du chômage ! »

    « Quand on sait que d’ici 2025, - dans les 7 ans qui viennent -, 250 Millions d’emploi vont disparaître dans le monde, par la robotisation et ses profits ! »


    « Nous avons à portée de main, sur cette terre en 2018, tous les outils et connaissances, pour partager les richesses et assurer la satisfaction des besoins fondamentaux de tous, tout en utilisant cette force de production, d’idées et de connaissances scientifique, pour appliquer un programme réel de protection des espèces, et de l’équilibre climatique qui nous a vu nous développer. »

    « Abolir la misère matérielle d’une part et stopper la destruction des derniers espaces naturels et de leurs habitats et habitants, qui représentent notre seule ressource au besoin généralisé de la préservation de notre équilibre climatique, celui qui a vu l’humanité commencer à se démultiplier il y a seulement 10 000 ans, d'autre part ! Ces deux tâches, ces deux objectifs fondamentaux, qui relient le local au mondial-global, sont à mener conjointement et en interaction, car il ne peut y avoir de réussite viable par la séparation de ces deux objectifs d’intérêt public mondial. »


    « C’est donc à nous toutes et tous, de nous organiser, de définir nos besoins sociaux, et d’en fixer le prix, afin que, d’une façon ou d’une autre, au coeur de ce monde capitaliste en mutation technologique, nous puissions arracher collectivement à la plus-value du capital ce dont nous avons besoin ! »


    « Quel humanisme pour le XXIème siècle ? Un humanisme non béat qui doit inclure le fait potentiel que « l’horreur est humaine », et qui se positionne dans une position antireligieuse dans ses actes et options, c’est à dire anti-patriarcale, antiraciste et anti-anthropocentriste, et de fait anticapitaliste et anti-étatiste. »

    « Le travail collectif, à l’échelle de la planète, n’a pour seul but que la satisfaction des besoins fondamentaux et communs de tout un chacun-e, partout dans le monde ! Mais aussi la prise en compte des besoins singuliers, durables ou momentanés, liés aux handicaps et/ou aux pathologies transcendantales et traumatiques. »

mercredi 21 mars 2018

La dose de Wrobly : pluviôse 2018 EC


- Gustave Flaubert.- Un coeur simple.

   J'espère que je ne ferai de peine à personne, mais décidément, je n'aime pas Flaubert. Pourtant j'essaye, celui-là je l'avais déjà lu. D'un chiant ! Pourtant il est pas long. Et puis les atermoiements et larmoiements de l'auteur dans ses lettres au sujet de cette nouvelle, comme quoi il est malheureux de vieillir célibataire alors qu'il avait tant de tendresse à donner ne manquent jamais de faire réapparaître à ma mémoire les charniers de communards, et le manque de tendresse certain de l'auteur pour les insurgés suppliciés de 71. Bon, pour être honnête, j'avais mieux aimé, je dois même avouer que j'avais été ému à la lecture de Saint Julien l'Hospitalier et d'Hérodias. Peut-être y vis-je des figures d'éveil à la conscience, d'émancipation des conditionnements de caste, de transformation des pulsions de domination et de la domination des pulsions en désir de fraternité universelle, d'éternelle rébellion face au despotisme que Flaubert n'avait pas voulues. Mais peut-être aussi que le vieillissant écrivain avait, qui sait, regretté son parti pris craintif pour les fusilleurs, et peut-être que saint Julien embrassant le lépreux / prolétariat révolutionnaire, et saint Jean-Baptiste / Eugène Varlin supplicié par un Hérode / parti de l'ordre avide de continuer à jouir de la Salomé / société bourgeoise, c'était lui, aussi.


   Il y en a que je n'ai pas lu du normand, certes. Ainsi celui qui lui valut procès en 57 juste avant Baudelaire. Mais j'ai lu l'Educ. sent. qui me laissa froid. Et Salambô adapté par Druillet, qui m'a fatigué, même si j'ai à cette époque appelé ma chatte Salambô, la pauvre chérie que j'ai laissée mourir, seul que j'étais, sans copine, et ayant besoin de me soigner donc toujours hors de chez moi, radin qui plus est vu les années d'argent dans la bouteille et les conneries addictives en général, ne la nourrissant que de croquette des chez Leader Price, et ne réagissant que bien trop tard à sa souffrance, son refus de s'alimenter et sa station permanente sous le lit. Je me revois encore chez le véto avec des hoquets de sanglots refoulés quand il l'a endormie. Et rentrant chez moi en larmes, avec ma petite boîte à chat vide au bout du bras (avais-je l'air d'un con, ma mère ?), réintégrant mon appartement vide, lui aussi. Enfin, vide, non, il restait heureusement Amilcar, l'arsouille à la tignasse grise et folle, mort plus tard dans mes bras, en 2015, à une période de ma vie où j'étais moins seul, mais rassurez-vous, je n'ai appelé le roastbeef de la photo ni Bouvard, ni Pécuchet, ma copine elle a pas voulu. Bref, tout ça pour dire que Flaubert, j'en ai soupé.

Loulou l'Américain finira par se confondre avec le Saint-Esprit.

- Marcel Aymé.- Le Confort intellectuel.

[...] Faut-il croire que les juges qui condamnèrent Les Fleurs du Mal et Madame Bovary s'employaient pour le confort intellectuel de leurs contemporains ?
   - Certainement. [...] Pour la bourgeoisie d'il y a cent ans [ la scène se passe en 1945 - note du blogueur ], le péril social résidait moins dans les appétits du prolétariat que dans les tentations généreuses qui auraient pu la solliciter elle-même. [...] Ce qui était menaçant, ce n'était pas Marx, mais Baudelaire, Delacroix et leurs émules. A lui seul, en supposant même qu'il eût été lu et compris, Marx n'aurait jamais réussi à persuader la classe bourgeoise de se suicider, sans compter qu'à des raisons, il est toujours possible d'opposer des raisons, voir des bonnes. Mais un poème obscur, une image violente, un beau vers plein d'ombre et de vague, une harmonie trouble, une sonorité rare, le mystère d'un mot somptueux et insignifiant, agissent à la façon d'un alcool et introduisent dans l'organisme même des habitudes de sentir et de penser qui n'auraient pas trouvé d'accès par les voies de la raison. Accueillir une révolution dans l'art poétique et en goûter la nouveauté, c'est se familiariser avec l'idée de révolution tout court et, bien souvent, avec les rudiments de son vocabulaire. [...] Ah ! Monsieur, on ne se méfiera jamais assez de la poésie. Je parle de la vraie, celle qui consiste à dire des choses fausses ou à ne rien dire. Elle prépare immanquablement le règne de la confusion, de l'anarchie, et de toutes les déviations sentimentales.


   Bref, comme vous le voyez, pas lu grand choses ce mois-ci, deux livres épais comme des sandwiches SNCF. Ça craint. Ma copine dit que je fais trop de mots croisés... Pourtant je ne fais que trois grilles par semaine, celle du Canard, une d'Alain Bonhomme, plan transmis par George, merci George, et une de 1923 dans un recueil que maman m'a offerte... Quant à mes grands talents de verbicruciste que vous connaissez bien pour avoir jouer ici même avec moi à plusieurs reprise, je les ai actuellement complètement mis au rencard faute de temps, alors... Je ne sais pas... On verra le mois prochain...

lundi 19 mars 2018

Libérééé !

    Hier la nature avait revêtu son grand manteau blanc (tavus la métaphore ?). J'aurais peut-être eu envie d'une autre météo il me semble, pas que j'aime pas la neige, loin de là, mais là, le 18 mars (vive la Commune !), ça commençait un peu à bien faire...

    Du coup, je suis parti dans le Klondike !


    Vous savez peut-être qu'à la rédaction de La Plèbe, Jack London fait partie de notre panthéon littéraire. Ce dessin animé est dès le début beaucoup moins violent que le livre (pas d'hommes dévorés par des loups, par exemple, et les maltraitances animales et autres rixes à mort ne sont que suggérées), mais il m'a semblé bon.


    En tout cas j'ai pleuré à chaudes larmes, ça m'a réchauffé, mais j'avais les sinus explosés en sortant.

    Ma dernière actu ciné.

vendredi 16 mars 2018

Monsieur Eddy

   De temps en temps, un bon vieux rock français à la papa bien couillu, moi, ça me fait du bien. Voilà, j'y peux rien, ma mère me mettait des pantalons et je regardais les films avec John Wayne à La Dernière séance quand j'étais minot.




   Trêves de plaisanteries, ce gars est cristolien, et comme j'ai bossé 10 ans à Créteil après mes 10 ans de chagrin en Seine-Denis dont 5 à Ouen, et avant de revenir tapiner à Denis même (où je m'étais déjà prostitué un an à l'époque de mes remplacements dans le 93, vous suivez ?) ; bref, comme c'est un cristolien, ça m'a rappelé des souvenirs où j'étais un peu moins vieux qu'aujourd'hui, alors voilà. J'espère qu'il vous plaira. Plus que Cyril Mokaiesh en tout cas...   Cela dit c'est mon frangin qui m'a envoyé les vidéos, perso je ne connaissais pas et ne connais toujours pas beaucoup plus ce jeune artiste qui fait déjà beaucoup de vidéos bien propres.

mercredi 14 mars 2018

Oh ! la tuerie l'holothurie !

   Après le succès du blob, voici l'holothurie.

   Les ignorants l'appellent le « concombre des mers ». L’holothurie grimpe ordinairement sur des pierres et des quartiers de roche. Comme le chat cet animal marin ronronne. De plus, il file une soie dégoûtante. L’action de la lumière semble l’incommoder. J’observai une holothurie dans la baie de Saint-Malo.

Porter notamment son attention sur la coda (l'appendice terminal), minute 1:50.

Notes pour l’interprète :
- Aller un peu.
- Sortie du matin.
- Il pleut.
- Le soleil est dans les nuages.
- Assez froid.
- Bien.
- Petit ronron.
- Quatre jolis rochers.
- Il fait bon vivre.
- Retenir.
- Très ralenti.
- Comme un rossignol qui aurait mal aux dents.
- Rentrée du soir.
- Il pleut.
- Le soleil n’est plus là.
- Assez froid.
- Pourvu qu’il ne revienne jamais.
- Petit ronron moqueur.
- C’est un bien joli rocher bien gluant.
- Ne me faites pas rire brins de mousse, vous me chatouillez.
- Heureusement que je ne fume pas.
- Grandiose.
- Coda : de votre mieux.

Introduction et notes pour l'interprète d'Eric Satie.

Étonnant, non ?