mercredi 20 juillet 2022

La dose de Wrobly : messidor 2022 E.C.


   - Lois McMaster Bujold.- La Saga Vorkosigan : L'Apprentissage du guerrier / Les Montagnes du deuil / Miles Vorkosigan.
   On commence à s'habituer à la petite famille et à tous les personnages de la saga, notamment Miles Vorkosigan, qui sera le héros né difforme, cassablen petit et chétif après que sa mère a été victime d'une attaque à l'arme chimique. Eh ! oui, un héros handicapé, c'est assez rare pour être apprécié. Dans le 4ème tome on passe d'un certain réalisme malré tout, techno-fictif dans le premier (malgré les humains à quatre bras) et médiéval-impérial futuriste dans les deux suivants, à une comédie d'aventure inter-galactique fantaisiste (on pense à de la BD). Miles est un vrai clown, en plus d'être très intelligent. Il paraît que la suite s'orientera de plus en plus vers des énigmes de type policier dans ce décor de planètes contrastées (Star wars nous vient parfois à l'esprit) et de space opéra. On y prend finalemnet goût, les centaines de pages (390 pour L'Apprentissage du guerrier) défilent vite.
   - Michel Bakounine.- La Première internationale en Italie et le conflit avec Marx : écrits et matériaux.
   Se lit un peu moins vite. Non que ce soit moins intéressant, loin de là, mais on est dans les débats d'idées, la polémique, la confrontation politique, éthique, pilosophique, et dans l'Histoire, même si aussi un peu dans le combat de coqs. Après avoir croisé le fer avec le bourgeois républicain déiste béni oui oui italien, Mazzini, Bakounine affronte ici le socialiste allemand qu'on ne présente plus, tout en tâchant de développer l'Internationale en Italie depuis la Suisse.
   27,3 cm de hauteur sur 19,2 cm de largeur ; 5 cm d'épaisseur ; 500 pages. Les summer vibes, ça se passe comme ça chez Wroblewski !

mercredi 13 juillet 2022

Sacqueboute LXXI : Mnozil Brass

   Encore du trombone (entre autres cuivres) bouffon et acrobatique, autrichien cette fois-ci.


   On pense un peu à notre sacquebouteuse suédoise numéro 23 Gunhild Carling, en tout aussi, bien que résolument plus masculin.


   Excellent et très drôle, une détente bien venue alors que la trêve estivale se dessine à l'horizon.


   Quant à Wroblewski, entre grève, chagrin, et maman qui vieillit, quand il a un moment, il tente de relever beaucoup, plus modestement et avec l'endurance nécessaire à son petit niveau, le chorus de Miles Davis sur le So what de Kind of blue, afin de le reproduire au trombone, pas avec les pieds évidemment, comme un pied serait plus juste. On verra bien si ça (s)a(cque)boutit à quelque chose...

SACQUEBOUTE
Priviouslillonne Sacqueboute :
Kai Winding
Wolfgang Amadeus Mozart
Jimmy Knepper
Louis Nelson
Charlie Green
Vincent Gardner
Curtis Fuller
Jason Horn
les esprits / 2- le spectre
Samuel Blazer
l'Essaim de nuit
les esprits / 1- les furies
Kronstadt
Jörgen van Rijen
La Belle image
Kropol
les sacqueboutiers de Toulouse
Tintin
Wycliffe Gordon
Donald
Robinson Khoury
Willie Colon
Sébastien Llado
Mathias Mahler
Charles Greenlee
Dick Griffin
Guive
Voilà du boudin
Bruce Fowler
Glenn Miller
Nils Landgren
Grachan Moncur
Le Trombone illustré
Bettons Tenyue
Watt
Curtis Hasselbring
Steve Turre
Les trois trombonistes de Marc Ducret
Yves Robert
Daniel Casimir
Gary Valente
Chicago
Moon Hooch
Raymond Katarzynski
Albert Mangelsdorff
Christiane Bopp
Honoré Dutrey
Viscosity
Fred Wesley
Dave Lambert
Roswell Rudd
Curtis Fowlkes
Melba Liston
La Flûte aux trombones
La Femme tronc
Journal intime
Gunhild Carling
Nils Wogram et Root 70
Carl Fontana
Animaux
Trombone Shorty
Cinéma
Feu
Le Canadian Brass
Local Brass Quintet
Buddy Morrow
Bones Apart
J.J. Johnson
Lawrence Brown
Vinko Globokar
Les funérailles de Beethoven
Treme
Craig Harris
Mona Lisa Klaxon
Juan Tizol
Bob Brookmeyer
Daniel Zimmerman
Frank Rosolino
Rico Rodriguez
Kid Ory

vendredi 24 juin 2022

La dose de Wrobly : prairial 2022 E.C.


     Pierre Bourdieu.- La Domination masculine.
     Un livre passionnant, qui donne l'impression d'être intelligent. A 18 / 19 ans ans j'avais lu Ce que parler veut dire, sur la reproduction de la société de domination via la langue, tiré d'une bibliographie suggérée par le programme des études de que dalle que j'avais commencées à la fac de Censier, ç'avait été une révélation ! Je parvenais à comprendre une pensée complexe exprimée dans des termes techniques de sociologues, de linguistes..., avec un crayon et en relisant plusieurs fois certains passages ou pages, mais j'y arrivais (du moins il me semblait), et ça m'ouvrait des dimensions plus vastes de ma critique autodidacte et spontanée de l'oppression dans et de ce monde. Certes Pierre Bourdieu a des défauts, il a bossé pour Mitterrand et c'est un mandarin qui à force de décortiquer les mécanismes de la domination finalement nous embourbe un peu dedans en dévoilant sans pitié leurs aspects tellement profonds qu'ils découragent un peu les tentatives déjà bien exangues d'en sortir, mais j'ai une grande tendresse pour ce monsieur, qui pour moi est un gentil, et un scientifique rigoureux et engagé, qui n'a pas dévié dans sa critique des puissants et de leur loi explicite et implicite. Ici, comme son nom l'indique, plus que la reproduction de la domination de classe, c'est évidemment de celle de genre qu'il est question, avec un parallèle entre la société traditionnelle kabyle ou la loi patriarcale et ses dispositifs symboliques de reproduction restent très purs, et tous ses restes et traces on ne peut plus prégnants dans nos sociétés occidentales actuelles.

     Lois McMaster Bujold.- La Saga Vorkosigan : Chute libre / L'Honneur de Cordelia / Barrayar.
     Merci à Sébastien qui, après le roman de Barjavel précédemment cité La Nuit des temps, me prête cette saga à rallonge. Je ne connaissais pas du tout, mais je suis peu féru de science fiction, sauf exception, je suis plutôt polar. Ces romans se lisent bien, facilement, il y a le suspense qu'il faut pour qu'on ne s'ennuie pas, les principes défendus dans la morale et la critique sociale de la métaphore futuriste de notre monde sont plutôt généreux. J'en suis au troisième, je verrai si la suite vaut le coup. Si vous connaissez n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

mardi 31 mai 2022

Un coeur tendre

Cet immense cinéaste, grand sensible, franc beuveur, sévère fêtard d'Ozu est mort trop tôt d'un cancer en 1963 à 60 ans.

   Comme mon aimable lectorat l'a constaté, ce blog tourne un peu au ralenti depuis quelques temps. Cadences infernales au tapin, épisode pandémique changeant le ronron des habitudes, temps de loisir de plus en plus consacré à la musique, moindre enthousiasme, émulation des échanges avec les amis blogueurs se réduisant comme peau de chagrin, perte de foi progressive, face à la catastrophe, en la venue effective de la plèbe révolutionnaire rédemptrice, dégoût pour les écrans, les GAFAM et le numérique s'amplifiant... un peu de tout ça. Bref, en conséquence, ma séquence liée au cinéma de Yasujiro Ozu, dont j'avais entamé et ai poursuivi un "cycle", comme ils disaient à la télé de mon enfance quand ils passaient un certain nombre de films d'un même réalisateur, commencée début 2021, est restée en suspend. Je n'ai cependant pas chômé pendant ces quelques mois puisque j'ai pu visonner les films suivants, avec un grand plaisir, une grande sérénité, des émotions douces me mouillant les yeux, mais aussi du rire bon enfant, un attachement à tous ses acteurs fétiches, teinté de sentiment amoureux pour ses actrices, notamment Setsuko Hara, comme je l'avais évoqué ici, un émerveillement esthétique constant à la contemplation de toutes ces verticales et horizontales à raz de tatami des intérieurs japonais ciselés comme des estampes, pour peu que qu'une estampe puisse être ciselée. Pas de violence, sauf rare exception, quasiment pas d'action, pas de méchanceté ni d'intrigues perverses (ça fait du bien !), des conflits, certes, liés notamment aux traditions et à la résistance des femmes face au patriarcat, mais le tout sans excès ni voies de fait, ce sont des sentiments qui sont délicatement mis en scène, suggérés par presque rien. Ce "rien" ("mu") inscrit sur la tombe d'Ozu, évoquant certes la tristesse de l'impermanence de toute chose et de la perte continue qu'est la vie, mais aussi, replacé dans le grand océan de celle-ci, étant la définition même de la vie à laquelle chaque être tient tant. Sans ces petits riens, il n'y aurait rien.
La tombe d'Ozu avec pour seule épitaphe : "mu" ("rien").

• 1929 : J'ai été diplômé, mais... (大学は出たけれど, Daigaku wa deta keredo)
• 1931 : Le Chœur de Tokyo (東京の合唱, Tōkyō no kōrasu)
• 1932 : Où sont les rêves de jeunesse ? (青春の夢いまいづこ, Seishun no yume ima izuko)
• 1933 : Une femme de Tokyo (東京の女, Tōkyō no onna)
• 1934 : Histoire d'herbes flottantes (浮草物語, Ukikusa monogatari)
• 1935 : Une auberge à Tokyo (東京の宿, Tōkyō no yado)
• 1936 : Le Fils unique (一人息子, Hitori musuko)
• 1942 : Il était un père (父ありき, Chichi ariki)
L'acteur fétiche de chez fétiche d'Ozu, plus encore que l'actrice Setsuko Hara, Chishu Ryu, qui pourtant se considérait lui-même comme un comédien médiocre. Il est présent dans quasi tous les films du maître. Sa particularité : très tôt, jeune, il n'y joua que des rôles de vieux hommes.

• 1947 : Récit d'un propriétaire (長屋紳士録, Nagaya shinshiroku)
• 1951 : Été précoce (麦秋, Bakushū)
• 1952 : Le Goût du riz au thé vert (お茶漬の味, Ochazuke no aji)
• 1956 : Printemps précoce (早春, Soshun)
• 1957 : Crépuscule à Tokyo (東京暮色, Tōkyō boshoku)
• 1958 : Fleurs d'équinoxe (彼岸花, Higanbana)
• 1960 : Fin d'automne (秋日和, Akibiyori)
• 1962 : Le Goût du saké (秋刀魚の味, Sanma no aji)

Les bars d'Ozu, tellement feutrés, intimes, confortables, qu'on voudrait y être.
 

mercredi 25 mai 2022

Sacqueboute LXX : Kai Winding

   On l'a rencontré dans notre Sacqueboute XII, avec Jay Jay Johnson. Mais comme il aurait eu 100 ans le 18 mai dernier, on crée une fiche rien que pour lui. Pour fêter son anniversaire France Musique a diffusé un concert à l'Olympia de 1972, avec notamment, tenez vous bien, Dizzy Gillespie (trompette), Sonny Stitt (saxophones alto et ténor), Thelonious Monk (piano), et Art Blakey (batterie) ! J'avais trois ans, et même si j'avais déjà entendu du jazz, mon père en étant féru, j'ignorais à l'époque que ces musiciens allaient devenir des dieux pour moi, et que ma passion pour cette musique n'irait que croissant parallèlement à ma prise d'âge. C'est ici et .

Un an avant à Rotterdam. On reconnaît bien Dizzy à sa trompette coudée. A priori c'est aussi Monk au piano et Art Blakey à la batterie.

   Kai Winding (Kai Chresten Winding) - parfois orthographié Kay Winding - est né le 18 mai 1922 à Aarhus (Danemark) et est mort le 6 mai 1983 à New York. Sa famille et lui s'installent aux États-Unis en 1934. C'est une légende du jazz : il s’est fait connaître au sein des grandes formations de Benny Goodman et Stan Kenton, en 1949 il participe à l’enregistrement de « Birth Of The Cool » pour Miles Davis, tout comme J.J. Johnson, avec lequel il va entamer une longue association en duo… Mais en 1963, il se fait connaître d’un plus large public avec son interprétation très pop de « More ». C'est le thème principal du film italien « Mondo Cane » et sa version atteint la 8ème place du classement Billboard 100.


SACQUEBOUTE
Priviouslillonne Sacqueboute :
Wolfgang Amadeus Mozart
Jimmy Knepper
Louis Nelson
Charlie Green
Vincent Gardner
Curtis Fuller
Jason Horn
les esprits / 2- le spectre
Samuel Blazer
l'Essaim de nuit
les esprits / 1- les furies
Kronstadt
Jörgen van Rijen
La Belle image
Kropol
les sacqueboutiers de Toulouse
Tintin
Wycliffe Gordon
Donald
Robinson Khoury
Willie Colon
Sébastien Llado
Mathias Mahler
Charles Greenlee
Dick Griffin
Guive
Voilà du boudin
Bruce Fowler
Glenn Miller
Nils Landgren
Grachan Moncur
Le Trombone illustré
Bettons Tenyue
Watt
Curtis Hasselbring
Steve Turre
Les trois trombonistes de Marc Ducret
Yves Robert
Daniel Casimir
Gary Valente
Chicago
Moon Hooch
Raymond Katarzynski
Albert Mangelsdorff
Christiane Bopp
Honoré Dutrey
Viscosity
Fred Wesley
Dave Lambert
Roswell Rudd
Curtis Fowlkes
Melba Liston
La Flûte aux trombones
La Femme tronc
Journal intime
Gunhild Carling
Nils Wogram et Root 70
Carl Fontana
Animaux
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Cinéma
Feu
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Local Brass Quintet
Buddy Morrow
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Les funérailles de Beethoven
Treme
Craig Harris
Mona Lisa Klaxon
Juan Tizol
Bob Brookmeyer
Daniel Zimmerman
Frank Rosolino
Rico Rodriguez
Kid Ory