jeudi 12 décembre 2019

De l'ordre

Bidonville, Drancy, 11 décembre 2019, retour de la manifestation du 93 contre la réforme des retraites.

   Il avait toujours été surpris par cette patience de ceux que, dans les "bonnes familles", on appelle charitablement les inférieurs. Il se demandait toujours comment il se faisait que - humbles en Europe, indigènes aux colonies - ils ne haïssent pas davantage. Car, de toute évidence, il y en avait qui ne haïssaient pas ; et il en était touché, sans comprendre. Il se disait que, si agréables qu'elles soient pour certains, les périodes de paix sociale ne sont pas chose naturelle ni logique, et que c'est le jour des révoltes que la vie rentre dans l'ordre. Quels que puissent être ses excès et ses injustices de détail (lamentables, certes), c'est malgré tout le jour des révoltes que la situation redevient normale, et satisfaisante pour l'esprit. On sort enfin du miracle.
Henry de Montherlant.- Les Jeunes filles.


 Hôpital Avicenne, Bobigny, idem.


mardi 3 décembre 2019

Sacqueboute LVIII : Mathias Mahler


   Je ne sais rien de ce tromboniste, si ce n'est qu'il accompagna le grand Jacques (pas Brel, ni Debronckart, ni Marchais, ni Bertin, l'autre) pour ses 70 ans au Zénith. Vous l'entendrez plus particulièrement ci-dessus de la min. 4.36 à la min. 5.10. Pas la peine de vous fader toute la présentation des musicos un peu longuette. Et un peu dans le pathos à la fin. Pour tout dire ça m'a fait de la peine en comparant avec la génialissime bande son de mon enfance-adolescence Higelin à Mogador. Mais il faut bien vieillir, à moins de caner avant.



J'ignore s'il est de la famille du grand Gustav. Dans le doute, voici l'émotionnant adagietto de la 5ème.

Priviouslillonne Sacqueboute :
Charles Greenlee
Dick Griffin
Guive
Voilà du boudin
Bruce Fowler
Glenn Miller
Nils Landgren
Grachan Moncur
Le Trombone illustré
Bettons Tenyue
Watt
Curtis Hasselbring
Steve Turre
Les trois trombonistes de Marc Ducret
Yves Robert
Daniel Casimir
Gary Valente
Chicago
Moon Hooch
Raymond Katarzynski
Albert Mangelsdorff
Christiane Bopp
Honoré Dutrey
Viscosity
Fred Wesley
Dave Lambert
Roswell Rudd
Curtis Fowlkes
Melba Liston
La Flûte aux trombones
La Femme tronc
Journal intime
Gunhild Carling
Nils Wogram et Root 70
Carl Fontana
Animaux
Trombone Shorty
Cinéma
Feu
Le Canadian Brass
Local Brass Quintet
Buddy Morrow
Bones Apart
J.J. Johnson
Lawrence Brown
Vinko Globokar
Les funérailles de Beethoven
Treme
Craig Harris
Mona Lisa Klaxon
Juan Tizol
Bob Brookmeyer
Daniel Zimmerman
Frank Rosolino
Rico Rodriguez
Kid Ory

vendredi 29 novembre 2019

Pégriots sympas, maquereaux odieux

- Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville, 1970.
   "Génial !" C'est le mot qu'a prononcé ma copine après que nous ayons visionné ce film de concert. Elle est pourtant très peu enthousiasmable et plutôt avare de compliments. Mais c'est génial, en effet. Je pensais l'avoir vu plusieurs fois et m'en bien souvenir, or toute la première partie avait échappé à ma mémoire. Les flash qui me restaient : le delirium tremens de Montand-Jansen, le casse place Vendôme, du grand art, et la curée policière dans le château à la fin. D'immenses acteurs, même si tous ne nous plaisent pas en tant que personnes dans le civil. Et un magistral metteur en scène. Je sens que je vais me faire une petite intégrale bientôt...

La meilleure réplique du film, de Montand-Jansen à Bourvil-commissaire François Mattei : "Toujours aussi cons dans la police ?"

Il est des nôtres, il a bu son verre comme les autres.

Notre ami profitera-t-il longtemps de sa toute nouvelle abstinence ?...
 
- La Cigogne en papier (折鶴お千, Orizuru Osen), de Kenji Mizoguchi, 1935.
   J'avoue que je sature un peu, surtout que c'est un film muet (le dernier de Mizoguchi). Une prostituée se prend d'amitié pour un pauvre étudiant en médecine et, après avoir échappé à ses souteneurs, continue à se prostituer en secret pour permettre au carabin de poursuivre ses études... Cela ne finit pas très bien, évidemment, c'est sans surprise.
   Pourtant avec la magnifique Isuzu Yamada, 18 ans, que nous avons déjà vu dans L'Epée Bijomaru de Mizoguchi, et dans Les Bas-fonds et Le Château de l'araignée (où elle joue une terrifiante Lady Macbeth transposée dans le Japon médiéval) de Kurosawa. Et que nous reverrons...

La belle Isuzu Yamada-Osen échappera-t-elle à ses souteneurs ?

 Sortira-t-elle indemne de l'enfer de la prostitution ?


Ma dernière actu ciné.