vendredi 12 juin 2020

Sacqueboute XLIV : Tintin


   Même si Tintin à bercé et coloré l'enfance des contributeurs de la Plèbe, et même si le plaisir pur s'invite toujours à la nième relecture de ses aventures, la rédaction tient à condamner fermement l'idéologie de son auteur, Hergé, visible surtout dans ses premiers albums, et rappelle que racisme, colonialisme et police demeurent en dernière analyse et pour solde de tout compte ses seuils non négociables d'intolérance. Un fondamental incontournable du lieu.



Priviouslillonne Sacqueboute :
Wycliffe Gordon
Donald
Robinson Khoury
Willie Colon
Sébastien Llado
Mathias Mahler
Charles Greenlee
Dick Griffin
Guive
Voilà du boudin
Bruce Fowler
Glenn Miller
Nils Landgren
Grachan Moncur
Le Trombone illustré
Bettons Tenyue
Watt
Curtis Hasselbring
Steve Turre
Les trois trombonistes de Marc Ducret
Yves Robert
Daniel Casimir
Gary Valente
Chicago
Moon Hooch
Raymond Katarzynski
Albert Mangelsdorff
Christiane Bopp
Honoré Dutrey
Viscosity
Fred Wesley
Dave Lambert
Roswell Rudd
Curtis Fowlkes
Melba Liston
La Flûte aux trombones
La Femme tronc
Journal intime
Gunhild Carling
Nils Wogram et Root 70
Carl Fontana
Animaux
Trombone Shorty
Cinéma
Feu
Le Canadian Brass
Local Brass Quintet
Buddy Morrow
Bones Apart
J.J. Johnson
Lawrence Brown
Vinko Globokar
Les funérailles de Beethoven
Treme
Craig Harris
Mona Lisa Klaxon
Juan Tizol
Bob Brookmeyer
Daniel Zimmerman
Frank Rosolino
Rico Rodriguez
Kid Ory

dimanche 7 juin 2020

Les livres qu'on aimerait lire ou relire II

Foyer d'infection statique ou bouillon de culture dynamique ?

   Après le confinement on aimerait partir en vacances. Au pays basque par exemple :


   Ou au Portugal :

- Mailer Phil.- Portugal, la révolution manquée.- Les Nuits rouges, 2019.
- Raquel Valera.- Un peuple en révolution : Portugal 1974-1975.- Agone, 2018.

   Ou n'importe où en Europe :

- Zweig Stefan.- Le Monde d'hier : souvenirs d'un Européen.

Stefan Zweig avala le véronal avec Lotte, sa compagne, le 22 février 1942, à Petrópolis, qui n'est pas en Europe !

   Bref, fuir la start-up nation :

- Coeurderoy Ernest.- Jours d'exil (1849-1855).- Héros-Limite.

   Ou alors je reste à la cité :

- Collet Victor.- Nanterre, du bidonville à la cité.- Agone, 2019.


   Et je kiffe la life devant mes terminaux, connecté par tous les orifices :


- Biagini Cédric / Marcolini Patrick.- Divertir pour dominer 2.- L'Echappée, 2019.

dimanche 10 mai 2020

Les livres qu'on aurait aimé lire (ou relire)


   Comme vous le savez Wroblewski s'est engagé depuis quelques temps dans des lectures au long cours. Deux sommes, la première de 1 156 pages (1 664 avec les notes), le tome 1 (1691-1701) des Mémoires de Saint-Simon et la deuxième de 580 pages bien chargées, une masse sur l'art japonais. Du premier il en est à la page 570 (1 444 pour les notes) et du deuxième à la page 8. D'où l'interruption de votre rubrique La Dose de Wrobly, forcément. C'est pourquoi, boulimique bibliomaniaque comme il est, et prenant quasiment autant de plaisir ou s'excitant comme un ecclésiastique face à une proie sexuelle kif kif en manipulant les bouquins ou en parcourant une bibliographie qu'en déchiffrant d'un bout à l'autre un ouvrage, il décida dans son immense névrose, et son insondable bienveillance, de créer cette nouvelle rubrique.


Les livres qu'on aurait aimé lire :

   Le temps étant à la fin de la glande heureuse bien que confinée (pour les petits chanceux comme moi qui n'ont pas été obligés de continuer à aller au front du chagrin pendant cette crise sanitaire, comme les soignant(e)s, éboueur(e)s, caissiers(ères), femmes et hommes de ménage, livreurs(euses), etc., respect pour eux), demain étant le grand retour au travail contraint pour ceux qui avaient pu y échapper deux mois, j'ai eu le désir, inassouvi donc (cf supra), de lire quelques monographies sur le travail.

- Corouge Christian / Pialoux Michel.- Résister à la chaîne : dialogue entre un ouvrier de Peugeot et un sociologue.- Agone, 2011.
   Quand on apprend qu'une usine a repris pendant le confinement, qui fait quoi ? des masques ? des tests ? non ! des bagnoles , alors que les stocks en regorgent, ça fait tousser!

- Anställning Äke.- Le Travailleur de l'extrême.- CMDE, 2018.

- Zalzett Lily / Fihn Stella.- Te plains pas, c'est pas l'usine.- Niet, 2019.



Les livres qu'on aurait aimé relire :

- Pouget Emile.- Le Sabotage.- Presses du réel / Le Flibustier.- 2005 / 2009.

mardi 5 mai 2020

Les jolies moeurs du Grand Siècle


    Je ne sais si tout le monde détestait déjà la police à l'époque, mais les policiers savaient s'adonner à de tendres jeux pendant le service :

Harcourt avait le bâton pendant la cérémonie, parce que, au changement de quartier parmi les capitaines des gardes, celui qui [...] garde le bâton jusqu'au sortir de la messe du roi, et à la porte de la chapelle le donne à celui qui le relève.
Mémoires de Saint-Simon (année 1705).

On pouvait y noter une grande perméabilité inter-classiste, et point de pharisaïque pruderie chez les femmes :

C'était une femme d'esprit, hardie, entreprenante, qui, à l'abri de ses neveux Sobieski, se mit dans la tête de faire accroire que, parce qu'elle avait été dame d'atours de la Reine, elle devait baiser les filles de France.
Mémoires de Saint-Simon (année 1696).

Celles-ci étaient au demeurant déjà férues, et à raison, d'écriture inclusive, et savaient la défendre bec et ongles face aux cuistres.

Mme de Sévigné s’informant de ma santé, je lui dis : “Madame, je suis enrhumé. – Je la suis aussi, me dit-elle. – Il me semble, Madame, que selon les règles de notre langue, il faudrait dire ‘Je le suis.’ – Vous direz comme il vous plaira, ajouta-telle, mais pour moi je croirais avoir de la barbe si je disais autrement.”
Gilles Ménage.- Menagiana, 1693.

Bien que Vaugelas l’eût condamné, on trouve encore jusqu'au XVIIIème siècle l’accord du pronom en genre et en nombre avec l’adjectif qu’il représente. Et aujourd’hui ? Je propose que l'on vote cela aux motions d'ordre de la prochaine AG.

On savait encore faire de belles rencontres dans les latrines.

Madame de Choisy, autre personne du grand monde, alla voir la comtesse de Fiesque et y trouva grande compagnie ; l'envie de pisser la prit : elle dit qu'elle allait monter en haut chez la Divine, qui était Mlle d'Outrelaize. Elle monte brusquement, y trouve Mlle de Bellefonds, tante paternelle du Maréchal, jeune et extrêmement jolie, et voit un homme qui se sauve, et qu'elle ne put connaître.

La camaraderie amoureuse n'était pas encore un vain mot : au mépris des préjugés de différence d'âge : hors de question de faire "nanana" des manières :

[...] c'est ce qui donna lieu à la duchesse de Bracciano de faire deux voyages en France, au dernier desquels elle passa quatre ou cinq ans. C'est celui où je la connus, et où je puis dire que je fis avec elle une amitié particulière à l'occasion de celle qui était entre elle et ma mère dès son précédent voyage. Elle deviendra bientôt un personnage si grandement singulier que je me suis volontiers étendu sur elle.
Mémoires de Saint-Simon (année 1698). 

Minute 7.24 à 7.30 : une critique littéraire sans concession.
En revanche, les mœurs patriarcales insupportables et inadmissibles de notre époque connaissaient déjà leurs premiers balbutiements :

Ce dernier [le duc de Toscane - ndb] garda aussi l'incognito ; mais, ce nonobstant, le Roi voulut le distinguer, et qu'il baisât Mme la Duchesse de Bourgogne [l'épouse de treize ans de son petit fils - ndb].
Mémoires de Saint-Simon (année 1698).